Les Grâces du mariage

Leçon

Méditons avec le père Marie-Dominique Philippe, Fondateur de la Communauté saint Jean :


« Le sacrement du mariage est à la fois un remède et un ennoblissement. Dans l’histoire de l’Eglise certains ont davantage insisté sur le sacrement-remède (tendance augustinienne) et d’autres ont compris que c’était plus qu’un remède, un ennoblissement (saint Thomas). Aujourd’hui, on aurait seulement tendance à y voir l’ennoblissement, en oubliant le remède. Il faut essayer de comprendre l’équilibre divin comme Jésus l’a voulu. Il nous a rachetés en tant que pécheurs. Le baptême ne supprime pas le pécheur. De même, le jour du mariage, on n’épouse pas un pécheur ou une pécheresse pour le sauver, ce serait une grave erreur. Mais en face de Dieu, on sait très bien que celui qu’on épouse est pécheur.

Le sacrement du mariage implique vraiment un remède divin, et il implique quelque chose de plus : un ennoblissement. Il faut bien voir ces aspects pour rester dans le réel. Cela dépend du reste des foyers, et des étapes de la vie. La grâce du remède, à certains moments, est plus importante, et inversement ».

Source : 

Extrait de l’excellent document issu d’une conférence donnée par le père Marie-Dominique Philippe aux AFC de Paris, Qu’apporte aux époux le sacrement du mariage?, édité dans Tâches familiales n°138, (avril-mai 1977), p.3, Lire le document dans son ensemble

Aller plus loin…


 Catéchisme de l’Eglise catholique, 2ème partie « La célébration du mystère chrétien », 2ème section « les sept sacrements de l’Eglise », Chapitre 3 « Les sacrements du service de la Communion », article  7 « Le sacrement du mariage« , paragraphe 4

IV. Les effets du sacrement du Mariage


1638  » Du mariage valide naît entre les conjoints un lien de par sa nature perpétuel et exclusif ; en outre, dans le mariage chrétien, les conjoints sont fortifiés et comme consacrés par un sacrement spécial pour les devoirs et la dignité de leur état  » ( CIC, can. 1134).

Le lien matrimonial

1639 Le consentement par lequel les époux se donnent et s’accueillent mutuellement, est scellé par Dieu lui-même (cf. Mc 10, 9). De leur alliance  » une institution, quela loi divine confirme, naît ainsi, au regard même de la société  » (GS 48, § 1). L’alliance des époux est intégrée dans l’alliance de Dieu avec les hommes :  » L’authentique amour conjugal est assumé dans l’amour divin  » (GS 48, § 2).

1640 Le lien matrimonial est donc établi par Dieu lui-même, de sorte que le mariage conclu et consommé entre baptisés ne peut jamais être dissout. Ce lien qui résulte de l’acte humain libre des époux et de la consommation du mariage, est une réalité désormais irrévocable et donne origine à une alliance garantie par la fidélité de Dieu. Il n’est pas au pouvoir de l’Église de se prononcer contre cette disposition de la sagesse divine (cf. CIC, can. 1141).

La grâce du sacrement du Mariage

1641  » En leur état de vie et dans leur ordre, [les époux chrétiens] ont dans le peuple de Dieu leurs dons propres  » (LG 11). Cette grâce propre du sacrement du Mariage est destinée à perfectionner l’amour des conjoints, à fortifier leur unité indissoluble. Par cette grâce  » ils s’aident mutuellement à se sanctifier dans la vie conjugale, dans l’accueil et l’éducation des enfants  » (LG 11 ; cf. LG 41).

1642 Le Christ est la source de cette grâce.  » De même que Dieu prit autrefois l’initiative d’une alliance d’amour et de fidélité avec son peuple, ainsi, maintenant, le Sauveur des hommes, Epoux de l’Église, vient à la rencontre des époux chrétiens par le sacrement du Mariage  » (GS 48, § 2). Il reste avec eux, il leur donne la force de le suivre en prenant leur croix sur eux, de se relever après leurs chutes, de se pardonner mutuellement, de porter les uns les fardeaux des autres (cf. Ga 6, 2), d’être  » soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ  » (Ep 5, 21) et de s’aimer d’un amour surnaturel, délicat et fécond. Dans les joies de leur amour et de leur vie familiale il leur donne, dès ici-bas, un avant-goût du festin des noces de l’Agneau :

Où vais-je puiser la force de décrire de manière satisfaisante le bonheur du mariage que l’Église ménage, que confirme l’offrande, que scelle la bénédiction ; les anges le proclament, le Père céleste le ratifie… Quel couple que celui de deux chrétiens, unis par une seule espérance, un seul désir, une seule discipline, le même service ! Tous deux enfants d’un même Père, serviteurs d’un même Maître ; rien ne les sépare, ni dans l’esprit ni dans la chair ; au contraire, ils sont vraiment deux en une seule chair. Là où la chair est une, un aussi est l’esprit (Tertullien, ux. 2, 9 ; cf. FC 13).