Procédure de Canonisation d’un Serviteur de Dieu

Lexique


Congrégation pour les causes des saints : « (du latin : Congregatio de Causis Sanctorum) est une des neuf congrégations de la Curie romaine. Elle administre l’ensemble des processus de béatification et de canonisation des saints. À sa tête se trouvent un cardinal préfet (Mgr Angelo Amato y a remplacé le 9 juillet 2008 le cardinal José Saraiva Martins) aidé d’un secrétaire (l’archevêque Marcello Bartolucci). La congrégation compte en tout trente-quatre membres, un promoteur de la foi, cinq rapporteurs et quatre-vingt-trois consulteurs »[i]wikipédia.

Héroïcité des vertus : « désigne les efforts réalisés par la personne en vue de devenir meilleure, d’accueillir la grâce de Dieu, de pratiquer le charité, de se conformer à l’Evangile et d’être fidèle à l’Eglise. Ce critère est bien plus important que les faits extraordinaires, voir miraculeux, réalisés au cours de la vie du chrétien dont la cause est introduite »[ii]Foyers de Charité

Vénérable : « Titre donné par l’Église comme première étape de la canonisation et précédant la béatification. La vie de la personne proclamée « Vénérable » est proposée en exemple aux chrétiens, mais sans être cependant l’objet d’un culte »[iii]Définition du site de l’Eglise catholique de France, éditée par la conférence des Evêques de France

Béatification : « Acte de l’autorité pontificale par lequel une personne défunte est mise au rang des bienheureux. (La béatification est un préliminaire à la canonisation) »[ii].

Canoniser : « Mettre au nombre des saints suivant les règles et avec les cérémonies prescrites par l’Eglise. La canonisation est prononcée par le pape »[ii]

Première étape : Préparation du dossier en vue d’une ouverture de procès en béatification d’un Serviteur de Dieu

  1. Réputation de sainteté ou de martyre et réputation des signes

Art 4-1 : « La cause de béatification et de canonisation concerne un fidèle catholique qui, au cours de sa vie, au moment de sa mort et après son décès, a été considéré comme un saint, en vivant de manière héroïque l’ensemble des vertus chrétiennes ; ou possède une réputation de martyre, parce qu’ayant suivi de plus près le Christ, il a sacrifié sa vie dans l’acte du martyre ».

  1. Communication des vertus héroïques d’un Serviteur de Dieu à l’Evêque diocésain

Art 8 « Le postulateur devra recueillir la documentation sur la réputation de sainteté ou de martyre et sur la réputation des signes et la présenter au nom de l’acteur, à l’évêque compétent. ».

Art 21 : l’Evêque compétent « est celui dans le territoire de qui est décédé le Serviteur de Dieu »

  1. L’Evêque diocésain vérifie l’héroïcité des vertus du Serviteur de Dieu

Art 7-1 : « Avant de décider d’entreprendre la cause, l’Evêque diocésain ou éparchial devra vérifier si le Serviteur de Dieu jouit auprès d’une part significative du peuple de Dieu d’une large et authentique réputation de sainteté… »

  1. L’Evêque accepte un acteur par un acte notarié.

Art 9 : « Il (L’acteur) assume les responsabilités morales et économiques ». Peuvent être acteur : Art 10 : « l’Evêque du diocèse, les diocèses, paroisses, les Instituts de Vie Consacrée ou les Sociétés de Vie Apostolique, ou les Associations de fidèles cléricales et/ou laïques admises par l’autorité ecclésiastique. 2 Une personnes physique, c’est-à-dire quiconque fait partie du peuple de Dieu… ».

  1. Art 12-1 : « L’acteur nomme un procurateur qui est le postulateur pour la phase diocésaine de la cause». Celui-ci doit être Art 12-3 : « un expert en théologie, en droit canonique et en histoire ». « la fonction de postulateur peut-être assurée par un prêtre, un membre d’un Institut de Vie Consacrée ou les Sociétés de Vie Apostolique, ou les Associations de fidèles cléricales et/ou laïques, par un laïc ou une laïque ».
  • Art 12-2 : « Le postulateur suit l’enquête au nom de l’acteur»
  • Art 17-3 : « Le postulateur est tenu d’agir en fonction de l’intérêt supérieur de l’Eglise et, par conséquent, à rechercher la vérité avec conscience et honnêteté… »
  • Art 19-2 : « Le postulateur ne peut recueillir juridiquement pour la cause ni les preuves documentaires, ni les éventuelles dépositions orales de témoins». Seul l’Evêque a la possibilité de les recueillir. 
  1. L’Evêque envoie une demande écrite à la Congrégation des causes des saints qui doit approuver l’ouverture de l’enquête. Art 45 : celle-ci envoie un « Nihil obstat »

Deuxième étape : Phase préliminaire de l’enquête

Pour les causes récentes, il faut attendre Art 25 : « 5 ans à compter de la mort du Serviteur de Dieu ». « Une cause est récente lorsque les vertus ou le martyre du Serviteur de Dieu peuvent être prouvés grâce ç des dépositions orales de témoins oculaires ».

  1. Art 31 : Prouver l’héroïcité des vertus (« enquête sur la vie, sur les vertus héroïques et sur la réputation de sainteté et de signes») ou martyre.
  2. Enquête séparée sur les miracles présumés
  3. Documents précis à remettre à l’Evêque diocésain Art 37-38
  4. Autorisation obligatoire de l’Evêque diocésain
  5. Consultations avec d’autres Evêques
  6. Publication du libelle: Art 43 : « l’Evêque doit rendre public la demande du postulateur d’entreprendre la cause dans son diocèse… »

Troisième étape : Instruction de la cause

Art 48 : L’Evêque nomme par décret tous les Officiers

Art 47 : « Les Officiers de l’Enquête sont : le Délégué Episcopal, le Promoteur de Justice, le Notaire et éventuellement, pour une Enquête sur une guérison présumée miraculeuse, l’Expert médecin, ou l’Expert technique pour une Enquête sur un miracle présumé d’autre nature ».

Art 51 : les Officiers prêtent serment au cours de la Première Session.

Art 54 et 57 : Le délégué épiscopal et le Promoteur de Justice doivent « être un prêtre compétent en théologie, en droit canonique et également en histoire, lorsqu’il s’agit de causes anciennes ».

Rôle du Promoteur de Justice Art 56 : « veiller à l’exact respect des dispositions légales au cours de l’instruction de la cause ».

Rôle du Notaire Art 59 : « Le Notaire transcrit les déclarations des témoins et rédige les actes de l’Enquête selon les indications du Délégué Episcopal ». « Tout fidèle catholique peut revêtir cette charge ».

Expert médecin Art 60  en cas de guérison miraculeuse.

NB : Art 50 Quand l’Enquête concerne un Serviteur de Dieu appartenant à un Institut de Vie Consacrée ou autre, l’Evêque ne confie pas de charges à des personnes appartenant au même Institut.

Quatrième étape : Acquisitions des preuves documentaires

Art 62 L’Evêque nomme des Censeurs théologiens (Art 63 leurs noms restent secrets)

Rôle du Censeur Art 64 : « doivent examiner les écrits du Serviteur de Dieu et vérifier qu’il n’y trouve rien contraire à la foi et aux bonnes mœurs ». Ils «décriront aussi dans leur rapport la personnalité et la spiritualité du Serviteur de Dieu ».

L’Evêque nomme par décret au moins 3 Experts en matière historique et archivistique (Commission historique)

Leur Rôle Art 68 : « rechercher et rassembler tous les écrits encore non publiés du SDD, ainsi que tous et chacun des documents historiques, aussi bien manuscrits qu’imprimés… ».

  1. Recherche et rassemblement des preuves documentaires

Art 71 « …dans tous endroits où le SDD a vécu et a exercé ses activités »

  1. Rapport des experts

Art 73 « Les experts doivent rédiger un seul Rapport soigné et détaillé… »

  1. Témoignage des experts

Art 76 Les experts sont appelés à témoigner individuellement. Ils sont témoins d’office. On peut leur poser des questions concernant la personnalité et les actes du SDD.

Cinquième étape : rassemblement des preuves par témoignage

  1. Interrogatoires

Art 77 Les témoins sont entendus après l’étape 4.

Art 78 Le Promoteur de Justice rédige et signe les interrogatoires.

Art 79 « Les Interrogatoires commencent par les questions sur l’identité du témoin et ses rapports avec le SDD »

En cas de risque de perdre des preuves : Art 82 « Le principe de Ne pereant probationes dans les cas où des preuves testimoniales d’une certaine importance risquent d’être perdues (par ex, l’urgence d’entendre certains témoins âgés ou malades) ».

  1. re Session d’Ouverture de l’Enquête

Présidée par l’Evêque diocésain, avec tous les Officiers présents. Ceux-ci jurent d’accomplir fidèlement leur charge.

Déroulement : Art 89

  • Art 89 : Remise de tous les documents des étapes précédentes.
  • Art 90 : Présence d’un Notaire différent de celui adjoint de l’enquête car « personne ne peut authentifier un acte juridique posé par lui-même».
  • Art 91 : Le Promoteur de Justice est tenu d’assister à toutes les sessions d’enquête en tant que « défenseur du bien public dans des causes de grande importance». Il « peut suggérer au Délégué épiscopal de poser des questions particulières aux témoins […] pour approfondir le cas ».
  • Art 92 L’expert Médecin en cas de guérison présumée.
  • Art 94 Le Postulateur ne participe pas « aux sessions tenues pour l’audition des témoins».
  • Les témoins et leurs dépositions

Art 96 Les témoins sont : ceux indiqués par le postulateur, les témoins contraires à la cause, les co-témoins (ceux indiqués par les témoins au cours de leur déposition), les experts en matière historique, les médecins qui ont soigné la personne guérie en cas de miracle.

Art 98 « Pour prouver l’héroïcité des vertus ou le martyre du SDD, les témoins doivent être oculaires, c’est-à-dire qu’ils doivent avoir eu une connaissance directe et immédiate du SDD, on appellera donc à témoigner avant tous les consanguins et les parents ».

Art 99 « Tous les témoins doivent être dignes de foi »

Art 103 « Le témoin doit rapporter des faits concrets… »

  • La personne guérie

Si elle est encore en vie, Art 109 : « elle doit être examinée séparément par deux experts médecins, appelés experts ab inspectione ». Ceux-ci sont nommés par l’Evêque et prêtent serment. Avec tous les moyens techniques, ils délivreront chacun un avis séparé qu’ils remettront à l’Evêque.

Sixième étape : clôture de l’Enquête

  1. Déclaration sur l’absence de culte 

Art 117 : « il est interdit qu’un SDD soit l’objet d’un culte ecclésiastique public sans l’autorisation préalable du Saint Siège ». Art 118 : Pour vérifier cela, l’Evêque ou son délégué, le Promoteur de Justice et le Notaire doivent inspecter la tombe, la chambre du SDD et d’autres lieux éventuels « où l’on pourrait trouver des signes d’un culte indu ».

  1. Publication et traduction des actes de l’Enquête
  2. Copie conforme aux actes originaux
  3. Courrier :

L’Evêque nomme l’Officier chargé de remettre à la Congrégation des Causes des Saints, les actes de l’Enquête diocésaine par des moyens sûrs. Art 140 Il peut être le postulateur.

  1. Session de Clôture de l’Enquête

Art 143 : « Celle-ci peut se dérouler en présence des fidèles ». Elle n’implique pas nécessairement la béatification du SDD.

Déroulement : Art 144 : L’Evêque déclare l’Enquête définitivement close. Les Officiers jurent avoir exercé fidèlement leur charge. Un procès-verbal est établi. Les plis de l’Archétype, du Transumptum et de la copie publique sont fermés, cachetés et conservés dans un endroit sûr. Puis, ils seront envoyés à la Congrégation des Causes des Saints.

Bibliographie