Mai 2015 - 1ère semaine

Pour tous les couples qui espèrent accueillir un enfant ou qui ont accepté l’idée de ne pas en avoir, pour tous les couples en démarche d’adoption…

« Courage, Calme, Confiance »  (devise empruntée au sanctuaire de Pellevoisin)

Au nom du Père et du Fils et Saint-Esprit. Amen.

Prions en ce jour avec :

Vénérable Juliette et son époux Carlo

couple barolo

S’entourant de la chaleur de votre amour conjugal, nous vous confions chacune de nos familles,

Puissent-elles, à votre suite, être des petites églises où règne un grand désir de sainteté.

Sentinelles de la charité, votre vie nous indique la voie à suivre pour devenir de véritables enfants de Dieu :

Vous avez qui avez souffert de ne pas avoir pu accueillir des enfants de votre propre chair, les fruits abondants de votre fécondité ont traversé les âges ;

Vos cœurs somptueusement unis dans une même foi et une même espérance se sont épris des pauvres de toutes pauvretés.

Vous qui avez célébré le Christ à travers tous les dons que vous avez reçu de Lui, nous vous prions en ce jour d’intercéderez pour nous couples chrétiens, d’accepter la voie de fécondité que Dieu veut pour nous.

Offrez nous un peu de votre zèle qui vous a poussé à bâtir des abris pour les pauvres et des lieux spirituels pour fortifier les esprits.

Donnez-nous un peu de votre joie à servir les indigents, de votre adroite pédagogie à élever les âmes, de votre fidélité au Christ malgré les difficultés,

Carlo et Juliette, serviteurs de Dieu, béni soit votre exemple à jamais. Amen.

1. La Famille

 

Mettons-nous sous le regard compatissant de Juliette : « Mes pauvres enfants, Dieu est toujours avec nous, mais c’est un grand bonheur que de pouvoir prendre sa part du saint sacrifice que son amour a institué pour la rémission de nos fautes »[i].

Juliette Colbert, marquise de Barolo, est née en Vendée en 1785 et décédée à Turin en 1864. Son père, le marquis de Maulévrier était un descendant de Colbert. Sa famille, de par son influence dans la société française et sa fortune, bénéficiait de tous les honneurs jusqu’à la révolution française. Avec celle-ci, la famille connait de nombreux drames. Alors qu’elle n’avait que sept ans, la mère de Juliette mourut et une grande partie de sa famille fut décapitée par les révolutionnaires. Forcé à l’exil, son père quitta la France avec ses trois enfants pour l’Allemagne et la Hollande. Ils ne revinrent en France qu’au moment où Napoléon rouvrait les portes aux exilés. Ces épreuves n’empêchèrent pas le marquis de dispenser à ses enfants une éducation de grande valeur basée sur la foi et la charité. Juliette a pu ainsi bénéficier d’une instruction variée et profonde, forgeant son intelligence déjà vive et son caractère solide. A leur retour, le château était dévasté et le peuple réduit à la misère. Avec peine, le marquis réussit cependant à réparer les désastres matériels et moraux des populations environnantes. A l’âge de 22 ans, Juliette épousa le marquis Carlo di Barolo. Outre l’alliance avec un grand nom et une grande fortune, elle partagea avec son époux, véritable homme de bien, sa foi, ses idées et une grande tendresse. Leur couple vivait en union profonde dans un don de soi inconditionnel. Dans une attitude digne et noble, ils se mirent ensemble au service de chaque être au nom du Seigneur.

Par votre intercession, Carlo et Juliette, que le Bon Dieu garde notre couple solidement uni grâce à la prière et à l’espérance.

Je vous salue Marie ×3

2. La Fécondité

 

Ecoutons le précieux conseil de Juliette : « Il faut donc agir par l’inspiration de la vraie charité, conseiller, punir, récompenser charitablement. La charité amollira les cœurs endurcis ; j’oserai dire qu’il faut d’abord les toucher, les séduire, et ne chercher qu’après à les convertir. […] Mon Dieu sait que je ne pensais qu’à lui seul ; c’est à Lui que je voulais les conduire ; il me fallait commencer par les degrés inférieurs, parce que ces pauvres créatures n’avaient pas la force de s’élever d’un seul élan jusqu’à Lui »[i].

« Bien que très différents de tempérament et de caractère, le couple Barolo a su accorder harmonieusement leurs valeurs et leurs idéaux de vie. Ils se sont mariés le 18 Août 1806, et dès lors, jusqu’à la fin de leur vie, ils ont commencé leurs visites aux pauvres. L’affection qu’ils ressentaient l’un pour l’autre est devenue plus pure et plus forte avec le temps parce qu’elle était fondée sur la foi et sur un amour fécond.

N’ayant jamais eu d’enfants, le couple a accepté cette situation douloureuse. Au-dessus de leur volonté propre, ils plaçaient la Providence du Seigneur, « sagesse insondable de Dieu ». Ils vécurent ainsi une paternité et une maternité spirituelle très féconde. Leur abandon à la Providence et à la Miséricorde et ce qu’ils vivaient dans leur vie personnelle et conjugale, les a amenés à s’ouvrir fortement à la réalité de leur temps […]. Et en 1834, Carlo, en accord avec sa femme, a fondé les Sœurs de Sainte-Anne, afin que leur œuvre, mission de l’Eglise au service des jeunes générations, soit poursuivie.

Carlo Tancredi meurt le 4 Septembre 1838 à Chiari dans les bras de son épouse aimante. Julie a vécu jusqu’au 19 Janvier 1864, portant à son accomplissement la mission qu’ils avaient entrepris dès le début de leur mariage au service des plus pauvres.

L’amour de Dieu sur lequel ils avaient fondé leur vie continue encore de briller aujourd’hui à travers leurs œuvres. Un procès en béatification est en cours. Nous espérerons que Carlo Tancredi et Julie puissent être proclamés bienheureux ensemble, à l’image de leur couple uni, modèle de sainteté pour toutes les familles »[ii]

Par votre intercession, Carlo et Juliette, gardez nos cœurs brûlants d’amour pour le Christ afin que notre mariage porte du fruit et augmente en nous la capacité d’aimer.

Je vous salue Marie ×3

3. La Confiance en Dieu

 

Gardons courage à l’exemple de Juliette, qui, de santé fragile, souffrait beaucoup dans son corps : « Je souffre, mais je n’ai nulle envie de me plaindre ; je souffre mais je suis parfaitement calme, parfaitement tranquille, je suis ce que Dieu veut, et qui peut m’aimer plus et mieux que Lui ? »[i].

Grâce à leur amour, leur confiance mutuelle et à la communion de pensée qui les unissait, Carlo et Juliette utilisèrent tous leurs talents et leur richesse matérielle au service de Dieu sans peur du lendemain. Voici un extrait du testament de la Marquise de Barol :

« Au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. La Providence ayant voulu dans sa sagesse, contre toute probabilité et malgré les vœux de mon cœur, me faire survivre à mon bien-aimé mari […] Je connais parfaitement les intentions de mon défunt mari, qu’il m’a tant de fois exprimées, relativement à l’usage de ses biens. Je me souviens du rappel qu’il m’en a fait dans son dernier testament, spécialement en me nommant héritière universelle, avec cette déclaration expresse : « voulant la mettre à même d’accomplir les actes de vertu pour la plus grande gloire de Dieu et de notre sainte religion, pour le bien de mes concitoyens et celui de mon âme… Persuadé qu’elle (la marquise) exécutera pleinement mes intentions… avec la consolante pensée qu’elle fera de mes biens le bon emploi qui, depuis longtemps, est le but de nos communs et perpétuels désirs… Si je n’ai pas fait mention des sœurs de saint Joseph et des diverses œuvres auxquelles elles s’emploient, comme les écoles gratuites, l’instruction des prisonnières, etc. ; si je n’ai pas parlé de l’œuvre du Refuge, de la maison de sainte Anne, de sainte Philomène, des écoles des sœurs de la Providence, de toutes les institutions, auxquelles il est notoire que je m’intéressais si vivement, leur consacrant, autant que je pouvais, les dernières années de ma vie, le seul motif de ce silence est que, connaissant combien elles sont toutes chères à mon héritière universelle, j’ai la certitude que, dans la charitable distribution des bien que je laisse, elle ne manquera pas de faire, pendant sa vie et après sa mort, une large part à ces œuvres si méritoires par leur utilité religieuse et morale ». [Et Juliette de conclure avec tendresse :] Telles ont été les dernières paroles du meilleur des hommes » »[ii].

Par votre intercession, Carlo et Juliette, que nos craintes soient balayées afin de nous abandonner totalement au Christ Jésus.

Je vous salue Marie ×3

4. La Foi

 

Abandonnons-nous à Jésus comme Juliette : « Je tâche de vous faire du bien pour que vous le rendiez à votre prochain ; vous ne pouvez donner à vos compagnes tout ce dont elles ont besoin, donnez-leur au moins ce que vous avez, aidons-nous les uns les autres en priant Dieu de nous venir en aide ; pour moi je vous remercie pour la peine que vous prenez pour diminuer la mienne »[i].

« Carlo et Juliette, à qui Dieu n’accorda pas d’enfant, s’était fait une famille de ceux qui n’avaient sur cette terre personne pour les aimer et pour s’intéresser à eux. Admirablement secondée par son mari, Mme de Barolo n’attendait pas les demandes ou les visites du malheur ; elle allait à sa poursuite, et mettait autant de discernement que d’activité à le découvrir et à le soulager. L’un et l’autre avaient l’amour, mais aussi l’intelligence du pauvre, qui est des premières conditions de la charité chrétienne »[i]. Ils étaient tellement plongés dans les devoirs du monde, qu’ils ne ménageaient ni leur temps ni leur effort lorsqu’il s’agissait de pauvreté matériel et de misère spirituelle et humaine. Leur présence auprès de ces familles répandait de la joie et ranimait l’espérance. Chez les pauvres, Madame de Barolo se dépouillait de ses richesses et de ses grandeurs, allant par-là contre sa nature qui l’avait faite fière et quelque peu orgueilleuse. Pourtant, sa générosité et son zèle à aimer les miséreux lui apprirent l’humilité. « Elle ne reculait devant aucun sacrifice : des enfants adoptés, des vocations soutenues, des commerçants arrêtés sur le penchant de la ruine, des familles entières rendues à l’honneur et à la sécurité, des vieillards mis à l’abri de la honte de mendier, aucune œuvre ne lui était étrangère ; chacun de ceux qui avaient besoin d’un appui ou d’un secours savait à qui s’adresser. Le palais de la Marquise devint l’asile de tous les affligés, l’espérance de tous les malheureux »[i].

Par votre intercession, Carlo et Juliette, que nous maintenions fermement en nous un grand désir de sainteté malgré nos imperfections et nos faiblesses.

Je vous salue Marie ×3

5. L’ouverture aux autres

 

Juliette : « Je ne suis pas venue ici pour examiner votre passé et réviser vos procès, mais pour partager vos tristesses et tâcher de les consoler »[i].

« Attentifs aux signes de Dieu et ouvert aux besoins de l’époque, ils ont ouvert leur maison aux enfants laissés seuls ou abandonnés dans les rues lorsque leurs parents étaient incapables de prendre soin d’eux. Conscient de l’importance de l’éducation des petits, ils ont fondé en 1834, la Congrégation des Sœurs de Sainte-Anne à Turin. Instrument de la Providence pour les petits et les pauvres, Carlo et Julie ont imité dans leur manière d’être, l’attitude de Jésus accueillant les petits enfants. Les Sœurs ont ensuite été appelées à poursuivre leur service dans les différents centres et villages, premiers dans le Piémont et puis aussi dans d’autres parties de l’Italie, où leur travail a été nécessaire. La Congrégation de Sainte-Anne, douze ans seulement après sa fondation, reçut l’approbation pontificale le 8 Mars 1846 »[ii].

Par votre intercession, Carlo et Juliette, nous confions nos amis, frères et sœurs et connaissances qui attendent la vie. Que l’Esprit-Saint anime en nous douceur et bonté, écoute et présence dans notre amitié pour chacun d’eux.

Je vous salue Marie ×3

6. L’engagement dans la société

 

Partageons la joie de Juliette : « Quelle consolation que de dépouiller ces jeunes créatures de l’impur limon qui les souille, et de les voir mourir comme des anges qui remontent au Ciel »[i]

« Juliette s’est consacrée d’une manière très particulière au problème des prisons, en visitant les femmes détenues. Elle construisait avec elles des relations interpersonnelles afin de les conduire à l’expérience concrète de l’amour de Dieu le Père qui prend soin de toutes ses créatures. Elle a également dénoncé l’état déplorable des prisons du gouvernement. Elle s’est ainsi battue pour améliorer de son mieux l’environnement des prisons en les transformant en un lieu de rééducation et de rédemption alors qu’elles n’étaient que lieu de punition et de condamnation »[ii].

« Avec le soutien de son mari, Juliette n’a jamais cessé de s’occuper des anciennes détenues, des anciennes prostituées et des femmes en détresse morale. Elle crée plusieurs institutions notamment un foyer le « Refuge », qu’elle confie aux sœurs de Saint-Joseph. Au bout de deux ou trois ans d’une vie de travail et de prière, ces femmes pouvaient reprendre une vie normale »[ii]. Cette expérience l’a ensuite conduite à fonder plusieurs institutions et en particulier une Congrégation religieuse de femmes comprenant d’anciennes détenues sous le nom de «Pénitentes Sœurs de Sainte Marie-Madeleine », aujourd’hui connu comme « Filles de Jésus Bon Pasteur ». En effet, certaines d’entre elles entrèrent dans la vie religieuse se consacrant à Dieu comme sainte Marie Madeleine, l’une des plus grands disciples de Jésus. Encouragée par l’archevêque de Turin, Juliette de Barolo rédige une règle monastique basée sur la chasteté, l’humilité et l’obéissance »[ii].

« Carlo Tancredi s’est quant à lui consacré principalement à l’éducation, l’instruction et la formation des enfants et des jeunes. Il a occupé des postes important au niveau politique. Grâce à lui, le maire de Turin et a fait des choix concrets en faveur du développement de ses concitoyens. Dans ses nombreuses initiatives de charité, les petits occupaient une place de choix : Carlo a institué pour eux dans son palais les « maisons d’habitation » (les premiers orphelinats du Piémont) pour les enfants des travailleurs pauvres, qui, sans le secourt de Carlo, auraient été abandonnés sur les routes »[iii].

Par votre intercession, Carlo et Juliette, nous vous confions toutes les lois et les idées du monde qui blessent la dignité que Dieu nous a donnée (Avortement,GPA, euthanasie, etc.).

Je vous salue Marie ×3

7. Frères et sœurs dans le Christ

 

Prions avec Juliette : « O mon Dieu, mon bon Dieu, je vous donne de bon cœur mon temps, ma santé, et je vous offre avec ardeur ma vie pour obtenir de votre miséricorde que la sainte simplicité qui vient de votre amour prenne possession de l’âme de ces pauvres enfants, qui se nomment Madeleines, et qui me regardent comme une mère »[i].

« La charité a des compassions et des secours pour toutes les faiblesses et toutes les misères ; aucun dégoût, aucune répugnance, ne peuvent l’éloigner (Juliette) du chevet d’un mourant ; elle ne recule ni devant les infirmités, ni devant les plaies du corps, et s’attache, pour les guérir, aux maladies les plus hideuses de l’âme ; pendant que le monde pousse des cris de malédiction et de haine contre le meurtrier que va justement frapper le glaive de la loi, la charité, désarmée par son supplice et avide de son repentir, l’accompagne comme une sœur, l’embrasse au pied de l’échafaud, et au moment fatal lui fait entendre une dernière parole d’affection et d’espérance. Lorsque l’opinion accable de ses sarcasmes et de ses mépris la femme tombée, souvent plus victime que coupable, la charité poursuit jusque dans ses extrêmes égarements la brebis perdue, la relève de sa chute, la réchauffe dans ses bras maternels, la porte sur ses épaules, la ramène pénitente et pardonnée au bercail, et ne la distingue pas de celles qui ont toujours été fidèles. […] Mme de Barol avait cette miséricorde qui s’adresse aux plus misérables.»[ii].

Par votre intercession, Carlo et Juliette, je confie au Seigneur les intentions de chacun des membres de notre groupe de prière.

Je vous salue Marie ×3

Final :

Prière à Notre Dame

(Prière du Père Léonce de Grandmaison)

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Sainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un cœur d’enfant, pur et transparent comme une source ;

Obtenez-moi un cœur simple, qui ne savoure pas les tristesses,

Un cœur magnifique à se donner, tendre à la compassion, un cœur fidèle et généreux, qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal.

Faites-moi un cœur doux et humble, aimant sans demander de retour, joyeux de s’effacer dans un autre Cœur, devant votre divin Fils.

Un cœur grand et indomptable, qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse,

Un cœur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ, blessé de son Amour, et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel.

AMEN

 

Note de Bibliographie :

Certaines méditations tirées de la biographie de Carlo et Juliette ont été traduites de l’italien  à partir du site de la congrégation des sœurs de sainte Anne de Turin. Pour ce faire, des modifications de langage ont été adaptées.

http://www.suoredisantanna.org/Objects/Pagina.asp?ID=254&T=Carlo%20Tancredi%20and%20Giulia%20di%20Barolo