3ème semaine de Mars

 

Pour tous les couples qui espèrent accueillir un enfant ou qui ont accepté l’idée de ne pas en avoir, pour tous les couples en démarche d’adoption…

« Courage, Calme, Confiance »  (devise empruntée au sanctuaire de Pellevoisin

Note préalable

En ce jour, nous allons prier avec saint Joseph à partir des écrits rapportés par Maria Valtorta, mystique italienne du XXème siècle. Description rapide de sa vie.
Ces écrits nous permettent de mieux entrer dans le mystère de la vie de Saint Joseph.

Au nom du Père et du Fils et Saint-Esprit. Amen.

Prions en ce jour avec :

Saint Joseph

Père Putatif de Dieu, Epoux de la Vierge Marie, Saint patron de de l’Église Universelle, des charpentiers, des travailleurs, de l’Amérique, de l’Océanie,de l’Autriche, de la Belgique, de la Croatie, du Canada, des États-Unis, du Mexique, du Pérou, de la Chine, de la Corée du Sud, du Vietnam

Commémoré le 19 mars

Prions.

Image de Dieu le Père, Père de Dieu le Fils,

Epoux de Marie, Marie de toute mère, vous qui avez porté dans vos bras Celui qui tient tout en sa main,
obtenez-nous la grâce de participer au don de la vie,
de sorte que nous puissions voir dans l’enfant qui nous sera accordé,
un signe plus vivant de la présence de Dieu dans notre maison.

Protégez notre amour, afin qu’il porte du fruit et que demain s’élève avec la nôtre,
une autre voix pour louer Dieu, un autre cœur pour L’aimer,
une autre vie pour rendre témoignage à son bonté paternelle.
Par Jésus Christ, Notre Seigneur. 
Amen[1]Evangelium-vitae.org

La Fécondité


Joseph est désigné au temple pour être l’époux de Marie.

Dans un coin, je vois Joseph. Il parle avec un vieillard bien portant. Joseph est sur les trente ans. Un bel homme aux cheveux courts et plutôt épais, d’un brun châtain comme la barbe et les moustaches qui ombragent un beau menton et montent vers les joues brun rouge, pas olivâtres comme chez les autres bruns. Il a les yeux sombres, bons et profonds, très sérieux, je dirais presque un peu tristes. Mais pourtant quand il sourit, comme à présent, ils expriment la joie et la jeunesse. Il est entièrement vêtu de marron clair, tenue simple mais très correcte. Un groupe de jeunes lévites entre. Ils se rangent entre la porte et une table longue et étroite qui est près du mur au centre duquel se trouve la porte qui reste ouverte. Il y a seulement une tenture qui pend jusqu’à vingt centimètres de terre et qui recouvre l’entrée. La curiosité du public s’aiguise et plus encore quand une main écarte le rideau pour donner passage à un lévite qui porte dans ses bras un faisceau de branches sèches sur lequel est posé délicatement un rameau fleuri. De légers flocons de pétales blancs à peine teintées d’une nuance rose qui à partir du centre s’irradie de plus en plus tendre jusqu’à l’extrémité des pétales légers. Le lévite dépose le faisceau de branches sur la table avec de délicates précautions pour ne pas abîmer ce rameau miraculeusement fleuri au milieu de tant de branches sèches.

[…]Entouré d’autres anciens le Grand Prêtre fait son entrée. Tous s’inclinent profondément. Le Pontife va auprès de la table et parle tout en restant debout :
« Hommes de la race de David, qui êtes venus à mon appel, écoutez. Le Seigneur a parlé, louange à Lui ! De sa Gloire un rayon de lumière est descendu comme un soleil de printemps et a donné vie à un rameau sec. Il a fleuri miraculeusement, alors qu’aucun rameau sur la terre n’est fleuri en ce moment, […] Dieu a parlé en se faisant père et tuteur de la Vierge de David qui n’a que Lui comme seule protection. Sainte enfant, gloire du Temple et de sa race, elle a mérité que la parole de Dieu lui fasse connaître le nom de l’époux agréable à l’Éternel. Vraiment juste doit être celui-là, l’Élu du Seigneur pour être le tuteur de la Vierge qui lui est si chère ! Aussi notre peine de la perdre s’apaise et nous n’avons plus de préoccupations sur son destin d’épouse. À celui que Dieu a désigné nous confions en toute sécurité la Vierge sur laquelle repose la bénédiction de Dieu et la nôtre. Le nom de l’époux est Joseph de Jacob, de Bethléem de la tribu de David, charpentier à Nazareth de Galilée. Joseph, avance. C’est le Grand Prêtre, qui te l’ordonne. »

Beaucoup de bruit. […]. Joseph tout rouge et gêné s’avance. Il est maintenant devant la table en face du Pontife qu’il a salué respectueusement. […]

Le Grand Prêtre donne à Joseph le rameau fleuri et puis lui met la main sur l’épaule en disant : « Elle n’est pas riche, et tu le sais, l’épouse que Dieu te donne. Mais en elle est toute vertu. Sois-en toujours plus digne. Il n’y a pas une fleur aussi belle et pure comme elle en Israël. Sortez tous maintenant. Joseph reste. Et toi, Zacharie, son parent, amène l’épouse. »
Tous sortent sauf le Grand Prêtre et Joseph. On fait retomber le rideau sur la porte.
Joseph se tient humblement près du Prêtre majestueux. Un silence, et puis il lui dit : « Marie doit te dire le vœu qu’elle a fait. Aide sa timidité. Sois bon, avec elle si bonne. »
« Je mettrai à son service toutes mes forces, et pour elle aucun sacrifice ne me pèsera. Sois en assuré. »

Marie entre avec Zacharie et Anne de Phanouel.

« Viens, Marie » dit le Pontife. « Voici l’époux que Dieu te destine. C’est Joseph de Nazareth. Tu retourneras donc dans ta cité. Maintenant je vous laisse. Dieu vous donne sa bénédiction, que le Seigneur vous garde et vous bénisse, qu’il vous montre sa face et ait pitié de vous, toujours. Qu’Il tourne vers vous son visage et vous donne la paix. »

Zacharie sort pour accompagner le Pontife. Anne se félicite avec l’époux et sort elle aussi.
Les deux fiancés sont en face l’un de l’autre. Marie, toute rouge, a la tête inclinée. Joseph, un peu rouge aussi, l’observe et cherche les paroles à lui dire pour commencer. Il les trouve finalement et un sourire éclaire son visage. Il dit :

« Je te salue Marie. […] Je travaillerai à ton jardin les premières et les dernières heures du jour. En ce moment les jours allongent. Pour le printemps, je veux que tout soit en ordre pour te faire plaisir. Regarde, c’est un rameau de l’amandier qui touche la maison. J’ai voulu le cueillir… – on entre de tous côtés par la haie éventrée mais je vais la refaire solide et bien fournie – j’ai voulu cueillir ce rameau dans le cas où le choix serait tombé sur moi – mais je ne l’espérais pas parce que je suis naziréen (personne consacrée à Dieu pour un vœu temporaire) et j’ai obéi à la convocation parce qu’elle émanait du Prêtre, non par désir du mariage – je l’ai donc cueilli, disais-je, en pensant que tu serais contente d’avoir une fleur de ton jardin. Le voilà, Marie. Avec lui je te donne mon cœur qui jusqu’à présent n’a fleuri que pour le Seigneur et maintenant fleurit pour toi, mon épouse. »

Marie prend le rameau. Elle est émue et regarde Joseph d’un air plus rassuré et radieux. Elle se sent sûre de lui, quand ensuite il lui dit : « Je suis naziréen  » son visage devient tout lumineux et elle prend courage. « Moi aussi, j’appartiens toute à Dieu, Joseph. Je ne sais si le Grand Prêtre te l’a dit… »

« Il m’a dit seulement que tu es bonne et pure et que tu dois me faire connaître un vœu que tu as fait, et d’être bon avec toi. Parle, Marie. Ton Joseph veut te rendre heureuse en tous tes désirs. Je ne t’aime pas selon la chair. Je t’aime selon mon esprit, sainte enfant que Dieu me donne ! Vois en moi un père et un frère, pas seulement un époux. Confie-toi à moi comme à un père, aie confiance comme en un frère. »

« Toute enfant, je me suis consacrée au Seigneur. Je sais que cela ne se fait pas en Israël, mais j’ai entendu une voix qui me demandait ma virginité en sacrifice d’amour pour l’avènement du Messie. Il y a si longtemps qu’Israël l’attend Ce n’est pas trop de renoncer pour cela à la joie d’être mère !… »

Joseph la regarde fixement comme s’il voulait lire au fond de son cœur et puis, prenant les deux petites mains qui tiennent encore entre leurs doigts le rameau fleuri il lui dit :

« Moi aussi, j’unirai mon sacrifice au tien et par notre chasteté nous témoignerons tant d’amour à l’Éternel, tant d’amour que Lui donnera plus tôt le Sauveur à toute la terre, nous permettant de voir sa Lumière illuminer le monde. Viens, Marie. Allons devant sa Maison et jurons de nous aimer comme les anges s’aiment entre eux. Puis, j’irai à Nazareth préparer tout pour toi, dans ta maison si tu préfères ou ailleurs si tu veux. »

Par votre intercession, saint Joseph, gardez nos cœurs brûlants d’amour pour le Christ afin que notre mariage porte du fruit et augmente en nous la capacité d’aimer.

Je vous salue Marie ×3

 

La Famille


Le mariage de Marie et Joseph.

« Sois joyeuse, Marie. Tu n’es pas orpheline car les tiens sont avec toi Et tu as un époux qui est pour toi, père et mère, tant il est parfait… »

« Oh ! Oui ! C’est vrai ! De lui je ne puis me plaindre, certainement. En moins de deux mois, il est venu deux fois, et aujourd’hui, c’est pour la troisième fois qu’il vient défiant pluies et vent, pour prendre mes ordres… Pense donc : mes ordres ! À moi qui suis une pauvre femme et de combien plus jeune que lui ! Et il ne m’a rien refusé. Et même, il n’attend pas que je demande. Il semble qu’un ange lui dise mes désirs et il m’en parle avant que j’ouvre la bouche. La dernière fois, il m’a dit : « Marie, je pense que tu préféreras rester dans la maison paternelle. Puisque tu es héritière, tu peux le faire si tu veux. Je viendrai dans ta maison. Mais seulement pour observer le rite, tu iras passer une semaine dans la maison d’Alphée, mon frère. Marie t’aime tant déjà. Et de là partira, le soir des noces, le cortège qui t’emmènera à la maison », N’est-ce pas gentil ? Il ne lui importe aucunement de faire dire aux gens que sa maison ne me plaît pas… À moi, elle aurait toujours plu, à cause de lui, si bon. Mais certainement… je préfère ma maison… à cause des souvenirs… Oh ! Il est bon, Joseph ! »

« Qu’a-t-il dit de ton vœu? Tu ne m’en as pas encore parlé. « 

« Il n’a pas fait d’objection. Même, quand il a su les raisons, il a dit:  » J’unirai mon sacrifice au tien ».

« C’est un jeune saint ! » dit Anne de Phanouel.

Le « jeune saint » entre à cet instant accompagné de Zacharie. Il est vraiment splendide. Tout en jaune or, il paraît être un souverain oriental. Une magnifique ceinture porte sa bourse et le poignard, l’une en maroquin avec broderies d’or, l’autre aussi dans une gaine de maroquin à rayures d’or. Sur la tête un turban, la coiffure de toile ordinaire qui sert de capuchon comme en portent encore certains peuples d’Afrique, les Bédouins par exemple, maintenu en place par un fin cercle d’or auquel sont attachés des petits bouquets de myrte. Il a un manteau tout neuf avec franges où il se drape majestueusement. Ses yeux pétillent de joie. Dans ses mains, des bouquets de myrte en fleurs.

Il salue : « Paix à toi, mon épouse ! Paix à tous. » Et après qu’on lui a répondu : « J’ai vu ta joie, le jour où je t’ai apporté le rameau de ton jardin. J’ai pensé t’apporter le myrte qui pousse près de la grotte qui t’est si chère. Je voulais t’apporter des roses qui commencent à fleurir contre ta maison. Mais les roses ne durent pas. En plus, les journées de voyage.., Je ne t’aurais plus apporté que les épines, et à toi, aimée, je ne veux offrir que des roses, et je veux joncher ton chemin de fleurs délicates et parfumées pour que tu puisses y poser le pied sans trouver aucune souillure et désagrément. »

[…] Joseph dit en s’écartant un peu avec Marie : « J’ai pensé, ces temps-ci à ton vœu. Je t’ai dit que je le partage, mais plus j’y pense et plus je comprends que le nazireat temporaire, même renouvelé plusieurs fois, ne suffit pas. Je t’ai comprise, Marie. Je ne mérite pas encore la parole de Lumière, mais un murmure me vient. Et cela me fait lire ton secret au moins dans ses lignes les plus fortes. Je suis un pauvre ignorant, Marie. Je suis un pauvre artisan. Je ne connais pas les lettres et ne possède pas de trésor. Mais je mets à tes pieds, mon trésor. Pour toujours. Ma chasteté absolue pour être digne d’être près de toi, Vierge de Dieu, « sœur mon épouse, jardin fermé, fontaine scellée » comme l’a dit notre Aïeul qui peut-être écrivit le Cantique en te voyant, toi… Je serai le jardinier de ce jardin d’arômes où se trouvent les plus précieux fruits et d’où jaillit une source d’eau vive avec une suave impétuosité : ta douceur, ô épouse, qui par ta candeur a conquis mon esprit, ô toute belle. Belle plus qu’une aurore, soleil resplendissant car c’est ton cœur qui resplendit, ô toi, qui es tout amour pour ton Dieu et pour le monde à qui tu veux donner le Sauveur par ton sacrifice de femme. Viens, mon aimée » et il la prend délicatement par la main en la conduisant vers la porte. […]

Entre solennellement le Grand Prêtre. […] Le Pontife met la main droite de l’épouse dans celle de l’époux et les bénit solennellement : « Que le Dieu d’Abraham, Isaac et Jacob soit avec vous, qu’Il vous unisse et réalise en vous sa bénédiction en vous donnant sa paix et une nombreuse postérité ainsi qu’une longue vie et une mort bienheureuse dans le sein d’Abraham. » Et puis il se retire, solennellement comme il est entré. On a échangé la promesse. Marie est l’épouse de Joseph.

Par votre intercession, saint Joseph, que le bon Dieu garde notre couple solidement uni grâce à la prière et à l’espérance.

Je vous salue Marie ×3

 

La Confiance en Dieu


Joseph demande pardon à Marie.

Joseph entre et ferme la porte. Il ne parle pas encore.

« Parle Joseph, qu’est-ce que tu veux ? »

« Ton pardon. » Joseph s’incline comme s’il voulait s’agenouiller. Mais Marie, toujours si réservée pour le toucher, le prend résolument par les épaules et l’en empêche.

[…] »Mon pardon ? Je n’ai rien à te pardonner, Joseph. Je n’ai qu’à te remercier encore de tout ce que tu as fait ici en mon absence et pour l’amour que tu me portes. »

Joseph la regarde et je vois deux grosses larmes qui se forment dans la cavité de son œil profond. Elles restent comme sur le bord d’un vase et puis roulent sur les joues et sur la barbe. « Pardon, Marie. J’ai manqué de confiance. Maintenant, je sais. Je suis indigne d’avoir un tel trésor. J’ai manqué de charité. Je t’ai accusée en mon cœur. Je t’ai accusée sans justice puisque je ne t’avais pas demandé de me dire la vérité. J’ai failli envers la Loi de Dieu en ne t’aimant pas comme je me serais aimé… »

« Oh ! Non ! Tu n’as pas manqué ! »

« Oui, Marie. Si j’avais été accusé d’un pareil crime, je me serais défendu. Toi… Je ne t’ai pas permis de te défendre, puisque j’allais prendre une décision sans t’interroger. Je t’ai manqué en t’offensant par un soupçon. Rien qu’un soupçon, c’est une offense, Marie. Qui soupçonne méconnaît. Je ne t’ai pas connue comme je le devais. Mais pour la douleur que j’ai soufferte… trois journées de supplice, pardonne-moi, Marie. »

« Je n’ai rien à te pardonner. Mais plutôt je te demande pardon de la douleur que je t’ai causée. »

« Oh ! Oui, quelle douleur ç’a été ! Quelle douleur ! Regarde, Ce matin, on m’a dit que j’avais des cheveux blancs sur les tempes et des rides sur le visage, Plus de dix ans de vie se sont écoulés en ces jours. Mais pourquoi, Marie, as-tu été humble au point de me cacher à moi, ton époux, ta gloire, et permettre que je te soupçonne ? » […]

 » Nous accomplirons le mariage… La semaine prochaine ! »

« Tout ce que tu fais est bien Joseph. Tu es le chef de la maison moi, je suis ta servante. »

« Non, c’est moi qui suis ton serviteur. Je suis le bienheureux serviteur de mon Seigneur qui grandit en ton sein. Toi, tu es la bénie entre toutes les femmes d’Israël. Ce soir, je préviendrai les parents. Et après… quand je serai ici, nous travaillerons pour préparer tout à sa venue… Oh ! Comment pourrai-je recevoir dans ma maison mon Dieu ? Dans mes bras Dieu ? J’en mourrai de joie !… Je ne pourrai jamais oser le toucher !… »

« Tu le pourras, comme moi je le pourrai, avec la grâce de Dieu. »

La Vierge Marie nous enseigne sur saint Joseph.

Mon Joseph aussi a eu sa Passion. Et elle commença à Jérusalem quand il se rendit compte de mon état (grossesse de Marie), et elle a duré des jours comme pour Jésus et pour moi. Et spirituellement elle ne fut pas moins douloureuse. C’est uniquement par la sainteté de Joseph, mon époux, qu’elle s’est maintenue sous une forme tellement digne et secrète qu’elle est passée peu connue à travers les siècles.

Oh ! Notre première Passion ! Qui peut en dire l’intime et silencieuse intensité ? Qui peut en dire ma douleur en constatant que le Ciel ne m’avait pas encore exaucée en révélant à Joseph le mystère ? Qu’il l’ignorait, je l’avais compris en le voyant à mon égard simplement respectueux comme à l’ordinaire. S’il avait su que je portais en moi le Verbe de Dieu, il aurait adoré ce Verbe en mon sein, […] Qui pourrait dire avec une exacte vérité la douleur de Joseph, ses pensées, le trouble de ses affections ? Comme une petite embarcation prise dans une grande bourrasque, il se trouvait dans un tourbillon d’idées opposées, de réflexions plus pénibles et plus cruelles l’une que l’autre. En apparence, c’était un homme trahi par sa femme. Il voyait crouler en même temps son bon renom et l’estime du monde à cause d’elle, il se voyait déjà montré du doigt et l’objet de la compassion du pays. Il voyait l’amour et l’estime qu’il avait pour moi tomber morts devant l’évidence du fait.

Ici sa sainteté resplendit encore plus que la mienne, et j’en témoigne avec mon amour d’épouse, car je veux que vous l’aimiez, mon Joseph, cet homme sage et prudent, patient et bon, qui n’est pas étranger au mystère de la Rédemption, auquel il a été intimement lié, parce qu’il usa sa douleur et lui-même pour celui-ci, en sauvant le Sauveur au prix de son sacrifice et par sa grande sainteté. S’il avait été moins saint, il aurait agi humainement en me dénonçant comme adultère pour me faire lapider et faire périr avec moi le fruit de mon péché. S’il avait été moins saint, Dieu ne lui aurait pas donné la lumière pour le guider en une telle épreuve.

Mais Joseph était saint. Son esprit, toute pureté, vivait en Dieu. La charité en lui était ardente et forte. Et par sa charité, il vous sauva le Sauveur, tant en ne me dénonçant pas auprès des anciens, qu’en laissant tout par une prompte obéissance pour emmener Jésus en Égypte. Journées peu nombreuses, mais terribles par leur intensité, celles de la passion de Joseph et de ma passion, de cette première passion dont je dus souffrir. Car je comprenais sa souffrance et ne pouvais la lui enlever aucunement pour rester fidèle à l’ordre de Dieu qui m’avait dit : « Tais-toi ! ».

 Et quand à notre arrivée à Nazareth, je le vis me quitter après un laconique salut, courbé et vieilli, pour ainsi dire, en peu de temps, quand je vis qu’il ne venait pas chez moi le soir comme il en avait l’habitude, je vous le dis, mes fils, mon cœur éploré eut à souffrir une douleur aiguë. Enfermée dans ma maison, seule, dans la maison où tout me rappelait l’Annonciation et l’Incarnation, et où tout me ramenait au cœur le souvenir de Joseph uni à moi dans une virginité sans tache, je dus résister au découragement, aux insinuations de Satan et espérer, espérer, espérer. Et prier, prier, prier. Et pardonner, pardonner, pardonner à Joseph son soupçon, sa révolte de juste indigné.

Par votre intercession, saint Joseph, que nos craintes soient balayées afin de nous abandonner totalement au Christ Jésus.

Je vous salue Marie ×3

 

La Foi


La Vierge Marie nous enseigne sur la sainteté de Joseph :

FoiJoseph a cru aveuglément à la parole du messager céleste. Il ne demandait qu’à croire parce qu’il était sincèrement convaincu que Dieu est bon et qu’à lui, qui avait espéré dans le Seigneur, le Seigneur n’aurait pas réservé la douleur d’être trahi, trompé, bafoué par son prochain. Il ne demandait qu’à croire en moi, parce que, honnête comme il l’était, il ne pouvait penser qu’avec douleur que les autres ne le fussent pas. Il vivait la Loi, et la Loi dit : « Aime ton prochain comme toi-même ». Nous nous aimons tellement que nous nous croyons parfaits même quand nous ne le sommes pas. Pourquoi alors cesser d’aimer le prochain à la pensée qu’il est imparfait ?

Charité absolue. La charité qui sait pardonner, qui veut pardonner. Pardonner d’avance, en excusant dans son cœur les défauts du prochain. Pardonner tout de suite en accordant toutes les circonstances atténuantes au coupable.

Humilité absolue comme la charité. Savoir reconnaître qu’on a manqué, même par une simple pensée, et ne pas avoir l’orgueil, plus nuisible encore que la faute qui précède, de se refuser à dire : « Je me suis trompé », Dieu excepté, tout le monde se trompe. Quel est celui ou celle qui peut dire : « Je ne me trompe jamais » ? Et l’humilité encore plus difficile : celle qui sait tenir cachées les merveilles de Dieu en nous, quand il n’est pas nécessaire de les faire connaître pour Lui en donner la louange, pour ne pas déprécier le prochain qui n’a pas reçu ces dons particuliers de Dieu. S’il le veut, oh ! S’il le veut, Dieu se révèle Lui-même en son serviteur ! Élisabeth me « vit » telle que j’étais, mon époux me reconnut pour ce que j’étais, quand ce fut l’heure pour lui de le savoir.

Par votre intercession, saint Joseph, que nous maintenions fermement en nous un grand désir de sainteté malgré nos imperfections et nos faiblesses.

Je vous salue Marie ×3

 

L’ouverture aux autres


Marie et Joseph à Bethléem.

Marie est sur son âne gris, toute enveloppée dans un épais manteau. […]

Joseph marche à côté, tenant la bride : « Es-tu fatiguée ? » demande-t-il de temps en temps.
Marie le regarde en souriant et dit : « Non. » À la troisième fois, elle ajoute : « C’est toi plutôt qui dois marcher à pied qui serais fatigué. »

« Oh ! Moi, pour moi ce n’est rien. Je pense que si j’avais trouvé un autre âne, tu aurais pu être plus à ton aise et nous aurions pu aller plus vite. Mais, je n’en ai pas trouvé. Tout le monde a besoin de montures, en ce moment. Mais courage ! Bientôt nous serons à Bethléem. Au-delà de cette montagne, c’est Ephrata. »

Ils restent silencieux. La Vierge, quand elle ne parle plus, parait se recueillir en une prière intérieure. Elle sourit doucement à une de ses pensées et tout en ayant les yeux sur la foule, elle ne semble plus voir si c’est un homme, une femme, un vieillard, un berger, un riche ou un pauvre. Mais ce qu’elle voit, c’est à elle seulement.

« As-tu froid ? » demande Joseph, parce que le vent se lève.

« Non, merci. »

Mais Joseph n’a pas confiance. Il lui touche les pieds qui pendent sur le flanc de l’âne, les pieds chaussés de sandales et qu’on voit dépasser à peine de son long vêtement. Il doit les trouver froids car il secoue ta tête. Il enlève une couverture qu’il porte en bandoulière et l’étend sur les jambes de Marie et jusque sur son sein de façon que les mains soient bien au chaud sous la couverture et le manteau. […]

Marie prend la main de Joseph et lui dit avec un sourire radieux : « Je crois vraiment que le moment est venu. »

« Dieu de miséricorde ! Comment allons-nous faire ? »

« Ne crains pas, Joseph. Ne te laisse pas troubler. Vois comme je suis calme, moi ? »
« Mais tu souffres beaucoup ? »

« Oh ! Non. Je suis remplie de joie. Une telle joie, si forte, si belle, si irrésistible, que mon cœur bat fort, fort et me dit : « Il naît ! Il naît ! » Il le dit à chaque battement. C’est mon Petit qui frappe à la porte de mon cœur et qui me dit : « Maman, me voici pour te donner le baiser de Dieu ». Oh ! Quelle joie, mon Joseph ! »

Mais Joseph n’est pas à la joie. Il pense à l’urgence de trouver un abri et il hâte le pas. Porte après porte, il demande un abri.

Rien. Tout est occupé. Ils arrivent à l’auberge. Elle est pleine jusque sous les portiques rustiques, qui entourent la grande cour intérieure, de gens qui bivouaquent.
Joseph laisse Marie sur l’âne à l’intérieur de la cour et il sort pour chercher dans d’autres maisons. Il revient découragé. Il n’y a rien. Le précoce crépuscule d’hiver commence à étendre ses voiles. Joseph supplie l’aubergiste. Il supplie des voyageurs. Eux sont des hommes en bonne santé. Ici c’est une femme sur le point de mettre au monde un enfant. Qu’ils aient pitié ! Rien. Voici un riche pharisien qui le regarde avec un mépris visible, et, quand Marie s’approche, il s’écarte comme s’il s’était approché d’une lépreuse. Joseph le regarde et la rougeur de l’indignation lui monte au visage. Marie met la main sur le poignet de Joseph, pour le calmer et dit : « N’insiste pas. Partons. Dieu y pourvoira. »

Ils sortent, ils suivent le mur de l’auberge. Ils tournent par une ruelle encastrée entre elle et de pauvres maisons. Ils contournent l’auberge. Ils cherchent. Voilà des espèces de grottes, de caves, dirai-je, plutôt que des écuries, tant elles sont basses et humides. Les plus belles sont déjà occupées. Joseph est accablé.

« Ohé ! Galiléen ! » lui crie par derrière un vieil homme. « Là au fond, sous ces ruines, il y a une tanière. Peut-être n’y a-t-il encore personne. »

Ils s’approchent de cette « tanière. » C’est vraiment une tanière. Parmi les décombres d’un bâtiment en ruines, il y a un refuge, au-delà duquel se trouve une grotte, un trou dans la montagne plutôt qu’une grotte. […]Joseph a fixé la petite lampe à un clou dans l’un des troncs qui servent de pilier. On voit la voûte couverte de toiles d’araignées, le sol en terre battue et tout disloqué avec des trous, des cailloux, des détritus et des excréments et couvert de tiges de paille. Au fond, un bœuf se retourne et regarde avec ses grands yeux tranquilles pendant que du foin lui pend des lèvres. Il y a un siège grossier et deux pierres dans un coin, près d’une fente. Le noir de ce recoin indique que c’est là qu’on fait du feu.

Marie s’approche du bœuf. Elle a froid. Elle lui met les mains sur le cou pour en sentir la tiédeur. Le bœuf mugit et se laisse faire. Il semble comprendre. De même quand Joseph le pousse plus loin pour enlever beaucoup de foin au râtelier et faire un lit pour Marie. Le râtelier est double : celui où mange le bœuf et par-dessus une sorte d’étagère où se trouve une provision de foin. C’est celle-là que prend Joseph. Le bœuf laisse faire. Il fait aussi une place pour l’âne qui, fatigué et affamé, se met tout de suite à manger. Joseph découvre aussi un seau renversé tout cabossé. Il sort parce que dehors il y a un ruisseau et revient avec de l’eau pour l’âne. Puis il s’empare d’une botte formée de branches, déposée dans un coin et essaye de balayer le sol. Ensuite il étend du foin, en fait un lit, près du bœuf dans l’angle le plus sec et le plus abrité. Mais, il le trouve humide ce pauvre foin, et il soupire. Il allume le feu et, avec une patience de chartreux, il sèche le foin par poignées en le tenant près du feu.
Marie, assise sur un tabouret, fatiguée, regarde et sourit. C’est fini. Marie s’installe de son mieux sur le foin moelleux avec les épaules appuyées sur un tronc. Joseph complète… l’ameublement en étendant son manteau qui fait office de tente sur le trou qui sert d’entrée. Un abri très relatif. Puis il offre du pain et du fromage à la Vierge et lui donne à boire de l’eau d’une gourde. « Dors maintenant » lui dit-il après. « Moi, je veillerai pour que le feu ne s’éteigne pas. Il y a du bois, heureusement. Espérons qu’il dure et brûle. Je pourrai épargner l’huile de la lampe. »

Par votre intercession, saint Joseph, nous confions nos amis, frères et sœurs et connaissances qui attendent la vie. Que l’Esprit-Saint anime en nous douceur et bonté, écoute et présence dans notre amitié pour chacun d’eux

Je vous salue Marie ×3

 

L’engagement dans la société


La fuite en Egypte

C’est la nuit. Joseph dort sur sa couchette dans sa chambre minuscule. Un sommeil tranquille de qui se repose de beaucoup de travail accompli honnêtement et soigneusement. Je le vois dans l’obscurité de la pièce, à peine amoindrie par un filet de lumière lunaire qui entre par la fente de la fenêtre à peine entrebâillée mais pas fermée complètement, comme si Joseph avait chaud dans ce petit local, ou comme s’il voulait avoir ce petit filet de lumière pour pouvoir se régler sur l’aube et se lever promptement. Il repose sur un côté, et dans son sommeil sourit à je ne sais quelle vision, qu’il a, à un songe. Mais le sourire se change en effroi. Il soupire profondément comme s’il avait un cauchemar et s’éveille en sursaut.

[…] »Il faut partir tout de suite d’ici, mais tout de suite. Prépare le coffre et un sac avec tout ce que tu peux y mettre. Je préparerai le reste. J’emporterai le plus de choses possible… À l’aube nous fuyons. Je le ferais encore plus tôt, mais je dois parler à la propriétaire de la maison… »
« Mais pourquoi cette fuite ? »

« Je t’expliquerai après, c’est pour Jésus. Un ange me l’a dit : « Prends l’Enfant et la Mère et fuis en Égypte ». Ne perds pas de temps. Je vais préparer tout ce que je puis. »
Pas besoin de dire à Marie de ne pas perdre de temps. Dès qu’elle a entendu parler d’un ange, de Jésus et de fuir, elle a compris qu’il y a danger pour sa Créature et a bondi debout plus pâle avec son visage de cire, en portant angoissée une main sur son cœur. Elle a commencé à marcher, rapide et légère, à ranger les vêtements dans le coffre et dans un grand sac qu’elle a étendu sur son lit encore intact, Elle est angoissée mais elle ne perd pas la tête, elle fait les choses avec empressement mais aussi avec ordre. De temps en temps en passant près du berceau, elle regarde le Bébé qui dort, sans savoir.

[…]Joseph revient : « Es-tu prête ? Jésus l’est-il aussi ? As-tu pris ses couvertures, sa petite couchette ? Nous ne pouvons emporter le berceau, mais au moins qu’il ait son petit matelas, le pauvre Petit qu’ils cherchent à faire mourir ! »

« Joseph ! » Elle pousse un cri pendant qu’elle s’accroche au bras de Joseph.
« Oui, Marie, à le faire mourir ! Hérode veut sa mort… parce qu’il en a peur … pour son pouvoir royal, il a peur de cet Innocent, ce fauve immonde. Que fera-t-il quand il apprendra qu’il est en fuite, je ne sais. Mais nous serons loin alors. Je ne crois pas qu’il se vengera en le cherchant jusqu’en Galilée. Déjà il serait trop difficile de découvrir que nous sommes Galiléens et encore moins de Nazareth, et qui nous sommes, exactement. A moins que Satan ne l’aide pour le remercier d’être pour lui un serviteur dévoué. Mais… si cela arrivait… Dieu nous aidera de son côté. Ne pleure pas Marie. Te voir pleurer m’afflige bien plus que de devoir partir pour l’exil. »
« Pardonne-moi, Joseph ! Ce n’est pas pour moi que je pleure; ni pour le peu de bien que je perds. C’est pour toi… Tu as déjà dû tellement te sacrifier ! Et maintenant tu vas te trouver sans clients, sans maison ! Combien je te coûte, Joseph ! »

« Combien ? Non, Marie. Tu ne me coûtes pas. Tu me consoles. Toujours. Ne pense pas à demain. Nous avons les richesses des Mages. Elles nous aideront pour les premiers temps. Puis, je trouverai du travail. Un ouvrier honnête et capable se débrouille, tout de suite. Tu as vu ici. Je n’arrivais pas à trouver du temps pour tout faire. »

« Je sais, mais qui te guérira de ta nostalgie ? »

« Et toi, qui te guérira de la nostalgie de la maison qui t’est si chère ? »
« Jésus. En le possédant j’ai encore ce que j’ai eu là-bas. »

« Et moi, possédant Jésus, je possède la patrie que j’espérais retrouver il y a quelques mois. Je possède mon Dieu. Tu vois que je n’ai rien perdu de ce qui par-dessus tout m’est cher. Il nous suffit de sauver Jésus et alors tout nous reste. Même si nous ne devions plus voir ce ciel, ces campagnes et celles plus chères de la Galilée, nous aurions tout parce que nous l’avons, Lui. Viens, Marie, l’aube commence à poindre il est temps de saluer notre hôtesse et de charger nos affaires. Tout ira bien. »

Marie se lève obéissante. Elle s’enveloppe dans son manteau pendant que Joseph fait un dernier paquet qu’il emporte en sortant.

Par votre intercession, saint Joseph, nous vous confions toutes les lois et les idées du monde qui blessent la dignité que Dieu nous a donnée (Avortement,GPA, euthanasie, etc.).

Je vous salue Marie ×3

 

Frères et sœurs dans le Christ


La mort de saint Joseph.

Jésus travaille à un établi de menuisier. Il est en train de raboter des planches qu’il dresse contre le mur en arrière. Puis il prend une sorte de tabouret serré entre les deux mâchoires d’un étau, le dégage, regarde si le travail est au point, le mesure à l’équerre dans tous les sens. Ensuite il va à la cheminée, prend la marmite, y plonge un bâtonnet ou un pinceau, je ne sais. Je ne vois que la partie qui dépasse et ressemble à un bâtonnet.
[…]Pendant qu’il est occupé à façonner quelque chose qui me semble être des pièces de cercle d’une roue, la Maman entre. Elle entre par une porte qui se trouve sur le mur qui est au sud. Elle entre en toute hâte et court vers Jésus. Elle porte un vêtement azur foncé et rien sur la tête. Une simple tunique serrée à la taille par un cordon de même couleur. Elle appelle, anxieuse, le Fils et Lui pose les deux mains sur le bras en un geste de supplication douloureuse. Jésus la caresse en lui mettant le bras sur l’épaule et la réconforte puis s’en va avec elle, laissant le travail et quittant son tablier. [ …] Ils entrent dans une pièce voisine […]pauvre mais bien rangée. Il y a une couche basse couverte de petits […]Là-dessus, est étendu Joseph, la tête appuyée à plusieurs oreillers. Il est mourant. On le voit clairement, à son visage d’une pâleur livide, à son œil éteint, à sa poitrine haletante et à l’abandon de tout le corps.

Marie se place à sa gauche, prend sa main calleuse et livide jusqu’aux ongles. Elle la frotte, la caresse, la baise, essuie avec un linge la sueur qui fait des raies brillantes aux tempes qui se creusent, la larme qui luit à coin de l’œil. Elle lui baigne les lèvres avec un linge humecté d’un liquide qui semble du vin blanc.

Jésus se met à droite. Il lui soulève avec agilité et précaution le corps qui s’affaisse, le redresse sur les oreillers avec l’aide de Marie. Il caresse l’agonisant sur le front et cherche à le ranimer.

Marie pleure très doucement, sans bruit, mais elle pleure. Les larmes coulent le long de ses joues pâles jusque sur son vêtement azur foncé. Elles semblent des saphirs étincelants.

Joseph se ranime et regarde fixement Jésus. Il Lui donne la main, comme pour dire quelque chose et pour trouver dans ce contact divin la force pour l’ultime épreuve. Jésus se penche sur cette main et la baise. Joseph sourit. Puis il se tourne pour regarder et chercher Marie et il lui sourit aussi. Marie s’agenouille près du lit, essayant de sourire, mais elle y réussit mal et incline la tête. Joseph lui pose la main sur la tête en une chaste caresse qui semble une bénédiction. […] Joseph, avec un sanglot, regarde Jésus et remue les lèvres comme pour le bénir. Mais il ne peut. On se rend compte qu’il comprend mais qu’il ne peut parler. Il est pourtant heureux: dans un regard plein de vie et de confiance en son Jésus. […]

« Tu l’as vue, cette heure, père, et pour elle tu t’es fatigué. Tu as aidé l’arrivée de cette heure et le Seigneur t’en récompensera. Je te le dis » ajoute Jésus en essuyant une larme de joie qui descend lentement sur la joue de Joseph. […] Merci, mon père, en mon nom et au nom de ma Mère. Tu as été pour Moi un père juste et l’Éternel t’a confié la garde de son Christ et de son Arche Sainte. Tu as été le flambeau allumé pour Lui, et pour le Fruit d’un sein sanctifié, tu as eu des entrailles de charité. Va en paix, père. Ta Veuve ne sera pas sans secours. Le Seigneur a tout disposé pour qu’elle ne reste pas seule. Va, je te le dis, en paix au lieu de ton repos. »

Marie pleure, le visage penché sur les couvertures (on dirait des manteaux) étendues sur le corps de Joseph qui se refroidit. Jésus s’empresse de lui rendre les derniers services car la respiration s’affaiblit et le regard se voile.[…]

« …Et il te fera entrer dans l’autre vie par le Salut qui maintenant te réconforte et qui promptement viendra, je te le répète, te serrer dans un embrassement divin et t’emporter avec Lui, à la tête de tous les Patriarches, là où est préparée la demeure du Juste de Dieu qui fut pour Moi un père béni.

Précède-Moi pour dire aux Patriarches que le Salut est venu en ce monde et que le Royaume des Cieux leur sera bientôt ouvert. Va, père, que ma bénédiction t’accompagne. »
Jésus a élevé la voix pour arriver jusqu’à l’esprit de Joseph qui s’enfonce dans les nuées de la mort. La fin est imminente. Le vieillard ne respire plus qu’à peine. Marie le caresse. Jésus s’assied sur le bord du lit. Il entoure et attire à Lui le mourant qui s’affaisse et s’éteint paisiblement. La scène est pleine d’une paix solennelle. Jésus recouche le Patriarche et embrasse Marie qui, au moment suprême, s’était approchée de Jésus dans une angoisse déchirante.

Par votre intercession, saint Joseph, je confie au Seigneur les intentions de tous les membres de notre groupe de prière.

Je vous salue Marie ×3

Prière à Notre Dame

Prière du Père Léonce de Grandmaison

Sainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un cœur d’enfant,
pur et transparent comme une source ;
Obtenez-moi un cœur simple, qui ne savoure pas les tristesses,
Un cœur magnifique à se donner, tendre à la compassion, un cœur fidèle et généreux,
qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal.
Faites-moi un cœur doux et humble, aimant sans demander de retour,
joyeux de s’effacer dans un autre Cœur, devant votre divin Fils.
Un cœur grand et indomptable, qu’aucune ingratitude ne ferme,
qu’aucune indifférence ne lasse,
Un cœur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ, blessé de son Amour,
et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel. Amen