Mars 2018 - 4ème semaine

Pour tous les couples qui espèrent accueillir un enfant ou qui ont accepté l’idée de ne pas en avoir, pour tous les couples en démarche d’adoption…

« Courage, Calme, Confiance »
(devise empruntée au sanctuaire de Pellevoisin)

Au nom du Père et du Fils et Saint-Esprit. Amen.

Prions en ce jour avec :

Mère Yvonne-Aimée de Jésus

Religieuse

Ô Jésus, Roi d’Amour,
qui avez inspiré  à Votre Servante Yvonne-Aimée une participation généreuse à Votre Tendresse infinie pour les âmes,
une ardente dévotion envers la Sainte Eucharistie,
et une fidélité inébranlable à Votre Service,

Daignez, nous Vous en supplions,
glorifier en elle tous Vos dons, en nous accordant par son intercession
la grâce que nous implorons avec confiance de Votre Divine et Miséricordieuse Bonté.

Ô Vous qui vivez et régnez avec Dieu le Père en l’unité du Saint-Esprit dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il [1].

 La Foi


Yvonne Beauvais naquit le 16 juillet 1901, à Cossé-en-Champagne, petit bourg de la Mayenne, dans une famille très honorable. Orpheline de père à l’âge de trois ans, elle épanouit son âme à la lecture de la vie des Saints que lui fait sa grand-mère maternelle à qui sa mère l’a confiée. Elle manifeste déjà une tendre dévotion envers la Sainte Vierge et envers son ange gardien, un grand désir de l’Eucharistie et une recherche passionnée de « son Jésus » dans les pauvres. Elle vit […] dès son jeune âge, la « petite voie d’enfance spirituelle » de Thérèse de Lisieux, pour qui elle se prend d’une grande affection. A l’âge de six ans, elle rejoint sa mère et la suit à Argentan et à Toul, dans les divers pensionnats dont celle-ci prend la direction pour parer au départ des religieuses enseignantes. Mais c’est à Paris qu’elle ira faire sa première communion à l’âge de neuf ans. Deux jours après, le 1er janvier 1911, elle écrit de son sang un « Pacte d’amour » avec le « Petit Jésus » en des termes surprenants pour une enfant de cet âge, et qui sera sans qu’elle s’en doute alors, le programme de toute sa vie :

« Je veux sauver beaucoup d’âmes, et T’aimer plus que tout le monde. Je te supplie de me faire devenir Sainte, une très grande Sainte – une martyre. Mais je veux surtout Ta Volonté! TA PETITE YVONNE ».

Ce pacte, elle le résuma allègrement plus tard dans la devise qu’elle se choisit :

                                             « Tout droit au service du Roi Jésus ».

Dès lors, elle sera attentive à réprimer les saillies de son caractère primesautier, à apprendre à beaucoup souffrir en silence. Car la souffrance allait être la compagne inséparable de la « mission » que Dieu lui préparait. A l’âge de quatorze ans, en Angleterre où elle continue ses études, elle prend l’habitude de réciter chaque jour le « Petit Office de la Sainte Vierge ». A vingt ans, elle s’inscrit à Paris dans l’Association des Jeunes Filles de Marie Immaculée et se met dans la plus grande discrétion, au service des pauvres par des industries variées que son zèle inventif imagine, fortes des ressources de sa riche nature, de ses talents et de son amour pour le « Seigneur Jésus ». Ce n’est que bien plus tard à son entrée au couvent, lorsque l’obéissance l’obligera à raconter ses expériences charitables dans la zone parisienne ou au Mans, que l’on aura connaissance de sa nombreuse famille de pauvres et les circonstances exceptionnelles, pour ne pas dire miraculeuses, qui accompagnèrent son apostolat.

Par votre intercession, Mère Yvonne Aimée de Jésus, que nous maintenions fermement en nous un grand désir de sainteté malgré nos imperfections et nos faiblesses.

Je vous salue Marie ×3

 

La Confiance en Dieu


En 1921, Yvonne a vingt ans : c’est une jeune fille rayonnante, enjouée, avec une grande fibre artistique, toujours prête à rendre service à la maison ou au dehors, à l’affût constant des âmes. Elle met de la joie partout, aussi bien dans les salons où on l’invite, que dans la mansarde de ses amis les pauvres.

Pour elle, « être joyeuse, c’est être charitable ».

Elle note sa dévotion : « Je mettrai un sourire sur mes lèvres, et saurai l’y fixer en pensant à Vous, mon Jésus. Je vous prendrai des âmes tout en dégustant… une tasse de thé ».

Cependant, la nature a des limites. Yvonne tombe malade et, pour achever sa convalescence, elle arrive le 18 mars 1922 par une circonstance providentielle, dans une petite clinique que les Chanoinesses Augustines Hospitalières tiennent à Malestroit, petite ville dans un coin encore ignoré du Morbihan. Le monastère lui-même est à cette époque l’un des plus humbles de l’Ordre. Le 5 juillet se produit pour la jeune fille la « révélation » qui fixe son avenir et sa « mission ». A partir de ce jour et jusqu’à sa mort, Yvonne, devenue Yvonne-Aimée de Jésus avant même son entrée dans ce couvent comme religieuse, sera l’objet de grâces sensibles extraordinaires et de non moins extraordinaires persécutions du démon. Une vie donnée en réparation pour les pécheurs, pour les âmes du purgatoire et pour les sacrilèges commis envers l’Eucharistie. Elle ne passera plus dès lors, une seule de ses journées ni très souvent de ses nuits, sans être l’objet des exigences de l’Amour Rédempteur. Alors qu’aux yeux du monde elle n’est toujours que la jeune fille délicieuse, souriante, dévouée, sa prière intime est désormais:

« Ô Jésus, je me livre pleinement à vos mystérieuses opérations dans mon âme ».

Elle inaugure ainsi pour toute sa vie une Heure Sainte douloureuse chaque jeudi de 23 heures à minuit. Elle avoue : « Je dis toujours oui au Bon Jésus ».

Cet acquiescement total exige d’elle un héroïsme quotidien dans la souffrance du corps et de l’âme. Rien de ce qui lui est demandé ne la rebute :

« Si Dieu commande, que puis-je faire qu’obéir ? S’il me dit d’aller déraciner la montagne, je me lèverai dès le matin, j’irai assiéger le pied du géant, et si le pic et  la bêche me manquent, armée de mes seules mains, j’irai encore ! ».

Par votre intercession, Mère Yvonne Aimée de Jésus, que nos craintes soient balayées afin de nous abandonner totalement au Christ Jésus.

Je vous salue Marie ×3

 

La Famille


Les oppositions à son entrée en communauté sont providentiellement levées. Yvonne se présente donc au postulat de Malestroit, sa nouvelle famille, le 18 mars 1927. Le 10 septembre, dans la cérémonie de vêture, le prédicateur, le Père Crété, met une lumière le mystère de la nouvelle novice :  « Epreuves et joies, souffrances et tentations, les anges, les hommes et les démons, tout a été mis en œuvre pour porter les coups et donner les caresses qui devaient rendre la petite fiancée moins indigne du Seigneur Jésus. »

Fin novembre, elle tombe si gravement malade qu’on juge nécessaire de lui donner l’extrême-onction et de lui faire prononcer ses vœux in articulo mortis. Toute la communauté, l’aumônier, son directeur, le supérieur ecclésiastique entourent son lit d’agonie et sont les témoins d’un miracle : la mourante devant eux reprend soudain vie et dans un soupir, on peut saisir ses paroles :

« Ton Amour sera mon ciel sur la terre ».

La voilà qui regagne une demi-heure plus tard sa place au chœur ! […] Le 21 décembre de la même année, l’Evêque de Vannes dont dépend le monastère, autorise les supérieures à confier à la novice un mois après son acquiescement à la Volonté divine, la construction à Malestroit d’une grande clinique moderne pour laquelle un bienfaiteur inespéré assurait la première mise de fonds. Elle y prend ensuite la direction pénible de la cuisine, tout en travaillant comme secrétaire et à la préparation du second Chapitre général de l’Ordre (en vue de la révision des Constitutions pour laquelle la supérieure et sœur Yvonne-Aimée iront faire approuver à Rome). Entre-temps, le petit couvent de Malestroit devient un monastère florissant : les novices y affluent. Sœur Yvonne-Aimée de Jésus se voit confier leur formation et leur inculque dans l’esprit de l’Ordre, son propre esprit d’abandon joyeux, simple, confiant et total à la volonté du « Seigneur Jésus ». Qui pourrait résister à la jeune Maîtresse des novices, qui possède en plus le don de lire dans les cœurs ! A 34 ans, après 7 ans de vœux, elle est élue Supérieure de la Communauté ; en 1939, Présidente et, après la guerre, Supérieure Générale de la Fédération de tous les monastères de l’Ordre.

Par votre intercession, Mère Yvonne Aimée de Jésus, que le Bon Dieu garde notre couple solidement uni grâce à la prière et à l’espérance.

Je vous salue Marie ×3

 

L’ouverture aux autres


Malestroit, le « Nazareth de l’Ordre », devient désormais un centre rayonnant. Mère Yvonne-Aimée s’y montre « une maîtresse-femme, à la ressemblance des grandes fondatrices, supérieurement douée par sa mission ». On a peine à la suivre dans son activité débordante où rayonnent la force et la bonté. […] La guerre de 1940 lui est une occasion de mettre en œuvre tous ses dons. Elle n’a qu’un désir : se mettre au service de la charité universelle avec courage et confiance en Dieu. La reconnaissance officielle des hommes ne lui manqua pas. […] Malgré son pauvre corps douloureux, sillonné de cicatrices et brûlé de fièvres constantes, elle forme le projet au début de 1951 d’aller visiter ses filles au Natal, mais à la veille de son départ le 3 février, elle rend sa belle âme à Dieu à l’âge de 49 ans. Depuis, ceux et celles qui l’ont approchée continuent à sentir sa présence et les personnes qui 1’invoquent sont unanimes à reconnaître l’efficacité de son intervention auprès de « son Roi d’Amour » dont elle avait sur terre accompli avec une fidélité inébranlable les moindres ordres de la Volonté rédemptrice, et accepté d’être la collaboratrice et la messagère de la Miséricordieuse Bonté.

Par votre intercession, Mère Yvonne Aimée de Jésus, nous confions nos amis, frères et sœurs et connaissances qui attendent la vie. Que l’Esprit-Saint anime en nous douceur et bonté, écoute et présence dans notre amitié pour chacun d’eux.

Je vous salue Marie ×3

 

jesusroidamour

En 1940, pendant la guerre, pour faire connaître et aimer davantage encore la prière, Mère Yvonne-Aimée eut l’idée d’une médaille et d’une image dont elle dessina le modèle […] :

« Nous avons représentés Jésus, Enfant Roi, pour attirer plus facilement les âmes et leur espoir. Nous avons voulu ainsi rappeler que c’est par son Divin Cœur, plein de Miséricorde et d’Amour pour l’humanité, que nous obtiendrons la paix dans le monde ».

 

 

L’engagement dans la société


« Pendant la célébration elle se tenait très droite et très recueillie dans sa stalle. Au moment de l’élévation, avant de se prosterner, elle fixait l’Hostie et le Calice un regard intense, un regard brillant et souvent le soir et parfois la nuit, elle venait près de la grille du chœur prier longuement, à genoux devant le Saint Sacrement. […] Vous savez aussi à quel point elle priait pour les prêtres.

C’est à l’âge de 22 ans que, pour la première fois, non sans une intuition prophétique, elle commença à rechercher les hosties profanées. On a vu Yvonne Aimée jeune fille, revenir blessée et couverte de sang après avoir reçu des coups alors qu’elle cherchait à arracher des hosties emportées par des gens sacrilèges et impies […]

Au-delà des charismes qui la mettaient au service de l’Eglise, sa vie a été toute simple parce que basée sur la charité qui est la loi essentielle. Elle était grande dans sa manière d’aimer. Il y avait en elle quelque chose d’eschatologique. Il y avait en elle parfois comme une anticipation prophétique du monde futur. Et pourtant, pourtant, elle était incroyablement humaine, tout entière au moment présent et bien de son temps. Elle a beaucoup réalisé : jeune fille au service des pauvres dans les bidonvilles de Paris, Prieure de Malestroit, fondatrice et première Supérieure Générale de votre Fédération (Augustines Hospitalière de la Miséricorde de Jésus). Il se trouvait des personnes qui disaient que tout lui réussissait. Elle était la première à rire de cette réflexion naïve, à ne pas se croire infaillible, à encaisser des échecs, des déceptions, des contradictions. Certes, elle a marqué des points et accompli une œuvre considérable et durable ; mais il aurait manqué quelque chose à la beauté de sa vie si tout lui avait réussi humainement. Et, pour que sa configuration au Christ fût plus étroite, elle a reçu vers l’âge de 20 ans, une grande grâce de compassion. Elle a enduré dans son corps, dans son cœur et dans son âme, des souffrances inouïes, un martyr à certaines heures, mais sans jamais le faire peser sur son entourage »[i]Homélie du 16 juillet 1981 de l’Abbé Paul Labutte à Cossé en Champagne.

Par votre intercession, Mère Yvonne Aimée de Jésus, nous vous confions toutes les lois et les idées du monde qui blessent la dignité que Dieu nous a donnée (Avortement,GPA, euthanasie, etc.).

Je vous salue Marie ×3

 

La Fécondité


« Yvonne Beauvais a laissé de nombreux carnets intimes ainsi qu’une abondante correspondance depuis 1924, date à laquelle son confesseur, le Père Crété, lui demande de mettre par écrit ses souvenirs et ses rêves. […] Le Saint-Office est circonspect devant le nombre élevé de ses miracles après sa mort et les faits extraordinaires qui ont jalonné la vie de la mystique : dons de prophétie, de guérison, de langue, de bilocation (151 cas recensés), stigmatisation, prémonitions, xénoglossie et matérialisations (de fleurs, le plus souvent des lys ou des roses, de bagues d’or et de diamants, de parfums, etc.). […]

En réponse à une demande de sœur Nicole Legars, prieure de Malestroit, le cardinal Franjo Šeper, préfet de la Congrégation pour la Foi au Vatican, autorisa, dans une lettre du 28 avril 1980, la publication d’une biographie sur Yvonne Beauvais, et suggéra même le nom du chanoine René Laurentin pour ce faire. Cette biographie devint le livre « Un Amour extraordinaire : Yvonne-Aimée de Malestroit » de l’abbé Laurentin, auquel l’évêque de Vannes, Mgr Boussard, accorda l’imprimatur en ces termes, le 3 février 1985 :

« Par sa lettre datée du 10 décembre 1984, le cardinal Ratzinger [futur pape Benoît XVI], Préfet de la Congrégation pour la foi, ayant levé l’interdiction portée par son prédécesseur, le cardinal Ottaviani, le 16 juin 1960 de donner l’imprimatur, écrit : « […] La personnalité de cette religieuse, les circonstances qui ont mis en valeur ses qualités exceptionnelles ne peuvent être exclues des recherches historiques. C’est pourquoi l’avis favorable du Cardinal Préfet de la Congrégation pour la foi, a été accueilli avec satisfaction et gratitude. »

Le travail est aujourd’hui poursuivi par une équipe interdisciplinaire, le dossier contenant 4 000 pages et soixante mille pièces. En 2009, Monseigneur Raymond Centène, évêque de Vannes, a de nouveau demandé officiellement que les autorités vaticanes examinent attentivement le dossier »[i]. Les personnes qui recevraient des grâces attribuées à Mère Yvonne-Aimée de Jésus sont invitées à les faire connaître à la Communauté des Augustines à Malestroit en France.

Par votre intercession, Mère Yvonne Aimée de Jésus, gardez nos cœurs brûlants d’amour pour le Christ afin que notre mariage porte du fruit et augmente en nous la capacité d’aimer.

Je vous salue Marie ×3

 

Frères et sœurs dans le Christ


« O Jésus, Roi d’Amour, j’ai confiance en ta Miséricordieuse Bonté ».

Mère Yvonne-Aimée de Jésus aimait cette invocation à Jésus Roi d’Amour, et elle eut toujours à cœur de la diffuser. Elle écrivait : « Cette invocation plaît aux malades et les console. Ils aiment cette prière parce que faisant appel à la Royauté du Christ, Jésus en son Amour, à sa Miséricorde, à sa Bonté, elle force en quelque sorte notre confiance et condense, en les résumant, nos invocations familières au Sacré-Cœur.

Par votre intercession, Mère Yvonne Aimée de Jésus, je confie au Seigneur les intentions de tous les membres de notre groupe de prière.

Je vous salue Marie ×3

Prière à Notre Dame

Prière du Père Léonce de Grandmaison


Sainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un coeur d’enfant,
pur et transparent comme une source ;
Obtenez-moi un coeur simple, qui ne savoure pas les tristesses,
Un coeur magnifique à se donner, tendre à la compassion,
un coeur fidèle et généreux, qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal.
Faites-moi un coeur doux et humble, aimant sans demander de retour,
joyeux de s’effacer dans un autre Coeur, devant votre divin Fils.
Un coeur grand et indomptable,
qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse,
Un coeur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ,
blessé de son Amour, et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel.
Amen

Bibliographie

Toutes les méditations de cette semaine sont tirées du site de la Communauté des Augustines de Malestroit :

http://www.augustines-malestroit.com/yvonne_aimee_de_Jesus.php