Avril 2016 - 3ème semaine

Pour tous les couples qui espèrent accueillir un enfant ou qui ont accepté l’idée de ne pas en avoir, pour tous les couples en démarche d’adoption…

« Courage, Calme, Confiance »  (devise empruntée au sanctuaire de Pellevoisin)

Au nom du Père et du Fils et Saint-Esprit. Amen.

Prions en ce jour avec :

Sainte Claudine Thévenet (Mère Marie de saint-Ignace) (1774-1887)

Religieuse, Fondatrice de la congrégation des religieuses de Jésus-Marie pour subvenir à l’éducation des enfants abandonnés.

Commémorée le 3 février

Saint_Claudine_Thevenet

Prions

« Dieu notre Père, tu as favorisé sainte Claudine Thévenet de l’expérience intime de ta bonté miséricordieuse, et tu l’as appelée à consacrer sa vie à l’éducation des jeunes en lui donnant de puiser dans le Cœur de ton Fils, un zèle ardent pour faire connaître et aimer Jésus et Marie.

Nous te prions : Fais de nous aussi les témoins de ton amour, livrés comme elle à l’action de l’Esprit, attentifs aux besoins de nos frères, surtout des plus démunis, et accorde-nous, par son intercession, à louange de ta gloire, la grâce d’accueillir des enfants dans notre famille » Amen [1]Congrégation des Religieuse Jésus-Marie.

 1. La Famille

« Il n’est pas de plus grand malheur que de vivre et de mourir sans connaître Dieu », aimait à répéter sainte Claudine Thévenet qui, elle, avait tout misé sur Dieu, comme le remarquait le Pape Jean-Paul II, lors de la béatification de cette religieuse lyonnaise :

« Claudine, qui a fait de sa vie religieuse une « hymne de gloire » au Seigneur, à l’imitation de la Vierge Marie qu’elle vénérait profondément, rappelle aux chrétiens qu’il vaut la peine de tout miser sur Dieu. À ceux et à celles que le Seigneur invite à se consacrer plus particulièrement à son service, elle confirme qu’il faut savoir perdre sa vie (cf. Mt 16, 25) pour que d’autres puissent aimer et connaître Dieu ; elle confirme aussi par son exemple que la plus belle réussite dans la vie, c’est la sainteté » (4 octobre 1981. Depuis, Claudine Thévenet a été canonisée le 21 mars 1993).

Claudine Thévenet, née à Lyon, le 30 mars 1774, est baptisée dès le lendemain à l’église Saint-Nizier. On la surnommera Glady ; elle est la deuxième d’une famille de sept enfants. Les douze premières années de sa vie se passent paisiblement dans sa famille, où la foi chrétienne est bien ancrée. De son père, Philibert Thévenet, commerçant, Claudine apprend la charité envers les faibles et les pauvres. De sa mère, elle hérite la vaillance chrétienne. Glady, qu’on appellera aussi « la petite violette », rend de menus services dans les soins du ménage.

À neuf ans, ses parents la confient aux Bénédictines de l’Abbaye Saint-Pierre, Place des Terreaux. Elle reçoit une formation intellectuelle et spirituelle solide ainsi que des notions de couture, broderie, etc. ; mais surtout, on lui inculque un grand amour de l’ordre et du soin en toutes choses. Claudine rentre précipitamment en famille lorsqu’éclate l’orage révolutionnaire, en 1789.

Par votre intercession, sainte Claudine, que le Bon Dieu garde notre couple solidement uni grâce à la prière et à l’espérance.

Je vous salue Marie ×3

2. La confiance en Dieu

La ville de Lyon est terriblement éprouvée par la Terreur. En réaction, une insurrection éclate le 29 mai 1793 contre le gouvernement de Paris, et se rend maîtresse de la ville après 24 heures de combat. Par mesure de prudence, Monsieur Thévenet conduit ses plus jeunes enfants chez une de ses sœurs à Belley. De Paris, on envoie des troupes : le 9 août, la ville de Lyon est assiégée. Monsieur Thévenet ne peut rentrer chez lui.

Les deux frères aînés de Claudine, Louis-Antoine (20 ans) et François-Marie (18 ans), se rangent sous les ordres du général de Précy, du côté des assiégés. Bombardée sans répit et réduite par la famine, Lyon capitule au bout de deux mois. Claudine se trouve seule avec sa mère, partageant avec elle une triple crainte : incertitude concernant son père et les quatre plus jeunes enfants ; le sort de son oncle maternel, Louis Guyot, resté en territoire occupé par les armées révolutionnaires ; et plus encore, le danger de ses deux frères au combat. Face à cette pénible situation, elle met en Dieu toute sa confiance, et s’applique à garder la sérénité.

Le dernier combat a lieu près de la demeure des Thévenet. Après la bataille, Glady se rend sur les lieux pour chercher ses deux frères. Elle s’approche de chacune des dépouilles, dévisageant les têtes, à la lumière d’une petite lanterne, car la nuit est tombée. Ses frères n’y sont pas. Partagée entre l’espoir et l’appréhension, elle retourne à la maison. Que dire à la pauvre maman ? Soudain, les voilà ! Sortis sans blessure de l’assaut final, ils se sont cachés dans une maison amie, puis passant par les toits, ils ont atteint leur demeure pour venir calmer l’angoisse de leur mère et de leur sœur. Hélas, la joie est de courte durée. Dénoncés, les deux frères sont arrêtés et emprisonnés en attendant d’être fusillés.

Le gouvernement révolutionnaire de Paris a ordonné une répression exemplaire. Chaque jour, des centaines de condamnés sont fusillés dans les terrains vagues des Brotteaux. Partout règnent l’insécurité et l’angoisse. Madame Thévenet voit cependant sa peine adoucie par le retour de Philibert, son époux. Celui-ci met tout en œuvre pour tenter de faire libérer ses fils ; mais ces derniers ne s’illusionnent pas.

Par votre intercession, sainte Claudine, que nos craintes soient balayées afin de nous abandonner totalement au Christ Jésus.

Je vous salue Marie ×3

3. La Foi

Jour après jour, la jeune fille scrute le cortège des condamnés. Le matin du 5 janvier 1794, elle examine le triste défilé habituel. Soudain son cœur se resserre : Louis et François! Elle vient de croiser le regard de ses frères enchaînés ensemble ! Tout, en elle, frémit d’horreur. Mais il faut aller jusqu’au bout, comme la Sainte Vierge accompagnant son Fils jusqu’au Calvaire. Elle se faufile péniblement près d’eux. Louis risque un signe au serviteur qui accompagne Claudine, en lui disant à mi-voix : « Baisse-toi et prends dans mon soulier une lettre pour notre mère ». Puis il dit à sa sœur : «Tiens, Glady, pardonne comme nous pardonnons!» Elle se souvient alors de la première parole de Jésus en croix : Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font! (Lc 23, 34).

Puis c’est la fusillade ; Claudine a le courage de se glisser à côté des victimes. Un bruit sinistre attire son attention : on achève à coups de sabre les survivants parmi lesquels elle reconnaît Louis et François. C’en est trop pour ses nerfs, toute sa vie elle en conservera une prédisposition à la migraine.

Il faut maintenant retourner auprès des siens. Sa main, encore glacée d’émotion, serre la précieuse lettre. Ce message d’adieu, touchant témoignage de foi ardente et de pardon, est un réconfort. Chacun des deux frères a écrit sa lettre et chaque lettre est signée par les deux. «Nous serons plus heureux que vous : dans quatre ou cinq heures, nous serons devant Dieu  Nous allons dans le sein de Dieu, ce bon Père que nous avons offensé, mais nous espérons tout de sa miséricorde». Ils ont pu tous les deux se confesser à un vieux prêtre infirme, incarcéré et condamné avec eux.

La lecture de ce « testament » ravive chez Claudine la conscience de sa responsabilité vis-à-vis de ses parents. Elle les aide à surmonter cette épreuve, précédée d’une autre tragédie, la mort par fusillade de Louis Guyot, frère de Madame Thévenet. La suprême recommandation des deux frères retentit sans cesse aux oreilles de Glady : «Pardonne comme nous pardonnons». Une fois le calme revenu à Lyon, le dénonciateur des deux jeunes gens ne sera pas accusé devant la justice par les Thévenet.

Cette noble attitude s’inspire de la doctrine de Notre-Seigneur. «L’enseignement du Christ, rappelle le Catéchisme de l’Église Catholique, va jusqu’à requérir le pardon des offenses. Il étend le commandement de l’amour, qui est celui de la loi nouvelle, à tous les ennemis (cf. Mt 5, 43-44)» (CEC, 1933). L’esprit de l’Évangile est incompatible avec la haine de l’ennemi; cela n’empêche pas de reconnaître et de haïr le mal accompli par lui.

Par votre intercession, sainte Claudine, que nous maintenions fermement en nous un grand désir de sainteté malgré nos imperfections et nos faiblesses.

Je vous salue Marie ×3

4. La Fécondité

Après avoir enseigné de vive voix le pardon des offenses, Jésus en a donné un exemple parfait : Lorsqu’on fut arrivé au lieu appelé: Calvaire, on mit Jésus en croix, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Jésus disait: « Père, pardonnez-leur: ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 33-34). «Jésus demande avec son cœur d’homme que le Père pardonne, commente le cardinal Journet : il faut, avec nos cœurs d’hommes, demander que le Père pardonne ». […] Le nouveau royaume est celui de l’amour : « Le pardon témoigne que, dans notre monde, l’amour est plus fort que le péché, dit le Catéchisme. Les martyrs, d’hier et d’aujourd’hui, portent ce témoignage de Jésus » (CEC, 2844).

Si le refus de pardonner referme notre cœur et le rend imperméable à l’amour miséricordieux du Père, à l’inverse, le pardon l’ouvre à la grâce. Ainsi, loin de faire naître l’agressivité ou l’amertume chez Claudine, l’épreuve, surmontée héroïquement, la prédispose à une grande compassion pour la détresse d’autrui. Peu à peu, se développe en elle un double sentiment : le désir de communiquer la connaissance intime de la bonté du Christ, et l’angoisse à la pensée du grand malheur de ceux qui ne connaissent pas Dieu.

Les dix années qui suivent la mort tragique de ses frères, voient Glady se livrer à une charité active et discrète. Elle rend service à la paroisse Saint-Bruno et consacre beaucoup de son temps aux pauvres. Elle souffre profondément de voir l’état alarmant de l’éducation. «La jeunesse n’a plus de mœurs, écrit en ce même temps un inspecteur de l’éducation nationale. Elle est confondue dans un libertinage affreux. Les enfants insultent les honnêtes gens et les vieillards ; on ne peut plus rien leur apprendre ; ils sont indisciplinables. Les filles, ne sachant point travailler, passent leur temps dans les guinguettes avec les soldats ; elles jurent le nom de Dieu et ont la bouche si pleine de paroles grossières qu’elles auraient fait rougir les grenadiers de mon temps. Que deviendra la génération future, si l’on n’apporte un prompt remède à de tels maux? ».

Ainsi, le sort de ces milliers de pauvres enfants, déshérités des biens de ce monde, qui grandiront, peut-être, sans jamais entendre prononcer le nom du Bon Dieu, fait frémir Claudine. Elle est de plus en plus persuadée qu’une des principales causes des maux de la Révolution est l’oubli de Dieu.

Son premier et principal recours est la prière. Elle adhère à la Confrérie du Sacré-Cœur, où l’adoration eucharistique est à l’honneur. Puis, elle conquiert d’autres jeunes filles éprises du même idéal. À l’occasion, au sortir de visites chez des miséreux, elles se réunissent et partagent leurs expériences d’apostolat.

Par votre intercession, sainte Claudine, gardez nos cœurs brûlants d’amour pour le Christ afin que notre mariage porte du fruit et augmente en nous la capacité d’aimer.

Je vous salue Marie ×3

5. L’ouverture aux autres

Arrive l’hiver 1815. Un jeune prêtre passant devant l’église Saint-Nizier aperçoit une ombre sous le porche ; il entend des sanglots étouffés. Deux fillettes en haillons, grelottant et mourant de faim, essaient de se mettre à l’abri du froid cinglant. Le prêtre devine que ces petites ont été abandonnées. Il les conduit au curé de la paroisse qui voit tout de suite la solution: «Allez frapper au n. 6 de la rue Masson, chez Mademoiselle Claudine Thévenet. Elle a un cœur de mère et anime toutes les bonnes œuvres de la paroisse». Claudine, émue jusqu’aux larmes, habille et soigne les deux enfants, puis se rend chez une de ses amies, Marie Chirat. C’est vite fait : les petites logeront chez Marie qui libère pour elles un des deux étages de sa maison. Quelques jours plus tard, cinq autres pensionnaires y sont reçues. Le lieu d’accueil de Mademoiselle Chirat devient « la Providence du Sacré-Coeur » et Claudine fait fonction de directrice.

Mais les choses n’en restent pas là. Le Père Coindre, conseiller spirituel de Claudine, suggère de former une organisation stable, avec un règlement précis et bien adapté. Le projet qu’il a rédigé se fonde sur la Règle de saint Augustin et les Constitutions de saint Ignace de Loyola. L’esprit intérieur de ce dernier sera le modèle des associées dans la vie apostolique. Le 31 juillet 1816, en la fête de saint Ignace, est instituée la « Pieuse Union du Sacré-Cœur de Jésus ». Claudine en est élue présidente. Un instant le trouble l’envahit, puis, après un moment de recueillement, imitant la Très Sainte Vierge Marie à l’Annonciation, elle accepte son élection.

La petite association rayonne de façon étonnante quoique discrète. Une deuxième « Providence » est ouverte, avec un ouvroir pour la fabrication de soieries. La « Pieuse Union » se développe: deux ans après la fondation, seize nouveaux membres s’y sont agrégés. Pendant ce temps, la première « Providence du Sacré-Cœur », logée chez Mademoiselle Chirat, prospère elle aussi; bientôt Claudine et ses compagnes ne peuvent plus s’y consacrer; l’œuvre est alors confiée aux sœurs de Saint-Joseph.

Tout en déployant un zèle ardent pour les œuvres apostoliques, Claudine vit encore chez sa mère. Cette maman éprouvée craint qu’un jour le Seigneur lui prenne Glady, en l’appelant à la vie religieuse. Celle-ci, de fait, est consciente d’une vocation spéciale de Dieu. C’est une heure douloureuse : avec délicatesse, Claudine prépare sa mère à la séparation. Le 5 octobre 1818, elle s’installe définitivement à la « Providence ». Cette première nuit hors du toit familial est une des plus terribles que Claudine ait vécues : «Il me semblait, dira-t-elle, m’être engagée dans une entreprise folle et présomptueuse, qui n’avait nulle garantie de succès, mais qui, au contraire, à tout considérer, ne devait aboutir à rien». Son grand amour pour Dieu et sa foi intense la soutiennent. Le Seigneur rappellera à lui Madame Thévenet deux ans plus tard, plongeant à nouveau Claudine dans la douleur, mais lui rendant en même temps une pleine liberté d’action.

Par votre intercession, sainte Claudine, nous confions nos amis, frères et sœurs et connaissances qui attendent la vie. Que l’Esprit-Saint anime en nous douceur et bonté, écoute et présence dans notre amitié pour chacun d’eux.

Je vous salue Marie ×3

6. L’engagement dans la société

L’atelier de fabrication de la soie fonctionne bien et allège les besoins financiers de la « Providence ». Cependant, le développement de l’œuvre nécessite son déménagement dans un local plus vaste sur la colline lyonnaise de Fourvière, en face de la vieille église consacrée à la Sainte Vierge. Bientôt l’apostolat s’étend : Claudine constate que les filles des familles aisées ne sont pas plus favorisées sur le plan religieux que celles des familles pauvres. Elle ouvre donc un pensionnat pour ces jeunes filles. Mais il lui faut construire un nouveau bâtiment et emprunter une forte somme. Or, la personne sur laquelle elle comptait pour l’aider financièrement, l’abandonne au dernier moment. Dans la prière, elle s’en remet totalement à Dieu qui ne peut manquer de la secourir. De fait, peu à peu, les dettes seront payées.

La petite communauté ne rencontre pas toujours la bienveillance. Les mauvaises langues critiquent cette entreprise et cherchent à ridiculiser la Supérieure. En passant par les rues, les fillettes et leurs maîtresses sont exposées à des plaisanteries de mauvais goût qui vont parfois jusqu’à l’insulte et la violence. Claudine, qui connaît la valeur du pardon, recommande de «souffrir les injures avec patience et d’y répondre par des paroles douces et gracieuses».

Sans l’avoir cherché, Claudine Thévenet a fondé une Congrégation. La disposition intérieure qu’elle désire susciter chez ses sœurs est de «faire toutes leurs actions dans le but de plaire à Dieu, et par un principe de foi». Elle et ses compagnes prennent un habit religieux ainsi qu’un nom nouveau : Claudine s’appellera désormais Mère Marie Saint-Ignace. En 1822, l’abbé Coindre est muté à Monistrol, dans le diocèse du Puy. À sa demande, Mère Marie Saint-Ignace y envoie quelques sœurs, et l’évêque du Puy approuve et érige leur Congrégation sous le nom de « Congrégation du Sacré-Cœur ».

Par votre intercession, sainte Claudine, nous vous confions toutes les lois et les idées du monde qui blessent la dignité que Dieu nous a donnée (Avortement, GPA, euthanasie, etc.).

Je vous salue Marie ×3

7. Frères et sœurs dans le Christ

De nombreuses souffrances vont encore atteindre Mère Marie Saint-Ignace : décès de l’abbé Coindre en 1826, mort prématurée de deux jeunes sœurs sur lesquelles elle comptait beaucoup, grave maladie qui met sa vie en danger, menace de fusion de sa Congrégation avec les Dames du Sacré-Cœur de sainte Madeleine-Sophie Barat, révolution de 1830 qui voit des combats dramatiques sur la colline de Fourvière et jusqu’en sa Maison, etc. Toutes ces épreuves sont de durs coups pour la Fondatrice qui demeure cependant énergique et sereine, aimant à répéter à ses religieuses : «Que la charité soit comme la prunelle de vos yeux», et encore : «Soyez disposées à tout souffrir des autres et à ne rien faire souffrir à personne».

En février 1836, l’abbé Pousset est nommé aumônier des sœurs. Bien vite, Mère Saint-Ignace, qui compte sur lui pour l’aider à obtenir de Rome l’approbation de sa Congrégation, est déçue. Ce prêtre ne peut souffrir la spiritualité de saint Ignace dont s’inspirent les sœurs. De plus, malgré ses qualités d’orateur, de zèle, d’ordre et de bon goût pour la liturgie, il outrepasse ses droits. En toute conscience, la Mère se voit contrainte de lui résister humblement mais fermement. Elle ne peut laisser l’abbé s’ériger en supérieur absolu et transformer à sa guise le style de vie et l’esprit que Dieu a voulu pour la Congrégation. De nombreuses scènes pénibles se produisent. Au fil des mois, la santé de Mère Marie Saint-Ignace décline.

Le 29 janvier 1837, elle reçoit les derniers sacrements en présence de toute la communauté. L’abbé Pousset adresse alors en public à la mourante un blâme cinglant : «Vous avez reçu des grâces pour convertir un royaume entier : qu’en avez-vous fait? Vous êtes un obstacle au progrès de votre Congrégation. Que répondrez-vous à Dieu qui vous demandera compte de tout?» Mère Marie Saint-Ignace conserve un visage calme. Elle avouera cependant, à quelques-unes de ses religieuses, qu’en entendant ces paroles elle a failli éclater en sanglots. Mais son cœur miséricordieux sait accorder un ultime pardon. Le jour même, frappée de paralysie, elle entre en agonie, incapable d’articuler une parole, sauf celle-ci : «Que le bon Dieu est bon!» Deux jours plus tard, elle rend son âme à Dieu.

Le grain mis en terre, humilié, conformé au Christ, a porté beaucoup de fruit. La famille religieuse de sainte Claudine Thévenet, devenue « Congrégation des religieuses de Jésus-Marie », compte aujourd’hui plus de deux mille sœurs et des maisons dans les cinq continents.

Par votre intercession, sainte Claudine, je confie au Seigneur les intentions de chacun des membres de notre groupe de prière.

Je vous salue Marie ×3

Final :

Prière à Notre Dame

(Prière du Père Léonce de Grandmaison)

vierge-dorée fourvièreSainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un cœur d’enfant, pur et transparent comme une source ;

Obtenez-moi un cœur simple, qui ne savoure pas les tristesses,

Un cœur magnifique à se donner, tendre à la compassion, un cœur fidèle et généreux, qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal.

Faites-moi un cœur doux et humble, aimant sans demander de retour, joyeux de s’effacer dans un autre Cœur, devant votre divin Fils.

Un cœur grand et indomptable, qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse,

Un cœur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ, blessé de son Amour, et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel.

AMEN

 

Bibliographie :

Lettre de Dom du 14 décembre 1998 d’Antoine Marie osb, abbé l’Abbaye Saint-Joseph de Clairval, Lien web