Décembre 2016 - 1ère semaine

Pour tous les couples qui espèrent accueillir un enfant ou qui ont accepté l’idée de ne pas en avoir, pour tous les couples en démarche d’adoption…

« Courage, Calme, Confiance »  (devise empruntée au sanctuaire de Pellevoisin)

Au nom du Père et du Fils et Saint-Esprit. Amen.

Prions en ce jour avec :

Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916)

Officier, explorateur, géographe, religieux de l’Ordre cistercien de la stricte observance, ermite, linguiste

Commémoré le 1er décembre

Ce jeudi 1er décembre, nous fêtons les 100 ans de son entrée dans la gloire.

 charlesdefoucauld

Prions avec les mots même du bienheureux Charles :

Mon Père Je m’abandonne à toi. Fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoique tu fasses de moi, je te remercie. Je suis prêt à tout, j’accepte tout.
Pourvu que ta volonté se fasse en moi et en toutes tes créatures, je ne désire rien d’autre mon Dieu.
Je remets ma vie entre tes mains.

Je te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur parce que je t’aime,
et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me remettre entre tes mains sans mesure avec une infinie confiance,
car tu es mon Père
.

 1. La Famille

 

Charles de Foucauld de Pontbriand est né le 15 septembre 1858 à Strasbourg, au sein d’une noble famille périgourdine à la devise fière : « Jamais arrière ». Sa Maman, une sainte femme, lui apprend très jeune le catéchisme qu’il retient avec facilité. Malheureusement, à quelques mois d’intervalle, Charles et sa petite sœur, âgés de 5 et 2 ans, sont brutalement privés de leurs parents et recueillis par leur grand-père, Monsieur de Morlet, colonel en retraite. Il est marqué par ce précepte que ce dernier lui répète : « Quand on part en disant qu’on va faire quelque chose, il ne faut jamais revenir sans l’avoir accompli. » Très tôt, il est conditionné par la vie des martyrs si bien qu’il n’imagine pas d’autre destinée.

La guerre de 70 contraint la famille à déménager de Strasbourg à Nancy. Son goût effréné de la lecture l’entraîne à perdre la foi : il n’a en effet aucun maître pour le diriger dans ses lectures. Chaque œuvre lue lui donne de nouvelles objections contre la religion catholique, contre l’Église, contre sa foi. Cette expérience le conduira à mettre en garde contre la lecture désordonnée dans la jeunesse. Le jeune Charles de Foucauld ne croit plus en Dieu ; il ne pratique plus. Déboussolé, il passe six années à dépenser tout son argent, légué par son grand-père, dans des fêtes organisées pour ses amis. Il collectionne les conquêtes féminines sans respect pour elles et pour lui.

Après avoir été renvoyé de la célèbre institution Sainte-Geneviève, Charles intègre péniblement l’école militaire de Saint-Cyr. Malgré des punitions liées à son comportement et à son indiscipline, il parvient à être envoyé à Saumur pour devenir officier de cavalerie. En raison de sa mauvaise conduite et de sa nonchalance, il sort dernier de Saumur. Il intègre le 4e Hussards à Pont-à-Mousson. En décembre 1880, son régiment part pour Sétif, en Algérie, où le scandale éclate. Il est mis en non-activité pour indiscipline et inconduite notoire, puis sommé de regagner la France.

Il ne tarde pas à s’ennuyer ; les journaux lui apprennent que son régiment est dans la tourmente. Son sang ne fait qu’un tour : il abandonne sa conduite et réintègre l’armée. Sa conduite est celle d’un soldat de premier ordre. Sans combattre lui-même, il se dépense beaucoup et révèle progressivement ses véritables qualités naturelles. Ses chefs le regardent différemment, ses compagnons l’admirent, l’Afrique lui sourit. Mais, au retour de cette mission, il rentre en garnison et s’ennuie. Il démissionne de l’armée en 1882.

Par votre intercession, Bienheureux Charles, que le Bon Dieu garde notre couple solidement uni grâce à la prière et à l’espérance.

Je vous salue Marie ×3

2. La Fécondité

 

Lorsqu’il démissionne de l’armée, il a le projet d’effectuer une expédition au Moyen-Orient. Il opte finalement pour le Maroc qui menace la paix que la France tente d’établir dans le Sahara. Il décide de partir en reconnaissance, afin de préparer la pacification du pays, encore indépendant. […] Il sait déjà qu’il ne peut voyager sous sa véritable identité : un Européen blanc, français et chrétien est certain d’être tué. Il choisit de revêtir la tunique d’un rabbin, adoptant une fausse identité de juif allemand : le rabbin Joseph Aleman. […]

Les onze mois qu’il passe au Maroc sont très durs : 2250 kilomètres d’itinéraires nouveaux sont relevés, 3000 altitudes sont notées, ainsi que 45 longitudes et 40 latitudes. Son caractère se fortifie : il retrouve naturellement une dignité, une virilité qui le pousse à renouer avec certaines traditions et valeurs de sa famille. S’il ne redevient pas catholique pour autant, il subit néanmoins un choc religieux à la vue de tous les musulmans qui pratiquent leur religion avec piété et publiquement.

Lui l’héritier d’une grande tradition spirituelle est profondément gêné par son manque de foi. Il décèle un manque ; l’islam agit comme un révélateur… Charles de Foucauld admet que, sous cet aspect (uniquement), l’islam eut le mérite de le séduire ; il refuse toutefois à prendre au sérieux sa doctrine. Il en dénonce même les mensonges et erreurs ; systématisation simpliste des dogmes, morale aveugle, doctrine teintée de violence, etc. Il estime que l’islam ne mérite aucune estime, alors que les musulmans sont dignes d’intérêt. Plus tard, après sa conversion, il appelle les musulmans ses « amis », ses « frères », que Jésus est venu également sauver, en mourant sur la croix. Ce périple au Maroc lui vaut de devenir le plus grand explorateur français de son temps. En janvier 1885, la Société de Géographie de Paris lui décerne sa médaille d’or. Il publie son livre Reconnaissance au Maroc qui connaît un franc succès. Mais il est déjà reparti en Tunisie, en Algérie… Progressivement, il effectue un retour à une vie rangée, à un objectif, à un idéal.

Par votre intercession, Bienheureux Charles, gardez nos cœurs brûlants d’amour pour le Christ afin que notre mariage porte du fruit et augmente en nous la capacité d’aimer.

Je vous salue Marie ×3

3. La Foi

 

Il rentre alors en France et reprend contact avec sa famille, notamment les femmes restées proches de lui par leur affection et leurs prières, surtout sa cousine Marie de Bondy, son amie et sa plus belle confidente. Charles de Foucauld reconnaît le rôle majeur de sa cousine dans sa conversion : « Une belle âme Vous secondait, Seigneur, mais par son silence, sa douceur, sa bonté, sa perfection ; elle se laissait voir, elle était bonne et répandait son parfum attirant, mais elle n’agissait pas ! Vous, mon Jésus, vous faisiez tout au-dedans comme au-dehors ! »

Il fréquente sporadiquement les églises et rouvre un livre de méditations, offert par sa cousine des années auparavant, lors de sa première communion : Élévations sur le Mystère de Mgr Jacques-Bénigne Bossuet. A Paris, il visite des églises et répète continuellement cette prière : « Mon Dieu, si vous existez, faites-le-moi connaître. » Il écrit même à sa cousine : « Que vous avez de la chance, vous qui croyez ! Moi, cela fait douze ans que j’ai tout perdu. »

Charles de Foucauld cherche un homme qui pourrait l’instruire. Il se décide à rencontrer un prêtre que connaît sa famille : l’abbé Henri Huvelin, ancien de Normale Sup et vicaire de la paroisse Saint-Augustin. Ce dernier est connu pour sa grande intelligence, sa profonde vie de prière, ses conférences de grande qualité, les conversions d’athées qu’il a indirectement provoquées, etc. Un matin du mois d’octobre 1886, il entre dans l’église Saint-Augustin et demande à rencontrer le prêtre, alors en train de confesser :
Monsieur l’abbé, je n’ai pas la foi ; je viens vous demander de m’instruire.
– Mettez-vous à genoux ! Confessez-vous à Dieu : vous croirez.
– Mais je ne viens pas pour cela, je viens pour que vous me parliez de la religion.
– À genoux et confessez-vous !
Choc salutaire, il obéit, se soumet et se confesse humblement. Le prêtre lui dit alors :
– Est-ce que vous êtes à jeun ?
Oui.
– Allez donc communier.
Il part communier, comme si c’était la première fois, à l’autel de la Sainte Vierge. L’illumination se produit à cet instant, non qu’il croit à tout, d’emblée ; plusieurs années seront nécessaires pour qu’il fasse siennes toutes les vérités professées par l’Église. Il connaît et reconnaît néanmoins une vérité : Dieu existe. « Aussitôt que je crus qu’il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour lui : ma vocation religieuse date de la même heure que ma foi. » Il sait dans l’instant qu’il est appelé à ne vivre que pour Dieu, pour Jésus. Il se confie aussitôt à l’abbé Huvelin, instrument de sa conversion, qui devient plus qu’un accompagnateur spirituel, un véritable père, jusqu’en 1910.

Par votre intercession, Bienheureux Charles, que nous maintenions fermement en nous un grand désir de sainteté malgré nos imperfections et nos faiblesses.

Je vous salue Marie ×3

4. La confiance en Dieu

 

« Notre Seigneur a tellement pris la dernière place que personne n’a pu la lui ravir », s’exclame un jour l’abbé Huvelin du haut de sa chaire. Ces quelques mots bouleversent Charles de Foucauld et orientent toute sa vie : cette « dernière place » devient la perpétuelle quête du jeune converti. Jusqu’en 1890, Charles de Foucauld cherche où Dieu l’appelle. […]

Après bien des tâtonnements, chez les jésuites et les bénédictins, il se sent appelé à la Trappe, attiré par la fondation Trappiste dans l’actuel territoire de la Syrie, à Akbès : la Trappe de Notre-Dame du Sacré-Cœur. Il prend le nom de frère Marie-Albéric. Il obtient d’être rapidement envoyé là-bas où il vit, jusqu’en 1896, une existence de moine européen en pays de mission, en terre d’islam. Nous sommes à l’époque des martyrs arméniens. L’armée turque intervient dans un contexte tourmenté : si l’abbaye est préservée, les chrétiens aux alentours sont en revanche massacrés. Frère Marie-Albéric est mortifié par ce qu’il voit. Il comprend que le temps de son propre martyre n’est pas encore arrivé.

Sa quête intérieure se trouve quelque peu modifiée par ce qu’il vit. Il trouve son existence trop aisée. Il recherche une vie plus exigeante, plus proche de celle qu’il conçoit comme son idéal. […] Il a le projet d’un ordre dont l’unique règle serait l’idéal de Nazareth… la dernière place. Les moines vivraient en terre infidèle ; le travail de leurs mains assurerait leur subsistance ; ils refuseraient tout don, s’abstiendraient de toute quête et se priveraient pour les pauvres. Il trouve son confesseur qui l’exhorte à la patience et à la prudence. L’abbé Huvelin, plus catégorique, ne s’en laisse pas compter et lui répond : « Au surplus, vous n’êtes pas fait, pas du tout fait, pour conduire les autres. » Frère Marie-Albéric obéit de nouveau. Mais au mois d’avril 1894, il est chargé de prier sur la dépouille d’un Arabe catholique, dans le village voisin. La misère qu’il découvre le bouleverse : « Quelle différence entre cette maison et nos habitations. Je soupire après Nazareth ! »

Il reprend son projet de fondation et en rédige le règlement dans ses moindres détails. L’abbé Huvelin lit avec stupeur la règle écrite par son fils spirituel. L’excès de rigueur lui fait peur, mais il sent un appel de Dieu… Il répond par lettre : « Votre règle est absolument impraticable… À vous dire vrai, elle m’a effrayé ! Vivez à la porte d’une communauté, dans l’abjection que vous souhaitez, mais ne tracez pas de règle, je vous en supplie ! » Frère Marie-Albéric trouve aussitôt ses supérieurs pour leur faire part de son souhait. Ces derniers l’envoient à Rome pour poursuivre ses maigres études de théologie. Il a alors 38 ans.

Cette mission romaine est en réalité un prétexte pour permettre au supérieur général de la Trappe, don Sébastien Viar, d’étudier le « cas Charles de Foucauld » ; les rapports disent qu’il s’agit d’un sujet particulier, à la vocation exceptionnelle, probablement inadapté à la vie des trappistes. En janvier 1897, Don Sébastien Viar le convoque pour lui signifier qu’il lui rend sa liberté, à la condition qu’il ne fonde aucun ordre […] En sortant de la cérémonie, il entre dans une église où il compose un très beau commentaire du Notre Père. Sa décision est prise : il part de nouveau en Terre Semaine, quelques semaines plus tard.

Par votre intercession, Bienheureux Charles, que nos craintes soient balayées afin de nous abandonner totalement au Christ Jésus.

Je vous salue Marie ×3

5. L’ouverture aux autres

 

Cette courte période est charnière dans la vie de Charles de Foucauld. Il part incognito en Terre Sainte, où il débarque le 24 février 1897, pour trouver un emploi de domestique dans un couvent. Il se présente sous un faux nom chez les clarisses de Nazareth qui l’acceptent. Il pose comme conditions : une tranche de pain à midi, une autre le soir, un peu de temps pour la prière, et la vieille cabane comme logement. Mère Saint-Michel, supérieur du couvent, insiste en vain pour qu’il accepte au moins un potage à midi ; le pénitent est intransigeant. Une planche lui sert de lit et une pierre d’oreiller. Il se fait appeler frère Charles. Toute la journée, il fait office de maçon, menuisier, jardinier, pratiquant tant bien que mal ces métiers auxquels lui, vicomte de Foucauld, ne connaissait pas grand chose il y a encore peu. Les habitants se moquent de lui, les gamins lui jettent des pierres, il sourit, rajoute une plaisanterie et passe son chemin : « Je jouis à l’infini d’être pauvre, vêtu en ouvrier, domestique, dans cette basse condition qui fut celle de Jésus Notre Seigneur, et, par surcroît de grâce exceptionnel, d’être tout cela à Nazareth. »

Son humilité dans le labeur féconde sa vie spirituelle. Il passe de longues heures quotidiennes en adoration et contemplation du Saint-Sacrement.

L’abbé Huvelin lui ayant donné l’ordre de prendre des notes quand il fait ses oraisons et méditations, il passe également plusieurs heures à consigner par écrit les grâces qu’il reçoit, les oraisons jaculatoires qui jaillissent spontanément de son cœur… Il commente les Saintes Écritures et recopie des pages entières d’ouvrages qui le nourrissent. Charles de Foucauld vit une intense période mystique, dans un désert qu’il affectionne : « Il nous faut passer par le désert pour apprendre à recevoir de Dieu. »

Mère Saint-Michel prend conscience de la personnalité exceptionnelle de son humble employé et le presse de devenir prêtre, pour être totalement configuré au Christ. Elle demande au conseil à la Mère Élisabeth, supérieure des clarisses à Jérusalem. Cette dernière le rencontre et confie à ses filles : « Nazareth ne s’est pas trompé… nous avons un saint dans la maison. » […] Lui qui avait toujours refusé jusqu’à présent se laisse peu à peu convaincre : si son objectif est d’imiter parfaitement Jésus Christ, il est indispensable d’être prêtre. […] Il est ordonné prêtre le 9 juin 1901 dans la chapelle du grand séminaire de Viviers, comme diocésain.

En son cœur, il n’a qu’un désir : partir en mission, porter Jésus aux peuples qui ne le connaissent pas. Il ne se définit pas comme missionnaire, mais comme moine en mission. […]Le mystère qu’il aime méditer est celui de la Visitation : il veut apporter Jésus auprès de tous, d’abord à ceux qui en ont le plus besoin ; non plus à l’échelle d’Élisabeth, mais à celle des plus pauvres.

Par votre intercession, Bienheureux Charles, nous confions nos amis, frères et soeurs et connaissances qui attendent la vie. Que l’Esprit-Saint anime en nous douceur et bonté, écoute et présence dans notre amitié pour chacun d’eux.

Je vous salue Marie ×3

6. L’engagement dans la société

 

Les pauvres que Charles de Foucauld connaît, ce sont ceux qu’il a vus lors de ses pérégrinations aventureuses au Maroc. Rares sont ceux qui connaissent Jésus dans ces contrées arides ; rares sont ceux qui ont vu ne serait-ce qu’un prêtre ou un religieux. La plus grande pauvreté, pour Charles de Foucauld, est cette méconnaissance de Celui qui est Amour. La véritable pauvreté est l’éloignement de Jésus. Il part donc en direction du Maroc mais doit s’arrêter à la porte : la pays est en pleine anarchie intérieure. […]

Charles de Foucauld se met au service des pauvres, à commencer par les nègres, esclaves des musulmans et des Arabes. Le rêve marocain s’éloigne définitivement. Le père Charles de Foucauld s’installe à Beni-Abbès et fonde un premier ermitage. Nous sommes le 28 octobre 1901. Le 1er décembre, le père de Foucauld célèbre sa première messe dans son nouvel ermitage, et installe, derrière le maître-autel, « un grand Sacré-Cœur, en pied, à peu près grandeur naturelle : le Sacré-Cœur pénitent, étendant ses bras pour embrasser, serrer, appeler tous les hommes… ». Il a 43 ans. Le père de Foucauld est heureux : « Je veux habituer tous les habitants, chrétiens, musulmans, juifs et idolâtres, à me regarder comme leur frère, le frère universel. Ils commencent à appeler la maison  »la fraternité » (la khaoua en arabe) et cela m’est doux. »

L’ermite est confronté à un drame contre lequel il tente de s’élever avec ses maigres moyens: l’esclavage. Il crie son indignation en vain, et se sent impuissant. Il parvient rarement à racheter quelques personnes, dont les plus connus sont un petit Noir qu’il baptise sous le nom d’Abd Jesus (Serviteur de Jésus) et Paul Embarek qui, après bien des vicissitudes, devient son serviteur jusqu’à la mort du missionnaire, à laquelle il assiste.

Il connaît alors une solitude qui l’écrase progressivement. C’est le temps de la désolation, durant lequel il ne fait que s’accuser lui-même : « Pour avoir des frères, il faut que je devienne meilleur, me convertisse, meure, comme le grain de blé qui, s’il ne meurt pas, reste seul. […] Qu’est-ce que cela peut faire que je sois solitaire et pauvre, si Vous, Vous êtes riche et heureux ? »

L’ermite rencontre celui qu’il qualifie à plusieurs reprises d’« ami incomparable » : le colonel Laperrine. […]Avec lui, il commence le 13 janvier 1904 son premier voyage vers le Sud algérien […] Le père de Foucauld est rapidement conquis par le monde des Touareg, dont il veut apprendre la langue, le tamahaq, pour leur traduire les évangiles… Il sait qu’il est encore trop tôt pour s’installer à l’ombre du Hoggar et retourne à Ghardaïa : cinq mille kilomètres en dix mois.

Le père de Foucauld est déjà dans l’âme l’apôtre des Touareg ; il se précipite pour voir Mgr Guérin à qui il présente sa première traduction des évangiles en tamahaq. La voie est libre : le 8 juin, l’ermite, accompagné de Paul Embarek, part pour s’installer durablement au Sahara. Où ? Le prêtre choisit un carrefour fréquenté du Hoggar, un lieu devenu grâce à lui connu : Tamanrasset, immense plateau aride, pierreux, à 1500 mètres d’altitude. Le village est situé à 700 kilomètres d’In-Salah et à 1200 de Beni Abbès. L’armée l’aide à construire un ermitage :  »la Frégate », surnom donné par Laperrine en raison de sa forme effilée, tel un vaisseau prêt à s’élancer sur les plus proches dunes du Sahara. Il y vit les onze dernières années de sa vie, en ermitage.

Quinze jours sont nécessaires pour que le courrier soit acheminé jusqu’à lui, du premier poste français. Il ne rencontre que deux ou trois Européens par an. […]

Le père Charles de Foucauld recherche la dernière en place en vivant de la vie de Jésus à Nazareth. Son désir est toujours d’être le « petit frère universel », et il se fait serviteur des serviteurs. Il rayonne de l’évangile par toute sa vie, implante Jésus dans le paysage, mène une vie de prière intense, avec le Saint-Sacrement fréquemment exposé ; il se lie d’amitié avec les habitants du Sahara pour leur montrer ce qu’est une vie de chrétien. Sa porte est toujours grande ouverte pour ceux qui le souhaitent : « C’est en aimant les hommes qu’on apprend à aimer Dieu », répète-t-il.

Il mesure les obstacles : il ne parle pas leur langue, les touaregs n’ont que très peu de formation et de culture religieuse. Il comprend alors qu’il ne verra probablement pas les fruits de son travail. Il se sait semeur, et non moissonneur. Il prépare toutes ces peuplades pour les missionnaires à venir. Il prie pour que des frères viennent le rejoindre, que l’Église lance une vaste offensive spirituelle sur la région. La prière n’est évidemment pas un frein à l’action : il apprend le touareg, traduit des milliers de vers et écrit le premier dictionnaire touareg-français, de 2 028 pages, et qui fait encore autorité aujourd’hui. Il aide aussi les habitants à s’ouvrir aux techniques modernes : jardins, maisons en dur, cheminées…

Par votre intercession, Bienheureux Charles, nous vous confions toutes les lois et les idées du monde qui blessent la dignité que Dieu nous a donnée (Avortement, euthanasie, GPA, etc.).

Je vous salue Marie ×3

7. Frères et soeurs dans le Christ

 

A partir de 1908, Charles de Foucauld connaît la plus grande désolation de son existence : « Aimer, c’est se livrer comme Jésus sur la croix. » Il fait l’expérience de la solitude, de l’abandon et de la maladie mortelle. Les échecs succèdent aux échecs. Les conversions sont nulles. Ses projets de fondation de fraternité s’effondrent les uns après les autres. Personne ne désire vivre avec lui en ermite ascétique. Il n’a ainsi aucun disciple. Lui qui rêvait de célébrer chaque jour l’Eucharistie et de porter mystérieusement la présence de Jésus en terre d’islam n’a plus l’autorisation de Rome de célébrer la messe seul. Il était venu pour servir les pauvres qui admiraient sa générosité. Il n’a plus rien à offrir, en ces temps de sécheresse qui frappe l’ensemble des régions du Hoggar. Ce sont quelques femmes, parmi les plus pauvres, qui lui sauvent la vie en lui donnant un peu de lait de chèvre. Le père de Foucauld apprend enfin à recevoir et se réconcilie avec sa fragilité.

Il voulait être frère des petits, il est devenu petit frère. Il sait désormais qu’un pauvre aidé demeure un pauvre, mais qu’un pauvre aimé devient un frère. Il a mis le doigt sur sa pauvreté, sa petitesse. Il offre tout, douloureusement, jusqu’au bout : « Il n’y a pas d’oblation sans immolation. » Il entend cette parole du Seigneur à saint Paul : « Ma grâce te suffit… ma force se déploie dans ta faiblesse. » (2 Co 12, 9). Il écrit quelques mois plus tard à Marie de Bondy, sa si chère cousine : « Notre anéantissement est le moyen le plus puissant que nous ayons de nous unir à Jésus et de faire du bien aux âmes. »

L’ermite est horriblement seul, sans secours ni ami. Il écrit : « Plus tout nous manque sur terre, plus nous trouvons ce que peut nous donner de meilleur la terre : la CROIX. » Suit le dessin d’un Sacré-Cœur… toujours Lui…

En août 1914, la guerre éclate en Europe. […]Le Sahara prend feu à son tour : la guerre sainte est prêchée un peu partout dans les tribus ralliées à la France. […] Les postes français sont de plus en plus attaqués. L’isolement du Père inquiète l’autorité militaire qui, au début de 1916, décide la construction d’un bordj. Le père de Foucauld s’occupe lui-même des travaux, secondé par un certain Paul Embarek, Africain attiré par la personnalité du religieux. Le 23 juin 1916, il abandonne sa chère Frégate pour le bordj : « J’ai transformé mon ermitage en fortin… Je pense, en voyant mes créneaux, aux couvents fortifiés et aux églises fortifiées du Xe siècle. »

Toutefois, sa vie ne change pas pour autant. Le vendredi soir, 1er décembre 1916, le père de Foucauld est seul dans le bordj. Un groupe de sicaires senoussistes (secte musulmane dont le chef est à l’origine du soulèvement du Sahara) pénètre dans ce fortin, le pille et fait prisonnier le missionnaire. Beaucoup de mystères demeurent autour de la mort du père de Foucauld. Que s’est-il passé ? Le père de Foucauld s’est pris une balle dans la tête. Ce qui est certain, c’est que Paul Embarek était présent à l’exécution, comme prisonnier. Il l’a d’ailleurs racontée à plusieurs reprises, par des témoignages qui changeaient d’une fois à l’autre, au risque de se contredire. Un mystère demeure donc : est-il un martyr de la foi, lui qui avait écrit : « Vis comme si tu devais mourir martyr aujourd’hui » ? Tel est le point encore discuté. Certains éléments tendraient à le prouver… Le courrier était prêt et dans l’une de ses lettres, il avait écrit : « Quand on peut souffrir et aimer, on peut beaucoup, on peut le plus qu’on puisse en ce monde … On trouve qu’on n’aime pas assez… comme c’est vrai. On n’aimera jamais assez. »

Par votre intercession, Bienheureux Charles, je confie au Seigneur les intentions de chacun des membres de notre groupe de prière.

Je vous salue Marie ×3

Final :

Prière à Notre Dame

(Prière du Père Léonce de Grandmaison)

vierge-afriqueSainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un coeur d’enfant, pur et transparent comme une source ;

Obtenez-moi un coeur simple, qui ne savoure pas les tristesses,

Un coeur magnifique à se donner, tendre à la compassion, un coeur fidèle et généreux, qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal.

Faites-moi un coeur doux et humble, aimant sans demander de retour, joyeux de s’effacer dans un autre Coeur, devant votre divin Fils.

Un coeur grand et indomptable, qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse,

Un coeur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ, blessé de son Amour, et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel.

AMEN

 

Bibliographie :

Remerciements à Laurent Touchagues, président des Amis de Charles de Foucauld, Lien web