Octobre 2017 - 3ème semaine

Pour tous les couples qui espèrent accueillir un enfant ou qui ont accepté l’idée de ne pas en avoir, pour tous les couples en démarche d’adoption…

« Courage, Calme, Confiance »  (devise empruntée au sanctuaire de Pellevoisin)

Au nom du Père et du Fils et Saint-Esprit. Amen.

 

Prions en ce jour avec les voyants de Notre-Dame de Fatima (1917)

Saint François Marto (1908-1919)

Commémoré le 4 avril

Sainte Jacinthe Marto (1910-1920)

Commémorée le 20 février 

Vénérable Lucie Dos Santos(1907-2005)

Carmélite, Sœur Maria Lúcia de Jésus et du Cœur Immaculé

 

Prions avec la prière de l’ange aux trois bergers :

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime.

Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas,

qui n’adorent pas,

qui n’espèrent pas

et qui ne Vous aiment pas.

La Fécondité


Pour faire connaître son message, la très sainte Vierge a choisit un petit bourg retiré, loin de l’agitation des grandes villes : Fatima, au Portugal, où Elle apparut sept fois à 3 petits enfants : Jacinthe, François et Lucie à Fatima, paroisse rurale de 2500 âmes en 1917, situé à 130 km au nord de Lisbonne. […] Les habitants sont des paysans rudes et laborieux, constamment occupés aux travaux des champs, sur ce sol ingrat.[…]

La petite Lucie avait 10 ans au moment des apparitions.[…]La petite Jacinthe avait un caractère doux et tendre. Elle n’avait que 7 ans au moment de la première apparition. Son frère François, deux ans de plus qu’elle, avait le même caractère que son père : humble et doux. Dès la première apparition de la sainte Vierge, les trois petits voyants surent s’imposer des sacrifices héroïques. Toute mortification leur paraissait légère. Ils en vinrent au point de porter une rude corde autour de la taille.

Les vertus cachées des petits bergers captivaient les âmes simples qui venaient leur confier leurs détresses et se recommander à leurs prières. L’école à Fatima étant proche de l’église, les petits voyants profitaient de l’entrée et de la sortie des classes pour aller rendre visite à Notre Seigneur et passer de longues heures auprès du tabernacle. Jacinthe et François surtout, à qui la Vierge avait promis de venir les chercher bientôt pour les emmener au Ciel, et qui se jugeaient, pour cela, facilement dispensés de fréquenter les classes, se retiraient ainsi souvent, pour parler, seul à seul, avec « Jésus caché », mais les autres s’apercevaient qu’ils étaient à l’église et se présentaient pour leur parler et se faire recommander à Notre-Dame, chose que les pastoureaux s’efforçaient de se rappeler le mieux qu’ils pouvaient.

Et ce n’était pas seulement à l’Eglise qu’on s’adressait aux enfants : « Un jour, raconta Lucie, nous rencontrâmes une pauvre femme, qui, en pleurant, vint s’agenouiller devant Jacinthe, pour lui demander d’obtenir de Notre-Dame la guérison d’une terrible maladie. Jacinthe, en voyant cette femme à genoux devant elle, en fut peinée, et saisit ses mains tremblantes pour la relever. Voyant qu’elle n’y parvenait pas, elle s’agenouilla aussi, et récita avec elle trois « Ave Maria ». Ensuite elle lui demanda de se relever, et lui dit que Notre-Dame la guérirait. Elle ne manqua pas de prier tous les jours pour cette pauvre femme, jusqu’à ce que, celle-ci, au bout d’un certain temps, revint remercier Notre-Dame de sa guérison.

Une autre fois, se présenta un soldat qui pleurait comme un enfant. Il avait reçu l’ordre de partir sur le front, laissant sa femme malade au lit, avec trois enfants. Il demandait la guérison de sa femme ou la révocation de l’ordre du départ. Jacinthe l’invita à dire le chapelet et lui dit : « Ne pleurez pas ! Notre-Dame est si bonne !… Certainement elle vous fera la grâce que vous demandez ». Elle n’oublia pas le soldat dans ses prières : à la fin du chapelet, elle disait toujours un « Ave Maria » pour lui. Au bout de quelques mois, il reparut, avec sa femme et ses enfants pour remercier Notre-Dame des deux grâces qu’il avait obtenues. A cause d’une très forte fièvre qui lui était arrivé la veille du départ, il avait été libéré du service militaire, et sa femme avait été guérie par Notre-Dame. »

Lucie rapporte encore que le fils d’une ses tantes avait quitté la maison paternelle depuis longtemps et personne ne savait ce qu’il était devenu. De passage à Fatima, n’ayant pas trouvée Lucie, elle demanda à Jacinthe de prier pour son fils. Au bout de quelques jours, le fils reparut à la maison, demanda pardon à ses parents et raconta qu’après maintes aventures malheureuses, il tomba à genoux, se mit à prier, et vit Jacinthe qui lui prit la main, le conduisant à la route qui va de Alqueidao à Reguengo, et lui fit signe de continuer par là. Il affirmait avoir vu Jacinthe et l’avoir parfaitement reconnue. Interrogée, la fillette répondit qu’elle ne savait même pas où se trouvait cette route où le jeune homme s’était perdu. « J’ai seulement prié beaucoup Notre-Dame pour lui, car j’avais du chagrin en pensant à la tante de Lucie ». Telle fut sa réponse. Comment donc cela avait-il pu se produire ? Dieu seul le sait. François et Lucie obtinrent eux aussi de Notre-Dame beaucoup de grâces en faveur de ceux qui se recommandaient à leurs prières[1].

Par votre intercession, Saints Lucie, François et Jacinthe, gardez nos cœurs brûlants d’amour pour le Christ afin que notre mariage porte du fruit et augmente en nous la capacité d’aimer.

Je vous salue Marie ×3

 

 La Famille


Le petit François Marto était, à l’exemple de ses parents, un enfant doux et humble, au caractère aimable et discipliné. Dès le lever du soleil, la maman de François et Jacinthe allait les réveiller. Leurs yeux à peine ouverts, ils récitaient cette prière, si populaire jadis au Portugal : « Béni et loué soit le Très Saint Sacrement de l’Eucharistie, Fruit béni et sacré de la Vierge très pure, Sainte Marie ! ». Il aimait parfois jouer des tours à ses frères et sœurs, mais les parents n’eurent jamais à se plaindre sur le comportement de leur fils. Son obéissance était exemplaire.

Un jour, Teresa, sa marraine, lui offrit un petit mouchoir où était représenté l’image de Notre Dame de Nazaré. Tout heureux, il alla le montrer à ses petits camarades ; mais un matin ce petit mouchoir disparut. Hors, il y tenait beaucoup ; sans cesse il en parlait pour savoir qui aurait pu le trouver. Quand il sut qu’il se trouvait entre les mains d’un autre enfant, il alla le voir, mais comme il ne voulait pas lui rendre son mouchoir, il dit : « Et bien, garde le ! »

Le petit pastoureau était aussi quelque peu poète. Il aimait particulièrement la musique, il passait des heures et des heures à jouer des airs sur son petit fifre de roseau, assis sur une pierre, la plupart du temps accompagné de Lucie et de Jacinthe, qui chantaient et dansaient au son de la musique. […] Pour lui, la nature était une merveille. Il ne se lassait pas d’admirer le ciel immense, les étoiles. Les rayons du soleil à travers les vitres l’enchantaient. Les gouttes de rosée, irisées par le soleil, étaient pour lui aussi précieuses que des joyaux, aussi belles que les étoiles du ciel.

Lors de l’Apparition du 13 mai 1917, la Très Sainte Vierge dit que François irait au Ciel, mais pour qu’il en soit ainsi il faudra qu’il récite beaucoup de chapelets. En effet, le petit garçon avait pour habitude d’abréger la récitation des chapelets pour aller jouer plus rapidement. Depuis ce jour, le petit garçon porta une attention toute particulière à dire ses chapelets.
« J’ai beaucoup aimé voir l’Ange, disait-il, mais ce que j’ai le plus aimé, c’est de voir la lumière de Notre Dame ». Quelques semaines après la dernière apparition, Lucie demanda à son cousin :
— « Qu’est-ce qui te plaît le plus, consoler Notre-Seigneur ou convertir les pécheurs pour que les âmes n’aillent plus en enfer ? »

— « A choisir, j’aimerais mieux consoler Notre-Seigneur. N’as-tu pas remarqué comment la Sainte Vierge, encore le mois dernier, devint si triste lorsqu’elle demanda que l’on n’offense plus Notre-Seigneur qui est tant offensé ? Je voudrais aussi ensuite convertir les pécheurs pour que les âmes n’aillent pas en enfer. ».

Dès lors, François se sentait poussé par la grâce et recherchait toujours la solitude pour prier et offrir ses sacrifices, lui qui savait qu’il aura beaucoup à souffrir pour réparer tant de péchés qui offensent Notre Seigneur et Son Cœur Immaculé. Il était triste, non pas de souffrir pour le Bon Dieu, mais parce qu’il savait Notre Seigneur bien triste à cause des offenses des hommes.

La nouvelle au village de la première Apparition de Notre-Dame fut par la suite assez éprouvante pour le petit enfant. A l’école, le maître et ses propres compagnons se plaisaient à se moquer de lui, d’autant plus, qu’absorbé certainement déjà par les pensées élevées que l’Ange lui avait inspirées, il ne se souciait guère de l’instruction donnée en classe. François, toujours humble, baissait la tête, et, l’âme certainement unie à Dieu, écoutait, sans mot dire, les censures que lui infligeaient l’instituteur et ses camarades d’école.

Dans la deuxième quinzaine de Mai, la nouvelle de la première apparition de Notre-Dame à la Cova da Iria s’étant répandue dans la paroisse, les choses s’aggravèrent quelque peu pour François à l’école car l’instituteur, bon professeur, mais mauvais éducateur, profitait du peu d’intérêt que montrait François dans les études, pour le traiter de « faux voyant ». Il ne cessait de faire remarquer à tous les autres élèves ses défauts et ses négligences. Ce n’était pas seulement, sans doute, pour voir si François, après avoir été humilié, se déciderait à faire des progrès et à mieux profiter des leçons ; c’était aussi pour les inviter à prendre parti avec lui contre l’humble petit voyant. Les enfants se sentant couverts par le jugement de l’instituteur, faisaient parfois « chorus » avec lui, pour humilier le pauvre François. Le pire est que ces humiliations, de la part de ses camarades, ne consistaient pas seulement en paroles. Quelquefois, le pauvre garçon était obligé de passer la récréation appuyé à un mur, pour essayer de se défendre des mauvais traitements que des élèves plus robustes et plus hardis n’hésitaient pas à lui infliger… sans que le professeur intervienne pour le défendre. Loin de se plaindre, toujours humble, doux et patient, il supportait tous les affronts sans rien dire, au point que ses parents n’en surent jamais rien. Pauvre petit ! Dieu veuille qu’au Ciel il ait prié pour son professeur et pour tous ses compagnons !

Par votre intercession, Saints Lucie, François et Jacinthe, que le Bon Dieu garde notre couple solidement uni grâce à la prière et à l’espérance.

Je vous salue Marie ×3

 

La Foi


 En 1918, le petit François fut atteint d’une très forte grippe. […] C’est pendant cette ultime épreuve que la Vierge Immaculée apparut aux deux petits enfants pour leur renouveler Sa promesse du 13 juin 1917. En janvier 1919, le petit garçon allait de nouveau un peu mieux. Il put aller une dernière fois à la Cova da iria pour prier là où il avait vu la sainte Apparition ; mais, vers la mi-février, il rechuta. Cette fois, il ne se releva pas. Sa santé s’empirait de jour en jour. Une fièvre intense continue minait peu à peu son organisme. Sur son lit de mort, il offrit souvent ses souffrances pour « consoler Nôtre-Seigneur et convertir les pécheurs ». « D’ici peu, disait-il, Jésus va venir me chercher pour aller au Ciel avec Lui, et alors je resterai toujours à le voir et à le consoler. Quel bonheur ! ».

Dans les derniers temps de sa maladie, cependant, François ne pouvait plus prier. Quelle tristesse pour lui ! Les jours qui précéderont son départ de ce monde, le soir arrivait sans qu’il eût pu dire son chapelet, même une seule fois. Et le petit revivait, avec regret, les longues heures passées dans la grotte du Cabeço, où, prosterné à terre, il répétait les paroles de l’Ange ou les chapelets récités à la Cova da Iria, en compagnie de sa petite sœur, de Lucie et d’autres pieuses personnes.
Sa maman devinait l’amertume qui remplissait l’âme de son fils, et cherchait à le consoler.

[…]Pour mieux préparer sa dernière confession, il demanda à Jacinthe et à Lucie de l’aider à se remémorer ses peccadilles. Après les avoir entendues, il leur dit : « Ces péchés, je les ai confessés ; je les confesserai de nouveau. Qui sait si par mes péchés, je ne suis pas cause que Notre-Seigneur est si triste ? Même si je ne devais pas mourir, je ne les ferais plus. Maintenant, je suis bien repentant ». […]
Après avoir reçu l’Hostie sur sa langue desséchée, François ferma les yeux et demeura longtemps immobile. On sentait qu’il n’appartenait plus à la Terre. Les premiers mots ont été pour dire à sa mère : « Monsieur l’abbé ne portera-t-il plus Jésus caché ? » Jacinthe lui dit toute émue : « Dis à Notre Seigneur et à Notre-Dame que je suis contente. Dis leur que je souffrirai tout ce qu’ils voudront pour convertir les pécheurs et réparer les péchés contre le Cœur Immaculé de Marie ».

Le soir, l’état de François s’aggrava brusquement. […]Le lendemain, vendredi 4 avril, quand la nuit fut tout à fait tombée, après avoir vu une belle lumière près de la porte de sa chambre, son visage s’illumina d’une manière surprenante d’un sourire angélique. Sans aucune marque de souffrance, sans agonie, ni gémissement, il expira doucement à 22 heures et son âme s’envolait au Ciel. Notre-Dame est venue chercher Francisco[2].

Par votre intercession, Saints Lucie, François et Jacinthe, que nous maintenions fermement en nous un grand désir de sainteté malgré nos imperfections et nos faiblesses.

Je vous salue Marie ×3

 

La confiance en Dieu


Jacinthe avait deux ans de moins que son frère François. C’était une petite fille gaie et vive, au grand cœur, mais capricieuse par moment ; à tel point que Lucie disait d’elle : « Ma cousine était susceptible, parce que la moindre contrariété suffisait pour la faire bouder dans un coin à attacher le bourricot ! Il fallait alors la laisser choisir le jeu et le partenaire avec qui elle voulait jouer ».

Cependant, c’était une petite fille aimable, attirante et d’une nature extraordinairement sensible. Son maintien toujours sérieux, modeste et affable, paraissait traduire la présence de Dieu dans toutes ses actions, maintien qu’on ne trouve d’ordinaire que chez des personnes déjà avancées en âge et de grande vertu. Une de ses qualités particulières était l’amour de la vérité, au point d’être capable de reprendre une personne qui aurait dit un mensonge. A cinq ans environ, en entendant parler des souffrances de notre divin Rédempteur, elle s’attendrissait et pleurait. « Pauvre Notre Seigneur ! répétait-elle. Je ne veux faire aucun péché, pour que Jésus ne souffre pas davantage. » […]

Elle avait une attirance particulière pour sa cousine Lucie, avec qui elle aimait jouer. Lorsque la famille Marto allait prendre un repas chez les dos Santos, la plus heureuse était Jacinthe qui aimait se placer à table tout près de Lucie. Plus tard, et après de nombreuses insistances, Jacinthe (et François) purent obtenir de leurs parents la garde des brebis afin de pouvoir aller avec Lucie à la Cova da Iria pour être en sa compagnie. […] Assise sur le sommet d’une colline, ou sur un rocher, elle ne se lassait pas d’entendre l’écho de sa voix se répercuter au fond des vallées.
Le nom qui résonnait le mieux était le nom de « Marie », et Jacinthe récitait quelquefois l’Ave Maria tout entier, en prononçant seulement la parole suivante lorsque celle qui précédait avait cessé d’être répercutée par l’écho.[…]

En décembre 1918, elle tomba gravement malade, presque au même moment que François. […]

Un jour, elle confia tout émue à sa cousine Lucie : « Notre-Dame est venue nous voir, et elle a dit qu’elle viendrait, dans très peu de temps, chercher François pour l’emmener au Ciel. A moi, elle m’a demandé si je voulais encore convertir davantage de pécheurs. Je lui ai dit que oui. Notre-Dame veut que j’aille dans deux hôpitaux ; mais pas pour guérir. Ce sera pour souffrir davantage, pour l’amour de Dieu, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des offenses commises contre le Cœur Immaculé de Marie. Elle m’a dit que tu n’y viendrais pas ; que ma mère m’y conduirait, et qu’ensuite je resterais là toute seule ; mais que je n’aie pas peur, car elle viendrait me chercher pour aller au Ciel. »

Sa consolation était de souffrir pour Notre Seigneur afin de réparer les péchés du monde. Les souffrances des damnés et l’éternité de leur peine la préoccupaient sans cesse et l’encourageaient à supporter sans plainte et même avec joie les souffrances de la maladie. Elle avait demandé à François mourant, de dire, au Ciel, à Notre-Seigneur et à sa Mère qu’elle souffrirait « tout ce qu’ils voudraient » pour la conversion des pécheurs. La vision de l’enfer l’avait tant impressionnée, qu’elle ne pouvait chasser de son esprit cette pensée. […] La maladie la faisait souffrir beaucoup. Après une broncho-pneumonie, se déclara une pleurésie purulente, qui lui causait de grandes souffrances. Elle s’efforçait toutefois de ne jamais se plaindre malgré les douleurs qu’elle supportait avec résignation, une joie même, qui surprenait d’autant plus qu’elle trouvait encore la force de se lever pour réciter la prière de l’Ange[3].

Par votre intercession, Saints Lucie, François et Jacinthe, que nos craintes soient balayées afin de nous abandonner totalement au Christ Jésus.

Je vous salue Marie ×3

 

L’ouverture aux autres


Quand sa mère se montrait triste de la voir souffrir, elle lui disait : « Ne vous faites pas de souci, mère, je vais au ciel, et là, je prierai beaucoup pour vous. Ne pleurez pas, je me sens bien. »
Jacinthe disait à Lucie : « Je ne veux pas que tu dises à personne que je souffre, même pas à ma mère, parce que je ne veux pas qu’elle s’afflige. »

La petite malade se confiait volontiers à Lucie. Ensemble elles parlaient de leurs mortifications, de leurs sacrifices, qui leur semblaient peu de chose pour consoler les Cœurs de Jésus et de Marie. « Écoute, tu sais, disait Jacinthe, Notre Seigneur est triste, parce que Notre-Dame nous a dit de ne plus l’offenser davantage, qu’Il était déjà trop offensé, mais on n’en fait aucun cas ; on continue à faire les mêmes péchés. » Elle lui énumérait alors toutes les occasions dont elle avait profité, le jour et la nuit précédente, pour réparer tant d’outrages faits à Dieu : « J’avais très soif, et je n’ai pas voulu boire. Je l’ai offert à Jésus pour les pécheurs. Cette nuit, je souffrais beaucoup, et j’ai voulu offrir à Notre Seigneur le sacrifice de ne pas me retourner dans mon lit. Aussi je n’ai pas dormi du tout… Et toi, Lucie, as-tu fait aujourd’hui quelque sacrifice ? »[…]

Sa santé s’affaiblissait de jour en jour. La maladie minait son pauvre petit corps. Atteinte de tuberculose, il lui était tout à fait impossible de quitter son lit. Lorsqu’elle eut appris, par Notre-Dame elle-même la visitant dans sa chambre d’Aljustrel, qu’elle irait à Lisbonne dans un hôpital pour y mourir seule, son cœur fut bouleversé par cette perspective de mourir loin de ses parents et de sa cousine bien-aimée. Un jour, Lucie la trouva, tenant une image de Notre-Dame, qu’elle embrassait en disant : « O ma « Maman du Ciel » ! Alors il me faut mourir toute seule ? » C’était là une épreuve bien amère que lui imposait la Vierge, et elle la suppliait presque d’écarter ce calice. Jésus Lui-même, avant sa Passion, disait : « Père, s’il est possible, que ce calice s’éloigne de moi ! » ; mais, elle acceptait de souffrir avec amour pour Jésus et Marie, ainsi que pour les pécheurs, en disant dans sa prière : « O mon Jésus ! ce sacrifice est si grand ! vous pouvez sauver beaucoup de pécheurs ! ». […] « Ah ! si je pouvais mettre dans le cœur de tout le monde le feu que j’ai là dans la poitrine, qui me brûle, et me fait tant aimer le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie ! » Parfois avec sa simplicité naturelle elle disait aussi : « J’aime tant le Cœur Immaculé de Marie, c’est le Cœur de Notre petite Maman du ciel. N’aimes-tu pas répéter souvent ? « Doux Cœur de Marie, Cœur Immaculé de Marie ». J’aime tellement cela… ».

Ce départ pour la capitale effrayait beaucoup la petite Jacinthe car elle savait de la très sainte Vierge même, que ce voyage serait le dernier avant d’aller au Ciel ; et l’idée de ne plus revoir ceux qu’elle aimait tant lui fendait le cœur. […] mais, malgré cette peine, elle accepta avec joie d’aller à l’hôpital, pour montrer son amour à Marie en y souffrant plus qu’à la maison.[…]

Le diagnostic du chirurgien révéla une pleurésie purulente de la grande cavité gauche, avec fistule, et ostéite des septième et huitième côtes du même coté. Ce jour là la maman de Jacinthe reçut des nouvelles d’Aljustrel : elle devait absolument rentrer chez elle car d’autres enfants de la famille étaient malades et avaient besoin de sa présence. L’opération chirurgicale ayant été retardée de quelques jours, elle décida de prendre le train pour Fatima, le 5 février. Ce fut un grand déchirement pour elle comme pour sa petite fille qui tout au long de sa maladie, ne cessa de souffrir héroïquement pour la conversion des pécheurs. Sur son lit d’hôpital, on l’entendra dire : « Il se commet beaucoup et de trop grands péchés dans le monde. Si les hommes savaient ce que c’est que l’éternité, ils feraient tout pour changer de vie… Les hommes se perdent parce qu’ils ne pensent pas assez à la mort de Notre-Seigneur et qu’ils ne font pas pénitence ».

Le 10 février, Jacinthe fut opérée par le docteur Castro-Freire. A cette époque, les anesthésies étaient très imparfaites, ce qui causait beaucoup de souffrance aux malades. Le chirurgien lui ouvrit une fissure pour le drainage du pus et on lui retira deux côtes du coté gauche. Jacinthe souffrait beaucoup, et la douleur se ravivait chaque fois qu’il fallait panser la plaie large comme la main. Cependant son seul gémissement était : « Aïe ! aïe !… ô Notre-Dame !» Elle ajoutait : « Patience ! nous devons tous souffrir pour aller au Ciel ! ». Personne ne l’entendait se plaindre. Elle disait plus que jamais à Jésus, dans un héroïsme tranquille : « Maintenant Vous pouvez convertir beaucoup de pécheurs, parce que je souffre beaucoup ! ».

Quelques jours après, la Vierge Marie vint au pied du lit d’hôpital consoler la petite fille, lui annonçant que bientôt Elle viendrait la chercher pour aller au Ciel ; mais dès cet instant Jacinthe ne manifesta plus aucune souffrance. Elle confiait à Mère Godinho : « Maintenant je ne me plains plus ! Notre-Dame m’a dit qu’elle viendra me chercher, et qu’elle m’enlève déjà toutes mes souffrances ». […]

Le 20 février 1920, vers 18 heures, la petite malade dit qu’elle se sentait mal et qu’elle désirait recevoir les derniers sacrements. On appela donc le curé de la paroisse des Anges, M. l’abbé Pereira dos Reis, qui l’entendit en confession vers 20 heures. La voyant apparemment bien, il ne voulut pas lui donner les derniers sacrements et lui promit seulement de lui apporter Notre Seigneur le jour suivant. De nouveau la petite insista pour recevoir la communion disant qu’elle allait bientôt mourir. De fait, vers 22h30, la petite Jacinthe s’éteignit tranquillement, toute seule, en odeur de sainteté, mais sans avoir pu communier, à l’hôpital Doña Estefânia. Seule une jeune infirmière, Aurora Gomes, assista à son décès[4].

Par votre intercession, Saints Lucie, François et Jacinthe, nous confions nos amis, famille et connaissances qui attendent la vie. Que l’Esprit-Saint anime en nous douceur et bonté, écoute et présence dans notre amitié pour chacun d’eux.

Je vous salue Marie ×3

 

L’engagement dans la société


« Jacinthe et François, je vais les emmener bientôt. Mais toi tu restes ici encore quelque temps. Jésus veut se servir de toi pour me faire connaître et aimer », révéla la Vierge Marie, lors de sa deuxième apparition aux trois petits bergers, le 13 juin 1917. La mission de chacun était toute tracée : François a prié et consolé le Seigneur et la Vierge Marie des péchés des hommes, Jacinthe a cherché à convertir les pécheurs et préserver les âmes de l’enfer, tandis que Lucie, plus âgée, est restée dans le monde pour y répandre la dévotion au cœur immaculé de Marie. Tous les trois ne savaient ni lire et écrire. À Lucie seule, pour accomplir sa mission, la Vierge lui demanda explicitement d’apprendre à le faire.

Lucie est la dernière d’une fratrie de six enfants. Elle est décrite comme une petite fille expansive, affectueuse, obéissante, serviable et directe avec les personnes. Sa mère, Maria Rosa, était une fervente catholique, qui aimait enseigner le catéchisme, à Lucie, mais également aux enfants du voisinage. Grâce à elle, la petite fille fut suffisamment préparée pour recevoir sa première communion à l’âge de 6 ans, au lieu des 10 ans requis. « Cette enfant sait le catéchisme mieux que beaucoup d’autres qui communieront demain », déclara en sa faveur le père jésuite Francisco da Cruz, un saint prêtre vénéré dans tout le Portugal pour ses magnifiques prédications. Après avoir défendu sa cause devant le curé qui préférait attendre encore un an, c’est lui qui entendra sa première confession. Il en fut bouleversé : « Ma fille, ton âme est le temple du Saint-Esprit. Garde-la toujours pure pour qu’Il puisse exercer sur toi son action divine », lui dit-il, rapportera Lucie plus tard dans ses Mémoires. Elle lui en fit la promesse et pria Marie de l’aider à « recevoir dignement le Corps et le Sang du Seigneur ». Sa première communion bouleversa profondément la fillette. « J’ai perdu le goût et l’attrait pour les choses du monde, et je ne me sentais bien à la maison que dans des endroits solitaires où, toute seule, je pouvais me rappeler les délices de ma première communion », déclarera-t-elle au gré de ses confidences.

Lucie a 10 ans quand la Vierge Marie apparaît aux trois petits bergers à la Cova da Iria, à environ 2 kilomètres de Fatima. Ils sont chargés par leurs parents respectifs de faire paître leurs petits troupeaux. Et bien que plus âgée que ses petits cousins, Lucie prend beaucoup de plaisir à les retrouver. […] Comme ses cousins, l’annonce de l’ange qu’un « événement de grâce divine » leur arrivera, et l’invitation à offrir « prières et sacrifices en guise de réparation pour les péchés des hommes » pour « attirer la paix » sur leur Patrie, resteront gravées dans son cœur. Ils n’en parleront à quiconque, si ce n’est elle, Lucie, bien plus tard. En effet, contrairement à ceux de la Vierge, l’année suivante, les messages de l’ange s’adressaient directement à eux.

La prédiction de la Vierge, à sa première apparition, le 13 mai 1917 — « Vous aurez beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort » — pénètre le cœur de Lucie « jusqu’au plus profond de son âme », à l’image de la lumière intense qui émana de Marie en prononçant ces paroles. Et sa vie prend un nouveau tournant : « Un vrai chemin de Croix » qu’elle supportait, dit-elle, « par amour de Notre Seigneur Jésus-Christ, en réparation pour les péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, pour le Pape et pour la conversion des pécheurs ».

Lucie souffrit beaucoup de la perte de ses petits cousins. Elle resta à Aljustrel leur village natal, jusqu’au 17 juin 1921, puis entra comme pensionnaire à l’école des Sœurs de Sainte-Dorothée à Vilar, dans la banlieue de Porto, avant d’intégrer l’Institut des Sœurs de Sainte-Dorothée comme postulante au couvent de Tuy, en Galicie (Espagne), en 1925, où elle est témoin de nouvelles apparitions de la Vierge. La jeune fille prononcera ses premiers voeux en 1928, et ses vœux perpétuels, en octobre 1934. Mais en mars 1948, Lucie, à 41 ans, choisit la vie cloîtrée et, après autorisation spéciale du Pape à être relevée de ses vœux perpétuels, entre au carmel de Sainte-Thérèse à Coimbra, où elle résidera jusqu’à sa mort, sous le nom de Sœur Maria Lúcia de Jésus et du Cœur Immaculé. Selon les constitutions de la communauté, Lucie ne pouvait converser que très rarement, et uniquement si les conversations étaient de nature spirituelle, avec quiconque venant de l’extérieur, même avec sa famille[5].

Par votre intercession, Saints Lucie, François et Jacinthe, nous vous confions toutes les lois et les idées du monde qui blessent la dignité que Dieu nous a donnée (Avortement, GPA, euthanasie, etc.).

Je vous salue Marie ×3

 

Frères et soeurs dans le Christ


Par votre intercession, saints Lucie, François et Jacinthe, je confie au Seigneur les intentions de chacun des membres de notre groupe de prière.

Je vous salue Marie ×3

Final :

Prière à Notre Dame

(Prière du Père Léonce de Grandmaison)


Sainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un coeur d’enfant, pur et transparent comme une source ;

Obtenez-moi un coeur simple, qui ne savoure pas les tristesses,

Un coeur magnifique à se donner, tendre à la compassion, un coeur fidèle et généreux, qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal.

Faites-moi un coeur doux et humble, aimant sans demander de retour, joyeux de s’effacer dans un autre Coeur, devant votre divin Fils.

Un coeur grand et indomptable, qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse,

Un coeur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ, blessé de son Amour, et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel. Amen