Novembre 2017 - 3ème semaine

Pour tous les couples qui espèrent accueillir un enfant ou qui ont accepté l’idée de ne pas en avoir, pour tous les couples en démarche d’adoption…

« Courage, Calme, Confiance »  (devise empruntée au sanctuaire de Pellevoisin)

Au nom du Père et du Fils et Saint-Esprit. Amen.

Prions en ce jour avec :

La bienheureuse Virginie Centurione (1587-1651)

Laïque Italienne fondatrice des sœurs de Notre Dame du refuge du Mont Calvaire et des Filles de Notre-Dame du Mont Calvaire

Commémorée le 15 décembre

La Famille


Le 20 septembre 1801, dans l’ancien monastère de Sainte-Claire, à Carignano, en Piémont (Italie), non loin de Gênes, des ouvriers fouillent des tombes sous le pavement, espérant y trouver des objets de valeur ou tout au moins du plomb. Dans un cercueil, ils découvrent le corps absolument intact d’une femme. L’inscription révèle qu’il s’agit de Virginie Centurione, épouse de Gaspard Bracelli, morte à 65 ans le 15 décembre 1651, c’est-à-dire cent cinquante ans plus tôt. L’autorité civile, passablement anticléricale (le Piémont est alors sous la domination de Napoléon) s’efforce de tempérer l’enthousiasme que cette merveilleuse découverte suscite dans la population génoise. Le notaire Piaggio est chargé de démontrer scientifiquement que la conservation de ce corps résulte d’un embaumement. Mais lorsqu’il trouve le cadavre souple et flexible, Maître Piaggio abandonne l’examen et avise les soeurs de Bessagno que les restes de leur fondatrice ont été identifiés. Cet acte de sincérité, considéré par le gouvernement comme une trahison, lui vaut d’être rayé de la liste des notaires. Ne pouvant désormais exercer son métier, il accepte de vivre dans la plus grande pauvreté et s’emploie à rechercher les souvenirs concernant la défunte, en vue de sa glorification.

Née le 8 avril 1587, Virginie Centurione appartient à la riche noblesse génoise tant par sa mère que par son père. Celui-ci a exercé des responsabilités à la bataille de Lépante (1571) puis à la Diète de Ratisbonne (1582); après avoir rempli la charge d’ambassadeur à Madrid en 1599, il devient doge de Venise pour les années 1621 et 1622. Femme extraordinaire par sa piété, son intelligence, et sa beauté, Virginie souhaite se consacrer à Dieu dans la vie religieuse, mais, à l’âge de quinze ans, on la contraint à épouser un autre noble, Gaspard Bracelli, âgé de dix-neuf ans. Malgré la naissance de deux filles, Lelia et Isabelle, le ménage n’est guère heureux. Le mari ne songe qu’au jeu et au plaisir, au point de devenir victime de sa vie dissolue. Les médecins l’envoient se soigner à Alexandrie (Italie), sous un meilleur climat.

Le père de Virginie conseille alors à sa fille de se séparer de son mari, mais elle refuse et rejoint celui-ci. Le dévouement de son épouse touche le coeur de Gaspard qui se convertit et meurt chrétiennement à vingt-quatre ans, laissant une veuve de vingt ans. Malgré les instances de sa famille, Virginie refuse énergiquement de se remarier. Elle s’occupe de l’éducation de ses deux filles. Isabelle aura vingt et un enfants, dont dix se consacreront au service de Dieu; elle-même finira ses jours comme moniale. Quant à Lelia, elle mourra assez jeune et ses deux filles entreront en religion.

Par votre intercession, Bienheureuse Virginie, que le Bon Dieu garde notre couple solidement uni grâce à la prière et à l’espérance.

Je vous salue Marie ×3

La Fécondité


Une nuit, Notre-Dame des Sept Douleurs avertit Virginie que son Fils désire la voir secourir les pauvres. C’est pourquoi, avec intrépidité et malgré les récriminations des siens, elle se rend d’abord sur les bateaux pour réconforter les galériens. C’est un beau scandale aux yeux de toute la ville et de sa noble famille, que de voir une dame de son rang s’abaisser ainsi jusqu’à «la lie du peuple». «Pourquoi, réplique-t-elle, aller sur les navires pour se divertir et ne pas s’y rendre pour sauver les âmes?»

Cette intervention de la Très Sainte Vierge Marie en faveur des pauvres nous montre que sa mission de «servante» du Seigneur n’est pas achevée. «Après son Assomption au ciel, le rôle de la Sainte Vierge dans le salut ne s’interrompt pas: par son intercession répétée, elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel… Son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils dont le pèlerinage n’est pas achevé, ou qui se trouvent engagés dans les périls et les épreuves, jusqu’à ce qu’ils parviennent à la patrie bienheureuse» (Vatican II, Lumen gentium, 62). L’Église exprime sa foi en cette vérité en invoquant Marie sous les titres d’Avocate, d’Auxiliatrice, de Secourable, de Médiatrice.

Par votre intercession, Bienheureuse Virginie, gardez nos cœurs brûlants d’amour pour le Christ afin que notre mariage porte du fruit et augmente en nous la capacité d’aimer.

Je vous salue Marie ×3

La Foi


Une nuit d’hiver de 1630, tandis qu’elle prie chez elle, Virginie entend un cri dans la rue: aussitôt elle envoie un de ses domestiques voir ce qui se passe. La plainte vient d’une fillette, à demi-morte de froid et de faim. Virginie accueille alors l’enfant et, tandis que celle-ci se réchauffe, elle lui dit: «Tu resteras avec moi, tu seras ma fille». Sa véritable mission lui apparaît: recueillir les fillettes abandonnées ou misérables. Aussitôt, elle part à leur recherche et, en quelques jours, quinze sont recueillies; bientôt elle en aura quarante. Pour les recevoir, elle loue à la duchesse de Tursi le couvent du Mont-Calvaire, et les enfants se rendent processionnellement, le 13 avril 1631, dans leur nouvelle maison qui prend le nom de «Notre-Dame du Refuge sur le Mont-Calvaire».

Le patrimoine de Virginie n’est cependant pas inépuisable: sans hésiter, la noble dame va mendier dans les rues, les magasins et les palais afin de nourrir ses protégées. En 1633, alors que ses protégées sont plus de deux cents, elle loue à son gendre, le mari de Lelia, un autre palais qui appartenait autrefois à son propre mari, sur la rive du torrent de Bisagno: d’où le nom de «Filles de Bisagno» donné aux jeunes filles qui y habitent. Une troisième maison, ouverte par la suite à Carignano, devient en quelque sorte la Maison-Mère. La fondatrice y possède sa chambrette meublée d’une vieille armoire, d’un prie-Dieu, de deux tabourets, d’un bureau et, en guise de lit, de deux tréteaux supportant quelques planches.

Par votre intercession, Bienheureuse Virginie, que nous maintenions fermement en nous un grand désir de sainteté malgré nos imperfections et nos faiblesses.

Je vous salue Marie ×3

La confiance


Le nombre des enfants recueillis atteignant bientôt les cinq cents, Virginie ne peut à elle seule administrer une telle communauté; le Sénat de la République de Gênes nomme des protecteurs particulièrement charitables, trois d’abord, puis un quatrième, Emmanuel Brignole. À cette époque, imitant sainte Catherine de Gênes (1477-1510), Virginie commence à envoyer ses plus grandes filles soigner les malades à l’hôpital Pammatone. Plus tard, lors d’une épidémie, en 1656-1657, cinquante-trois d’entre elles mourront victimes de leur dévouement.

Vers 1644, Virginie rédige à leur intention des constitutions: elles observeront l’Évangile à la perfection, et travailleront à la conversion des pécheurs par le moyen de la prière, de la mortification et du service des malades. Enthousiaste admirateur de la fondatrice, Emmanuel Brignole organise la vie de travail, d’étude, d’éducation religieuse, de soins domestiques de la maison. Il s’y adonne avec tant de zèle que les «Soeurs de Notre-Dame du Refuge sur le Mont Calvaire» sont appelées par le peuple, les «Brignolines».

Retirée dans la maison de Carignano, Virginie Centurione quitte cette terre pour le Ciel le 15 décembre 1651, et elle est inhumée le lendemain dans l’église du monastère de Sainte-Claire. Quant à ses filles, elles continuèrent leur apostolat charitable en divers hôpitaux de Gênes ou en des maisons d’accueil pour les pauvres. Au début du troisième millénaire, elles sont presque 200 religieuses, réparties en plus de 30 maisons en Italie, en Inde, en Afrique Centrale et en Amérique latine.

Par votre intercession, Bienheureuse Virginie, que nos craintes soient balayées afin de nous abandonner totalement au Christ Jésus.

Je vous salue Marie ×3

L’ouverture aux autres


Le dimanche 22 septembre 1985, sa Sainteté le Pape Jean-Paul II a béatifié Virginie Centurione Bracelli, à Gênes; dans son homélie, il disait: «Si l’un de vous veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous (Mc 9, 35)… Être le serviteur de tous, c’est la mission que le Fils de Dieu a embrassé en devenant le «Serviteur» souffrant du Père pour la Rédemption du monde. Jésus illustre par un geste admirable la signification qu’il veut donner au mot «serviteur»: aux disciples préoccupés de connaître qui d’entre eux est le plus grand, il enseigne qu’il est nécessaire au contraire de se mettre à la dernière place, au service des plus petits: Il prit un petit enfant, il le plaça au milieu d’eux, et après l’avoir embrassé, il leur dit: Celui qui accueille un de ces petits enfants en mon nom, c’est moi qu’il accueille (Mc 9, 37)… La vie de Virginie Centurione semble se dérouler toute entière à la lumière de ce message: renoncer à ses biens propres, afin de servir et d’accueillir les humbles, les mendiants, de se consacrer aux derniers, aux personnes les plus négligées par les hommes… Un amour profond pour le Christ et un amour authentique envers les pauvres et les nécessiteux: voilà le message que Virginie répète en cette circonstance à la ville de Gênes, telle qu’elle est aujourd’hui… Gênes est une ville consacrée à la Vierge, véritablement ville de la Vierge, parce que Virginie Centurione voulut que Marie soit déclarée et proclamée Reine de cette ville…»

À l’exemple de la Bienheureuse Virginie Centurione, tournons-nous vers la Très Sainte Vierge. Le Pape Jean-Paul II nous invite à nous adresser à Marie par la récitation du Rosaire. Déjà, au début de son pontificat, il disait: «L’Église nous propose une prière toute simple, le Rosaire, le chapelet, qui peut calmement s’échelonner au rythme de nos journées. Le Rosaire, lentement récité et médité en famille, en communauté, personnellement, vous fera entrer peu à peu dans les sentiments du Christ et de sa Mère, en évoquant tous les événements qui sont la clef de notre salut. Avec Marie, vous ouvrirez votre âme à l’Esprit-Saint, pour qu’Il inspire toutes les grandes tâches qui vous attendent» (6 mai 1980).

Demandons à la Bienheureuse Virginie Centurione de nous aider à prier la Sainte Vierge et à nous abandonner à Dieu, selon sa propre formule: «Me remettre en tout et pour tout entre les mains de Celui qui m’a créé, de Celui qui m’aidera plus que je ne peux le penser»

Par votre intercession, Bienheureuse Virginie, nous confions nos amis, famille et connaissances qui attendent la vie. Que l’Esprit-Saint anime en nous douceur et bonté, écoute et présence dans notre amitié pour chacun d’eux.

Je vous salue Marie ×3

L’engagement dans la société


En 1644, il y a 369 ans, un nombre incroyable de jeunes femmes envahit les couloirs de l’hôpital de Pammatone à Gênes pour se consacrer aux soins des malades. Aujourd’hui encore la communauté répond pleinement à la mission donnée par Marie au pied de la Croix, à Virginie :

« Virginie, le désir de mon Fils est d’accueillir ces personnes fragiles »

Cette mission continue aujourd’hui pour chacune des Sœurs de Notre-Dame du Refuge du Mont-Calvaire, après plus de trois siècles. Le nom de la communauté exprime l’âme de leur famille religieuse : contempler Jésus crucifié avec la Sainte Vierge. Marie étant un refuge et un soutien au service des plus petits, des pauvres, des souffrants, des marginalisés. Les sœurs « marchent ensemble pour assister à la joie et à la beauté de l’amour infini de Dieu que tout le monde attend et aime »

A travers ses « filles », le sourire de Virginie allège la misère du monde. Dieu nous invite à regarder Marie, la mère de Jésus, comme le modèle et l’étendard qui inspirera à chaque chrétien le courage de se plonger dans l’espérance chrétienne qui ne se repose pas sur la « défaillance humaine, mais sur la promesse de l’éternité en Dieu ». Comme Virginie, vivons dans cette passion, elle qui a prononcé ces dernières paroles avant de mourir: « Mon âme est prête, je suis là »1.traduit de l’italien.

Par votre intercession, Bienheureuse Virginie, nous vous confions toutes les lois et les idées du monde qui blessent la dignité que Dieu nous a donnée (Avortement, GPA, euthanasie, etc.)

Je vous salue Marie ×3

 

Frères et soeurs dans le Christ


Par votre intercession, Bienheureuse Virginie, je confie au Seigneur les intentions de chacun des membres de notre groupe de prière.

Je vous salue Marie ×3

Prière à Notre Dame

(Père Léonce de Grandmaison)

Sainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un coeur d’enfant, pur et transparent comme une source ;

Obtenez-moi un coeur simple, qui ne savoure pas les tristesses,

Un coeur magnifique à se donner, tendre à la compassion, un coeur fidèle et généreux, qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal.

Faites-moi un coeur doux et humble, aimant sans demander de retour, joyeux de s’effacer dans un autre Coeur, devant votre divin Fils.

Un coeur grand et indomptable, qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse,

Un coeur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ, blessé de son Amour, et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel. 

Amen

Bibliographie :

Lettre de Dom Antoine Marie osb, abbé l’Abbaye Saint-Joseph de Clairval, Lien web