Juillet 2017 - 2ème semaine

Pour tous les couples qui espèrent accueillir un enfant ou qui ont accepté l’idée de ne pas en avoir, pour tous les couples en démarche d’adoption…

« Courage, Calme, Confiance »
(devise empruntée au sanctuaire de Pellevoisin)

Au nom du Père et du Fils et Saint-Esprit. Amen.

Prions en ce jour avec :

 

La Vénérable Marguerite du saint-Sacrement (Marguerite Parigot) (1619-1648)

Religieuse, Ordre du Carmel

Prions.

D’un même cœur, Petite Marguerite,
il m’est bon de venir te prier et de chanter la gloire
et les mérites dont l’Enfant Dieu a voulu te combler.
Tes aimables vertus, ta candide innocence,
ton amour de Jésus et de sa sainte enfance ravissent tous les cœurs et font chercher Jésus de plus en plus.
Tu le sais bien, en marchant sur tes traces,
je voudrais aimer beaucoup Jésus et lui laisser en moi toute la place,
pour qu’Il puisse imprimer ses vertus.
Obtiens-moi ton amour de l’humble petitesse,
qu’elle soit ici-bas toute ma richesse et que ce lieu soit comme un petit Ciel,
en charité et en humilité.
Pour que l’esprit de la très sainte enfance, a
it dans mon cœur toute la préférence et me conduise heureusement au Ciel,
Pour que l’Enfant-Jésus puisse reconnaître en moi les plus belles vertus qu’il fit paraître en toi,
donne-moi ton ardeur, ton amour, ta ferveur.
Veille sur moi et protège-moi. Ainsi-soit-il.

La Fécondité


Jésus à Sr Marguerite : « Puise dans les trésors de mon Enfance, rien ne te sera refusé. »

  1. Après douze ans de mariage, le roi Louis XIII et Anne d’Autriche n’ont toujours pas d’enfant. Marguerite du Saint-Sacrement, au fond de son monastère de Beaune, prie pour la France. Or, un soir de tempête, le roi se réfugie au Louvre où se trouve la reine et le futur Louis XIV est ainsi conçu. Mais la jeune Carmélite va rappeler au monde que le véritable roi, ce n’est pas le Roi-soleil, c’est le Christ ! Elle dont la taille ne dépassera jamais celle d’une fillette de douze ans est choisie, en ce temps de guerre et de misères, pour répandre le rayonnement de l’esprit d’enfance ; car, de la crèche à la Croix, Petit Roi de Grâce et Roi couronné d’épines, Jésus veut régner sur nos cœurs.[…] Le 15 décembre 1637, tandis que toute la France prie pour la naissance d’un héritier au trône de Louis XIII, Marguerite est avertie de la grossesse de la reine, avant Anne d’Autriche elle-même ! Devenu roi de France, Louis XIV viendra au carmel de Beaune en 1658 remercier les sœurs pour leurs prières. Mais c’est un autre roi qui va faire son entrée au monastère. En effet, la renommée de Marguerite est parvenue aux oreilles d’un gentilhomme normand, le baron Gaston de Renty[1] (voir note ci-dessous). Il se rend au carmel en 1643 sans voir Marguerite qui vit de plus en plus retirée et envoie, en novembre, la statue qui deviendra le cher Petit Roi de Grâce. Suite à un malentendu, cette sculpture arrive humblement avec le courrier : « J’ai été bien étonné, écrit M. de Renty un mois plus tard, quand j’ai su que le petit Jésus a été porté par la poste. Mon Dieu ! Comment se fait-il que tout n’ait été brisé à être secoué près de cent lieues durant ! » Marguerite a l’inspiration de faire construire une chapelle dédiée à l’Enfant-Jésus ; elle sera consacrée le jour de Noël 1639. […] En 1644, Gaston de Renty rencontre Marguerite : « Le Fils de Dieu fit une liaison si étroite de ces deux âmes que ce ne fut plus qu’un cœur et qu’un esprit ». Ce saint homme qui est le directeur spirituel de la prieure, mère Élisabeth de la Trinité, se remet entre les mains de la jeune carmélite de 25 ans : « Je m’abandonne à vous, ma très chère sœur, afin que vous me formiez selon le désir de votre saint époux ».

Par votre intercession, vénérable Marguerite, gardez nos cœurs brûlants d’amour pour le Christ afin que notre mariage porte du fruit et augmente en nous la capacité d’aimer.

Je vous salue Marie ×3

Gaston de Renty renonça à ses titres de noblesse et à tous ses biens pour s’occuper des pauvres. Il transforma en hôpital son château de Beny, dans le diocèse de Bayeux et, avec sa femme et ses deux filles, il servait les pauvres à genoux. Il devint un vrai frère d’âme de Sœur Marguerite qui le dissuada pourtant de quitter le monde pour une vie religieuse très retirée. Elle l’encouragea au contraire à s’occuper de sa famille et de ses œuvres de charité, notamment la Compagnie du Saint-Sacrement destinée à promouvoir la piété dans la haute société. C’est à Noël 1643 qu’il offrit au Carmel de Beaune la statue du « Petit Roi de Grâce » vraisemblablement sculptée par lui, signe de sa dévotion à l’enfance spirituelle : L’Enfance de Notre-Seigneur est un état où il faut mourir à tout et où l’âme vit en abandon, ne regardant ni devant soi, ni derrière soi. Il mourut d’épuisement à 37 ans en venant en aide aux victimes des épidémies du terrible hiver 1649.

 

La Famille


Mt 19, 14 : « Laissez venir à moi les petits enfants, car le Royaume des Cieux appartient à ceux qui leur ressemblent. »

Le 7 février 1619, à Beaune, Jeanne Bataille, épouse de Pierre Parigot, donne naissance à son cinquième enfant. Elle en aura encore deux. Ce couple profondément chrétien vit confortablement des revenus de la terre et de la vigne. La petite Marguerite est baptisée le jour même. Six mois plus tard, un événement d’importance se produit : des religieuses du carmel de Dijon, fondé en 1605, après bien des démarches et des difficultés, ouvrent un carmel à Beaune. Le chanoine qui cède au carmel le prieuré Saint-Étienne n’est autre que le grand-oncle de Marguerite. Aussi pose-t-il une condition à cette cession : que sa nièce soit reçue, quand elle en aura l’âge, au monastère en qualité de « fondatrice » ! Comme les mariages qui étaient arrangés, ainsi sont préparées les vocations.

L’Esprit Saint va fondre sur cette âme d’enfant et la conduire précocement à une étonnante maturité spirituelle. Elle est douce et docile, gracieuse, et à ces dons naturels s’ajoute une piété grandissante. À cinq ans, le Saint Sacrement l’attire comme un aimant et elle fait à Dieu, dans le secret de son cœur, l’offrande d’elle-même.

Parfois, le froid la saisit au point qu’elle pense s’évanouir dans l’église, mais l’Esprit Saint la revêt d’une douce chaleur et elle peut continuer sa prière. Précoce aussi, et surnaturelle, est son attirance vibrante de tendresse pour les pauvres, si nombreux en ces temps de guerres et d’épidémies. Elle accompagne sa mère dans ses visites aux malades et vainc ses répugnances en changeant les pansements souillés. Le dépouillement de Jésus qu’elle contemple dans la crèche fait naître en elle le dégoût de la richesse, des vêtements recherchés, des mets délicats.

Tout semble sourire à la petite Marguerite : menue, un visage fin, un caractère aimable, un sourire délicieux, elle charme tous ceux qui la connaissent. Mais elle souffre d’accès de mélancolie, de tristesse, elle voit des monstres, entend des cris. Ses crises de convulsions font pleurer d’inquiétude sa mère qui, à chaque fois, l’emporte devant le Saint Sacrement. De ce déséquilibre nerveux, Marguerite ne guérira jamais complètement.

Au milieu des pires souffrances morales et physiques, Marguerite garde la paix et la sérénité. Elle résiste aux tentations et aux assauts du désespoir, son secours est la prière, de jour comme de nuit. Elle écrit à l’âge de dix ans cette réflexion étonnante qui explique son égalité d’humeur : Quand le Bon Dieu nous envoie des souffrances, nous devons nous efforcer de les cacher en nous et de ne pas les montrer aux autres qui ne sont pas chargés de les porter.

La mort de madame Parigot vient mettre un terme brutal à l’enfance de Marguerite. Sur son lit de mort, sa mère la console et lui promet qu’elle sera carmélite. Marguerite, anéantie, court à l’église Notre-Dame. Prosternée devant la statue de la Vierge, elle la supplie de lui tenir lieu de mère et comprend dans son cœur qu’elle est exaucée.

Par votre intercession, vénérable Marguerite, que le Bon Dieu garde notre couple solidement uni grâce à la prière et à l’espérance.

Je vous salue Marie ×3

 

La confiance en Dieu


« Il ne faut pas vous inquiéter ou vous troubler quand vous tombez dans des fautes quoique très grandes, mais retourner à Dieu avec une confiance filiale et amoureuse. »

Le soir même des obsèques, Marguerite, dans sa robe de deuil, est conduite au carmel par son père. Malgré son chagrin, elle est aussitôt inondée de joie. Elle est accueillie par mère Élisabeth de la Trinité, prieure, et mère Marie de la Trinité, maîtresse des novices. Deux heures durant, la pensionnaire de onze ans et demi va entretenir les deux saintes femmes de commentaires enflammés sur le Saint Sacrement. Dès le lendemain, elle est admise à faire sa première communion et entend Jésus l’appeler : « Ma petite épouse ».

Cette fillette, que sa sagesse et son sérieux coupaient des autres enfants, s’adapte très rapidement à la vie de la Communauté. Elle découvre la dévotion à l’Enfant-Jésus, alors prospère au Carmel depuis sainte Thérèse d’Avila et prônée par l’École Française en plein essor. Marguerite fait sien, sans peine, le vocabulaire bérullien : « L’Enfant Jésus m’a enfermée dans les douze années de son enfance».

Mais une fois tombée l’exaltation des premières découvertes, les tentations reprennent le dessus. Elle voit la main du diable, des animaux affreux, des fléaux à venir ; elle perd le sommeil et ne peut prendre aucune nourriture tandis que des convulsions atroces tordent ses membres, suivies de longs assoupissements, de crises de frayeurs et de larmes. Les médecins parlent d’épilepsie, intrigués pourtant par la lucidité, la modestie et la douceur dont leur jeune patiente ne se départit pas.

Le 6 juin 1631, à douze ans, épuisée et amaigrie, Marguerite reçoit l’habit de novice ; deux jours après, elle est trépanée, assise en toute conscience sur une petite chaise de paille. Elle pense au couronnement d’épines, exhale un léger soupir et se laisse faire, tandis que les médecins qui cherchent une tumeur dans le crâne découvrent un cerveau parfaitement sain. Les crises se succèdent jusqu’au 31 juillet où l’apparition de l’Enfant Jésus, assis au bord d’un puits, guérit Marguerite.

Par votre intercession, vénérable Marguerite, que nos craintes soient balayées afin de nous abandonner totalement au Christ Jésus.

Je vous salue Marie ×3

 

La Foi


« Que le saint Enfant Jésus soit votre joie, votre vie, votre tout. »

Marguerite peut commencer son noviciat. En août, Jésus l’invite à être « participante à l’état de son enfance ». Pendant six mois, elle va se trouver « comme dans un paradis perpétuel ». Ses sœurs la voient parfois « lavée de pureté, embaumée de chasteté », le visage brillant d’une blancheur éclatante, s’abstenant un temps de toute nourriture. Ce sont ses vertus surtout qui frappent ses compagnes et ses supérieures : une humilité souvent mise à l’épreuve, une obéissance qui prend le pas sur sa nature entière et indépendante.

Le 7 février 1632, Jésus l’encourage à la pénitence : « Il faut que tu apprennes maintenant la science de ma Croix ». Comme la petite Thérèse de Lisieux deux siècles plus tard, Marguerite est chargée du « poids des pécheurs ». Maladies, souffrances, infirmités ne la quitteront plus. Avertie des péchés et des désordres qui se produisent dans un monastère ou dans la personne d’un prêtre, elle ressent amertume et angoisse, elle souffre pour les orgueilleux et les impurs, pour les âmes vaniteuses, pour les paresseux et les blasphémateurs.

C’est à l’Épiphanie 1632 qu’elle signe son acte de consécration : « L’épouse du Saint Enfant Jésus en sa crèche ». Elle fait sa profession solennelle le 24 juin 1635 ; Jésus lui apparaît sous la forme d’un enfant, lui remettant anneau, couronne et robe avec cette promesse : « Je ne refuserai rien à tes prières ». L’année 1636 est effroyable pour la France : guerres, invasions, sièges. Jésus confie à Marguerite : « C’est par les mérites du Mystère de mon Enfance que tu surmonteras toutes les difficultés ». Marguerite crée alors la « Famille du Saint Enfant Jésus » dont les « domestiques » vivront des vertus de l’Enfance et réciteront la Petite Couronne (chapelet de quinze grains). Cette dévotion quitte très vite les limites du cloître. L’armée ennemie se retire et la Bourgogne va connaître deux siècles de paix.

Par votre intercession, vénérable Marguerite, que nous maintenions fermement en nous un grand désir de sainteté malgré nos imperfections et nos faiblesses.

Je vous salue Marie ×3

 

L’ouverture aux autres


« Considérez l’Enfant Jésus en la crèche, petit et délaissé, qui se donne tout à vous. »

En mars 1648, on l’installe à l’infirmerie d’où elle ne sortira plus. Alors que son corps est un abîme de souffrances, son âme est un abîme de paix et de joie : « Il ne semblait pas que ce fut une créature mortelle, mais une âme déjà régénérée par la gloire ». Jusqu’à la fin, elle remercie ses sœurs et les console : « Vous me trouverez toujours au Saint Sacrement ». Elle s’éteint le 26 mai dans la matinée. Arrivent alors au Carmel un défilé de fidèles ainsi qu’un volumineux courrier pour rendre un dernier hommage à la « petite sainte ».

Gaston de Renty, qui suivra de peu sa sœur d’âme, écrit : « Dieu a retiré au Ciel ce que la terre n’était pas digne de posséder ». Saint Jean Eudes avait vu Marguerite peu avant sa mort : « Je ne puis dire le respect et la dévotion que le saint Enfant Jésus a imprimés dans nos cœurs au regard de sa sainte épouse ; nous avons déjà ressenti plusieurs effets de sa charité, spirituels et corporels ». En effet, exaucements et miracles se succèdent. Marguerite est déclarée Vénérable en 1873.

Par votre intercession, vénérable Marguerite, nous confions nos amis, famille et connaissances qui attendent la vie. Que l’Esprit-Saint anime en nous douceur et bonté, écoute et présence dans notre amitié pour chacun d’eux.

Je vous salue Marie ×3

 

L’engagement dans la société


Jésus à sœur Marguerite : « Je t’ai choisie pour faire connaître aux hommes combien je les aime et combien m’afflige leur ingratitude. »

Le « Petit Roi de Grâce » est l’un des quatre principaux Enfant-Jésus miraculeux avec le « Santo Bambino » de Rome, l’Enfant-Jésus de Prague et le bon Jésus de Braga au Portugal.

Offerte à Sœur Marguerite par le Baron de Renty, cette statuette en bois, haute de 58 centimètres, peinte et articulée, peut être habillée de vêtements somptueux venus des quatre coins du monde.

La dévotion au Petit Roi se propagea très rapidement et son rayonnement se manifesta spécialement pour les accouchements difficiles, la guérison des nouveau-nés, les procès, les vocations, les mariages, les « bonnes morts ».

À la Révolution, les religieuses expulsées le mirent à l’abri chez de courageux amis, dans une armoire en bois que l’on peut voir encore aujourd’hui. Il fut vénéré en secret jusqu’au 28 décembre 1873 où, à l’instigation du curé de Saint-Nicolas, une fête solennelle en présence de l’évêque de Dijon, marqua la reprise du culte public du Petit Roi. De nombreux témoignages nous prouvent qu’il continue sa mission de miséricorde et de protection, comme l’assurait Sœur Marguerite : « Une paille de sa crèche, une bandelette de ses langes, c’est assez pour tenir en respect les ennemis ».

Par votre intercession, vénérable Marguerite, nous vous confions toutes les lois et les idées du monde qui blessent la dignité que Dieu nous a donnée (Avortement, GPA, euthanasie, etc.).

Je vous salue Marie ×3

 

Frères et sœurs dans le Christ


Jésus à Sr Marguerite : « L’Enfant Jésus ne permettra jamais rien sur vous de quoi il ne retire sa gloire et notre bien. »

Sœur Marguerite reçut l’inspiration de la Petite Couronne de l’Enfant-Jésus en 1636. Elle consiste en un chapelet de quinze grains. Sur les trois premiers, on dit un Notre Père en l’honneur de Jésus, Marie et Joseph. Sur les douze suivants, on récite un Je vous salue Marie en méditant les mystères de l’Enfance de Jésus : l’Incarnation, le séjour du Verbe dans le sein de Marie, la Nativité, sa demeure dans l’étable, sa Circoncision, l’Épiphanie, la Présentation au Temple, la fuite en Égypte, le retour d’Égypte, la vie cachée à Nazareth, ses voyages avec Joseph et Marie, son séjour au Temple au milieu des docteurs.

Comme Marguerite l’affirmait dans sa foi pure et confiante : « Le Saint Enfant Jésus a plus soin de nos âmes et de nos besoins que nous n’en saurions avoir nous-mêmes ».

Par votre intercession, vénérable Marguerite, je confie au Seigneur les intentions de chacun des membres de notre groupe de prière.

Je vous salue Marie ×3

Prière à Notre Dame

Prière du Père Léonce de Grandmaison


Sainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un coeur d’enfant,
pur et transparent comme une source ;
Obtenez-moi un coeur simple, qui ne savoure pas les tristesses,
Un coeur magnifique à se donner, tendre à la compassion,
un coeur fidèle et généreux, qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal.
Faites-moi un coeur doux et humble, aimant sans demander de retour,
joyeux de s’effacer dans un autre Coeur, devant votre divin Fils.
Un coeur grand et indomptable,
qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse,
Un coeur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ,
blessé de son Amour, et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel.
Amen

Bibliographie :

Paru dans la revue Feu et Lumière, article Marguerite du Saint-Sacrement (1619-1648) – La petite épouse de la Crèche, Décembre 2003 et Publié le 9 février 2012 par odilehaumonte : lien