JUILLET 2019

Pour tous les couples qui espèrent accueillir un enfant ou qui ont accepté l’idée de ne pas en avoir, pour tous les couples en démarche d’adoption…

« Courage, Calme, Confiance »
(devise empruntée au sanctuaire de Pellevoisin)

Au nom du Père et du Fils et Saint-Esprit. Amen.

Prions en ce jour avec :

La servante du Seigneur Luisa Guidotti Mistrali (1932-1969)

Médecin missionaire, Rodhésie

Prions.

La Famille


«C’est à Marie, Mère de la tendresse, écrivait le Pape François, que nous voulons confier tous ceux qui sont malades dans leur corps et leur esprit, afin qu’elle les soutienne dans l’espérance. Nous lui demandons également de nous aider à être accueillants envers nos frères malades. L’Église sait qu’elle a besoin d’une grâce spéciale pour pouvoir être à la hauteur de son service évangélique du soin des malades » (Message pour la journée du malade 2018, n° 3). La Vierge Marie a accordé à Luisa Guidotti la grâce de mettre ses compétences médicales au service de ceux qui souffrent, et d’aller jusqu’à donner sa vie pour eux.

Née à Parme, en Italie centrale, le 17 mai 1932, Luisa Guidotti appartient à une famille bourgeoise. Son père est ingénieur en chef d’un bureau de l’administration italienne. L’hiver se passe à Parme et l’été à la campagne, où la famille possède une agréable résidence secondaire. La jeune fille est capricieuse et têtue. Elle n’a que quinze ans lorsque sa mère quitte ce monde. La famille s’installe alors à Modène. Luisa ne s’intéresse pas à la vie mondaine mais préfère consacrer ses temps libres à la paroisse, notamment dans le cadre de la jeunesse féminine de l’Action Catholique, dont elle devient la présidente locale puis la dirigeante diocésaine. Son ambition, depuis l’enfance, est de devenir médecin-missionnaire. Après ses études secondaires, elle s’inscrit donc en faculté de médecine à Modène. « C’étaient les années avant le concile, écrira-t-elle plus tard, où le laïcat prenait conscience de ses possibilités dans l’Église : je voulais partir en mission comme médecin, laïque parmi les laïques. »

Par votre intercession, Luisa, que le Bon Dieu garde notre couple solidement uni grâce à la prière et à l’espérance.

Je vous salue Marie ×3

La Foi


Durant ses études, à l’occasion d’un congrès missionnaire, Luisa découvre l’Association Féminine Médico-Missionnaire (AFMM), récemment fondée (1954) par Adèle Pignatelli. Mgr Jean-Baptiste Montini, le futur Pape Paul VI, a tenu un grand rôle dans l’établissement de cette fondation ; Adèle l’avait rencontré lorsqu’il était aumônier de la FUCI (Fédération des étudiants catholiques d’Italie). De ses contacts avec lui avait peu à peu émergé l’idée de fonder une nouvelle famille religieuse, pour des médecins destinés à œuvrer dans les pays de mission. En 1960, à la fin de ses études, Luisa demande à Adèle son admission dans l’association comme membre auxiliaire, c’est-à-dire avec un engagement temporaire. La fondatrice lui conseille de se spécialiser, et Luisa choisit la radiologie ; ce complément d’études s’achèvera en décembre 1962. Dans l’intervalle, Luisa ouvre à Modène une maison AFMM pour les étudiants provenant des pays de mission ; elle exprime aussi le désir de devenir membre à part entière de l’association, mais Adèle lui conseille d’attendre. En 1962, au cours d’un voyage en Rhodésie (aujourd’hui Zimbabwe), Mgr Montini visite un modeste dispensaire établi dans une immense plantation de canne à sucre, près de Chirundu. Il suggère à Adèle d’en faire une mission médicale ; celle-ci accepte sans hésitation. Après son élection comme Pape, en juin 1963, Paul VI reçoit Adèle et l’équipe missionnaire destinée à Chirundu. Le Saint-Père remet à chacune un rosaire et une croix ; il les envoie au nom de l’Église, pour représenter le Christ Sauveur auprès des malades.

Luisa n’est pas du voyage. Sa formation missionnaire n’est, en effet, pas encore complète, et son fort tempérament rend difficile sa pleine intégration dans le groupe des aspirantes missionnaires. Il est finalement décidé qu’elle complétera sa formation sur le terrain, en Afrique. Après avoir visité sa famille à Modène, où l’archevêque lui remet la croix de missionnaire, elle s’envole pour l’hémisphère sud, le 9 août 1966. À son arrivée, elle écrit à la communauté restée à Rome : « Chirundu est magnifique. Appliquez-vous bien aux études, de manière à être prêtes à partir bientôt. Les Missions sont une chose merveilleuse. » Très incommodée par la chaleur et les moustiques, Luisa fait face à un labeur harassant : aux soixante-dix patients hébergés, enfants ou adultes, s’ajoutent le dispensaire externe, ainsi que trois autres dispensaires de l’autre côté du fleuve, qu’il faut traverser en pirogue, avec tout le matériel médical nécessaire. Jusqu’à cent patients peuvent s’y présenter dans une seule journée.

Par votre intercession, Luisa, que nous maintenions fermement en nous un grand désir de sainteté malgré nos imperfections et nos faiblesses.

Je vous salue Marie ×3

 

La Fécondité


«La mémoire de la longue histoire du service apporté aux malades constitue un motif de joie pour la communauté chrétienne, écrivait le Pape François… Mais il faut regarder le passé, surtout pour s’en laisser enrichir. Nous devons apprendre de lui : la générosité jusqu’au sacrifice total de nombreux fondateurs d’instituts au service des malades ; la créativité, suggérée par la charité, de nombreuses initiatives mises en œuvre au cours des siècles ; l’engagement dans la recherche scientifique, pour offrir aux malades des soins innovants et fiables. Cet héritage du passé aide à bien projeter l’avenir ; par exemple, à préserver les hôpitaux catholiques du risque de l’entreprenariat qui, dans le monde entier, cherche à faire entrer la protection de la santé dans le contexte du marché, finissant ainsi par écarter les pauvres. Le sens de l’organisation et la charité exigent plutôt que la personne du malade soit respectée dans sa dignité et toujours maintenue au centre du processus de soins. Ces orientations doivent être aussi la spécificité des chrétiens qui œuvrent dans les structures publiques et qui, par leur service, sont appelés à rendre un bon témoignage à l’Évangile » (Message du 26 novemre 2017, pour la journée du malade 2018, n° 5).

Depuis 1965, la Rhodésie est en état de guerre. Le gouvernement de Ian Smith, à Salisbury, a refusé le processus de décolonisation et déclaré unilatéralement son indépendance de l’Angleterre. Des Rodhésiens d’origine africaine, d’inspiration marxiste, n’ont pas tardé à constituer des groupes de guérilla. Dans un premier temps, la frontière avec la Zambie voisine a été progressivement fermée, empêchant ainsi beaucoup de Zambiens d’accéder aux soins du dispensaire de Chirundu. D’autre part, la compagnie qui gérait la plantation ayant décidé de s’exiler en Zambie, le dispensaire se trouve complètement isolé. Réduite au chômage, Luisa est envoyée à Salisbury pour un complément de formation en pédiatrie. Par sa présentation un peu négligée et son anglais désastreux, Luisa se fait remarquer au sein du personnel médical de langue anglaise, et elle en souffre. Âgée alors de trente-quatre ans, en possession d’un diplôme de médecin spécialiste, elle écrit pourtant à sa supérieure : « Je suis encore en phase d’apprentissage (de la vie à l’hôpital), mais, comme disait le Pape, “les sacrifices des débuts féconderont le travail apostolique”. »

En 1967, Luisa rentre en Italie. À sa grande joie, elle est admise à prononcer ses premiers vœux. Revenue en Rhodésie, en 1969, elle reçoit la charge de responsable d’un secteur à Nyamaropa, qui comprend un dispensaire-hôpital rural “Regina Cæli Mission” et une léproserie. Elle écrit : « Je me trouve très bien à “Regina Cæli”. Je suis la première à ne pas comprendre pourquoi auparavant je n’arrivais à rien, alors qu’ici tout semble marcher comme sur des roulettes. » Son dévouement est total. Le dispensaire a accueilli un enfant dont l’état nécessite des soins qui ne peuvent être donnés sur place. Luisa n’hésite pas : elle parcourt de nuit environ 160 km de pistes pour le conduire dans un centre mieux équipé.

Par votre intercession, Luisa, gardez nos cœurs brûlants d’amour pour le Christ afin que notre mariage porte du fruit et augmente en nous la capacité d’aimer.

Je vous salue Marie ×3

 

La confiance en Dieu


En décembre 1969, elle est envoyée à “All Souls Mission” à Blantyre (150 km au nord de Salisbury). La mission comporte une église, que desservent deux Pères jésuites assistés par une petite communauté de Sœurs, une école, un dispensaire et un hôpital de campagne rudimentaire. Luisa écrit à ses consœurs de l’AFMM restées à Rome : « Je suis arrivée à la nouvelle mission. Ici, tous sont Africains, même les Sœurs et les prêtres. L’hôpital se compose de bâtiments comportant murs et toits mais pas grand-chose d’autre. Je suis assistée de deux infirmières. Nous trois avons des connaissances mais peu d’expérience. Tout manque ici… 96 lits sont déjà en route. Quant à l’argent, il n’y en a pas beaucoup, nous sommes obligées de faire des économies sur tout. Nous aurions besoin de plus de personnel, et nous envisageons de commencer une école pour former des infirmières. Lorsqu’il faut faire des transfusions, nous demandons du sang aux parents du patient. Mais quand ce n’est pas suffisant, les sœurs, les prêtres, les infirmières, nous devenons tous donneurs. » Grâce à des dons recueillis par l’AFMM en Italie, Luisa peut rapidement installer les équipements de base. Peu de temps avant sa mort, elle se procurera un générateur d’électricité et un appareil à rayons X. Pendant les épidémies aiguës de malaria, maladie due à la malnutrition chronique et à l’absence d’hygiène, cet hôpital abritera jusqu’à 150 malades. Dans les années qui suivent, on encourage les paysans à élever poulets et lapins pour compléter le régime alimentaire.

Dans une autre lettre, Luisa explique que la culture locale reconnaît à la femme deux rôles majeurs dans la société : ceux de mère et de grand-mère. Lorsqu’ils s’adressent à elle, les patients l’appellent habituellement “docteur”, et même, parfois, de manière respectueuse et affectueuse, “ambuya”, grand-mère. Elle rapporte encore : « En mission, la vie est simple et joyeuse, même s’il y a trop de travail à faire. Je suis heureuse comme je ne l’ai jamais été. Le Seigneur a été bon avec moi. J’aime les gens, j’aime mes patients, et eux, ils m’aiment. Et cet amour grandira jusqu’à ce qu’il arrive à la plénitude de l’amour du Christ. » En 1975, malgré plusieurs avis contraires, Adèle Pignatelli, la supérieure générale, admet Luisa à l’engagement définitif dans la communauté, pour sa plus grande joie. Dès lors, son dévouement ne fait que s’accroître. Elle le met aussi au service des lépreux de Mtemwa, à quinze kilomètres de Blantyre ; elle y manifeste en plénitude son rôle missionnaire, y porte la joie du Christ, et entraîne les autres à L’aimer et à se donner à Lui.

Au début des années 1960, il y avait à Mtemwa environ 600 lépreux, bien soignés. Par la suite, un nouveau traitement avait permis de guérir la plupart des cas, sans supprimer les horribles ravages déjà produits par la maladie. Le gouvernement avait alors décidé de renvoyer chez eux les malades guéris et de démanteler les infrastructures. Toutefois soixante-dix anciens malades n’ont trouvé personne pour les accueillir. Une maigre somme leur fut allouée pour leur nourriture ; on mit à la tête du village un gardien. Rapidement, celui-ci s’avéra être un homme sans cœur. Peu à peu, chacun s’est replié dans la solitude de sa misère. Informé de cette situation, le supérieur local des Jésuites a obtenu que l’on congédie sans délai le gardien, et trouvé pour le remplacer un personnage assez exceptionnel : John Bradburne. Descendant de Baden-Powell, le fondateur du scoutisme, ancien officier de l’armée britannique, il avait combattu en Malaisie et en Birmanie contre les Japonais. Marqué par des expériences terribles, il s’était fait pèlerin-ermite, voyageant beaucoup, jusqu’à ce que la Providence l’amène à Mtemwa. Tout de suite, il a éprouvé le désir de se dévouer pour les malheureux lépreux : « Moi, l’éternel rejeté, se dit-il, ici au moins je serai accueilli parmi ces rejetés. » Nommé gardien, ce « vagabond de Dieu » leur a apporté la chaleur humaine qui leur manquait.

Par votre intercession, Luisa, que nos craintes soient balayées afin de nous abandonner totalement au Christ Jésus.

Je vous salue Marie ×3

L’ouverture aux autres


Après avoir aménagé son hôpital-dispensaire à Blantyre, Luisa se met à explorer son territoire, et découvre simultanément la léproserie et son chef, John Bradburne. Les premiers contacts ne sont pas faciles. Luisa a souvent des attitudes un peu brusques, voire autoritaires, et John, du fait de ses expériences passées, est devenu très sensible. Bientôt, ils en viennent à mieux se connaître et c’est le début d’une belle collaboration. Luisa examine les habitants du village, un à un, et trouve que vingt d’entre eux sont encore malades et contagieux ; quant à ceux qui sont guéris, ils souffrent de diverses maladies, mais plusieurs n’ont jamais eu la lèpre !

Fréquentant l’école de la mission comme élève, une jeune fille, Élisabeth, entre en contact avec le groupe de ceux qui se dévouent auprès de Luisa, et les aide occasionnellement. Mais sa trop grande sensibilité face aux malades fait obstacle à son admission. La première fois qu’on l’amène à la léproserie, elle est tellement émue que, pendant six mois, elle refuse d’y retourner. Par la suite, elle réussit à se vaincre complètement, au point de pouvoir être admise dans la communauté AFMM. Indigène, elle est d’un grand secours, notamment pour dépasser les difficultés de communication entre les personnes. Grâce à elle, le petit groupe apporte à la léproserie la chaleur humaine et l’amour divin. Les habitants de la ville voisine sont stupéfaits lorsqu’ils voient passer la jeep de Luisa pleine de lépreux que l’on emmène à l’hôpital pour des examens : ils chantent et battent joyeusement des mains ! Luisa écrit : « Maintenant, j’ai une sérénité et une joie que je n’aurais jamais pu imaginer. Le Seigneur est bon. Moi je ne le suis pas du tout, mais c’est dans ma pauvreté que sa force m’a rejointe le plus fortement… Je suis beaucoup plus contente maintenant que quand j’avais vingt ans. »

Par votre intercession, Luisa, nous confions nos amis, famille et connaissances qui attendent la vie. Que l’Esprit-Saint anime en nous douceur et bonté, écoute et présence dans notre amitié pour chacun d’eux.

Je vous salue Marie ×3

 

L’engagement dans la société


Vers cette époque, se présente à la mission le Père David Gibs, né de parents européens et élevé en Rhodésie. Il vient d’être ordonné prêtre et sa première mission est “All Souls”, où il arrive en 1975. Il décrit Luisa comme ayant un abord peu commode « avec ses cheveux tirés et noués sur la nuque, ses habits toujours sombres ». Cette première impression disparaît sans tarder : Luisa est en fait d’un caractère facile et affectueux, toujours prête à “bavarder”, sans souci du travail qui reste à faire. Elle aide les personnes, aussi bien comme médecin attentif que comme conseillère affectueuse. « Elle était totalement désorganisée, dira-t-il : le temps n’existait pas pour elle. Si elle se plongeait dans la lecture d’un article médical, ou étudiait les moyens d’améliorer la qualité des soins à la mission, rien ne pouvait la distraire, et les patients devaient l’attendre parfois des heures. Quand, finalement, elle se présentait, elle voyait tous les malades un par un, sans s’occuper du temps. À la fin, personne ne s’inquiétait de ses retards… Chaque fois qu’elle était en retard, elle s’excusait avec une telle humilité que l’on était forcé de lui pardonner… Son habileté comme médecin était exceptionnelle. Je n’ai jamais connu quelqu’un qui ait eu autant à cœur les malades que Luisa. Rien n’était trop fatigant pour elle ; je ne l’ai jamais vue refuser d’aider quelqu’un, quelle que soit la personne ou l’heure. Souvent elle dormait peu d’heures la nuit. »

« Parfois, nous allions à un petit dispensaire tenu par une Sœur africaine. Dès qu’elle montait dans l’autobus surchargé, tout le monde la saluait et c’était souvent un homme plutôt âgé qui lui cédait sa place assise. Tous étaient contents de la voir ; la plupart avaient bénéficié de ses soins, soit eux-mêmes, soit des parents ou amis. Tout de suite se formait autour de Luisa comme une famille joyeuse, dont elle était la mère. Ce fut mon impression sur elle : une femme profondément vive et heureuse, aimant les gens, aimant son métier et son rôle de missionnaire, disposée à souffrir toutes les peines pour servir ces gens qu’elle aimait. Le voyage de cinq heures en bus était pénible, mais il fallait encore marcher pour arriver au dispensaire. Luisa se mettait immédiatement au travail, attentive à chacun des malades, qui avaient parfois parcouru à pied bien des kilomètres. Après avoir soigné le dernier d’entre eux, elle se couchait, et se relevait à quatre heures et demie du matin, pour prendre l’autobus de retour à six heures et recommencer en un autre point… Elle enseignait aussi à l’école d’infirmières. »

Cependant la rébellion communiste s’étend. En 1972 déjà, le supérieur de la mission avait interdit à Luisa et à ses collaboratrices la visite de certains villages éloignés, jugée trop dangereuse. Des coups de feu se font parfois entendre non loin de la mission. Luisa écrit à sa supérieure de Rome : « Nous sommes sereines et, pour le moment, nous n’avons pas peur : le Seigneur est mon berger et je ne manquerai de rien (Ps 22). La phrase que vous m’avez envoyée m’a fait beaucoup de bien : “Soyez prudentes, mais la charité l’emporte sur la prudence.” » Et aussi : « Il me semble que notre présence est importante. La jeune chrétienté de Rhodésie doit sentir que l’Église est proche d’elle quand le peuple souffre, et qu’elle n’est liée à aucun système politique. »

En mai 1976, la mission se trouve en pleine zone de guerre : combats, survols d’hélicoptères militaires… personnes, et même familles, atteintes par des mines anti-personnel disposées de manière irresponsable. Le 24 juin, un jeune, blessé par balles, est amené à la mission. Luisa et les autres s’en occupent sans poser de questions. Peu de temps après, il part à pied, accompagné d’un Frère pour se rendre dans un hôpital mieux équipé. En route, il est arrêté et suspecté d’être un rebelle. Peu après, la police se présente à la mission et accuse le personnel soignant d’aider les rebelles au lieu de les dénoncer comme terroristes. Quatre jours après, c’est un détachement complet de la police qui arrive. Luisa est arrêtée. Après avoir passé des moments très pénibles, bien qu’elle ait été physiquement bien traitée, elle est remise en liberté provisoire grâce à des interventions multiples, dont celle du Pape Paul VI lui-même qui, informé des faits, intervint avant le procès.

Par votre intercession, Luisa, nous vous confions toutes les lois et les idées du monde qui blessent la dignité que Dieu nous a donnée (Avortement, GPA, euthanasie, etc.).

Je vous salue Marie ×3

 

Frères et sœurs dans le Christ


En attendant son procès, Luisa rentre triomphalement à la mission. Le village est déclaré “protégé” par les forces gouvernementales, et entouré de fils de fer barbelés ; un contingent militaire y demeure en permanence. Des combats ont toutefois lieu, même dans le village, lors d’irruptions de rebelles. Ceux-ci cherchent à épargner les bâtiments de l’hôpital, sans toujours y parvenir. Des réfugiés se pressent au village ; la Croix-Rouge intervient et nourrit jusqu’à 7000 personnes dans cet « asile protégé ». En février 1977, sept missionnaires sont assassinés dans un secteur assez éloigné de la mission ; la guerre civile fait rage. La police harcèle la mission, soupçonnée d’aide (médicale) aux rebelles. Une fois, Luisa dit au chef de la police : « Je vous soignerai, même vous, si vous aviez une crise cardiaque devant moi : sachez que je suis médecin. » En 1978, elle soigne la mère de Robert Mugabe, chef des rebelles communistes et futur dictateur du Zimbabwe. Malgré toute la discrétion entourant cette hospitalisation, Luisa en subit les conséquences. En 1979, la plupart des gens sont évacués vers des zones moins dangereuses ; Luisa refuse de les suivre, malgré l’invitation que lui adresse sa supérieure générale, qui ne veut pourtant pas lui donner l’ordre de partir pour ne pas provoquer chez elle une crise de conscience. Luisa se trouve alors dans une grande solitude morale, malgré le soutien fidèle du Père Gibs, resté lui aussi sur place. Deux mois avant sa mort, elle écrit à une amie : « Il est dur de rester seule, sans personne à qui parler. Par moments, j’ai l’impression d’être inutile et de ne pas être aimée. Puis, la tristesse et la colère passent. Il faudrait peut-être que j’apprenne à ne compter que sur Dieu seul. J’ai cherché à atteindre cette confiance et, à l’improviste, j’ai éprouvé Sa présence vraie, quoique mystérieuse. Ils peuvent me tirer dessus, mais Dieu est avec moi. » Un autre jour : « Il est beau de donner chaque jour un peu plus, d’être complètement et avec confiance dans les mains du Père, et de demander à l’Esprit Saint, qui est en nous, de nous enseigner à faire la volonté du Père. »

Le 6 juillet 1979, alors qu’elle emmène en ambulance un malade vers un hôpital, malgré les conseils de tous, le véhicule est arrêté à un barrage militaire « pour contrôle ». Soudain, éclate une rafale de mitrailleuse : Luisa est mortellement atteinte. Elle meurt quelques heures plus tard, avant d’arriver à l’hôpital. Le procès de béatification de Luisa est terminé au niveau diocésain, et le dossier a été envoyé à la Congrégation des Causes des Saints.

« Que la prière adressée à la Mère du Seigneur nous trouve tous unis en une prière insistante, pour que chaque membre de l’Église vive avec amour sa vocation au service de la vie et de la santé ! écrivait le Pape François. Que la Vierge Marie aide les personnes malades à vivre leur souffrance en communion avec le Seigneur Jésus et qu’elle soutienne ceux qui s’occupent d’eux ! » (Pape François, Message pour la journée du malade 2018, n° 7).

Par votre intercession, Luisa, je confie au Seigneur les intentions de chacun des membres de notre groupe de prière.

Je vous salue Marie ×3

Prière à Notre Dame

Prière du Père Léonce de Grandmaison


Sainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un coeur d’enfant,
pur et transparent comme une source ;
Obtenez-moi un coeur simple, qui ne savoure pas les tristesses,
Un coeur magnifique à se donner, tendre à la compassion,
un coeur fidèle et généreux, qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal.
Faites-moi un coeur doux et humble, aimant sans demander de retour,
joyeux de s’effacer dans un autre Coeur, devant votre divin Fils.
Un coeur grand et indomptable,
qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse,
Un coeur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ,
blessé de son Amour, et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel.
Amen

Bibliographie :

Lettre de Dom Antoine Marie osb, abbé l’Abbaye Saint-Joseph de Clairval, 3 juillet 2018, Lien web