Sainte Bernadette Soubirous (1844-1879)

Religieuse, apparition de la Vierge Marie à Lourdes,

Commémorée le 18 février

 

800px-Bernadette_SoubirousLa vie de Bernadette avant les apparitions [i]

Fille de François et Louise Soubirous, Bernarde-Marie Soubirous est née à Lourdes le 7 janvier 1844 au moulin de Boly. Rapidement ses proches l’appelleront Bernadette. Ses parents ne sont pas pauvres, son père est meunier et locataire du moulin. Les affaires marchent bien. Elle est l’aînée de 9 enfants, dont 4 seulement arriveront à l’âge adulte. De santé fragile, en novembre 1844, elle ira en nourrice à Bartrès jusqu’en avril 1846. Elle revient au moulin, c’est l’époque du bonheur.

Son père et sa mère sont de braves gens, pieux et généreux avec les pauvres. Plus tard vont arriver les moments difficiles : décès des petits frères et sœurs et blessure grave du père au travail. Il perdra un œil. La « révolution industrielle » fera le reste. Le moulin ne rapporte plus de quoi payer le loyer et la famille est expulsée en juin 1854. François, le père, loue un moulin plus petit et moins cher mais moins rentable. C’est à nouveau l’échec. Il devient manœuvre. Louise, sa mère va faire des ménages et Bernadette reste à la maison s’occuper de ses frères et de sa sœur. Elle ne va pas à l’école et parle le bigourdan. Elle ne va pas non plus au catéchisme et donc ne peut pas faire sa première communion.

En 1854, Bernadette est atteinte du choléra. Elle vivra mais restera très fragile.

En février 1857, leur cousin, Sajous, accepte de les loger gratuitement dans une pièce appelée « le Cachot« . C’est une ancienne cellule de prisonnier. Une seule pièce, sombre et malsaine, leur servira de cuisine et de chambre pour 6 personnes.

De septembre 1857 à janvier 1858, Bernadette repart à Bartrès chez sa nourrice. Elle s’occupe des tâches ménagères et va garder les moutons. Elle commence à apprendre le catéchisme et prépare avec bonheur sa première communion. Elle revient en janvier 1858 au cachot retrouver les siens.

A partir de janvier, elle ira à l’hospice des sœurs qui font aussi école (les sœurs de l’instruction chrétienne de Nevers). Elle va régulièrement, avec sa sœur et des amies de son âge, ramasser du bois mort pour se chauffer dans le glacial cachot.

Les apparitions [ii]

Jeudi 11 février 1858 : la première rencontre

Accompagnée de sa sœur et d’une amie, Bernadette se rend à Massabielle, le long du Gave, pour ramasser des os et du bois mort. Enlevant ses bas pour traverser le ruisseau et aller dans la Grotte, elle entend un bruit qui ressemblait à un coup de vent, elle lève la tête vers la Grotte : « J’aperçus une dame vêtue de blanc : elle portait une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied ». Bernadette fait le signe de la croix et récite le chapelet avec la Dame. La prière terminée, la Dame disparaît brusquement.

Dimanche 14 février 1858 : l’eau bénite (deuxième apparition)

Bernadette ressent une force intérieure qui la pousse à retourner à la Grotte malgré l’interdiction de ses parents. Sur son insistance, sa mère l’y autorise ; après la première dizaine de chapelet, elle voit apparaître la même Dame. Elle lui jette de l’eau bénite. La Dame sourit et incline la tête. La prière du chapelet terminée, elle disparaît.

Jeudi 18 février 1858 : la Dame parle (troisième apparition)

Pour la première fois, la Dame parle. Bernadette lui présente une écritoire et lui demande d’écrire son nom. Elle lui dit : « Ce n’est pas nécessaire. », et elle ajoute : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l’autre. Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours? »

Vendredi 19 février 1858 : le premier cierge (quatrième apparition)

Bernadette vient à la Grotte avec un cierge bénit et allumé. C’est de ce geste qu’est née la coutume de porter des cierges et de les allumer devant la Grotte.

Samedi 20 février 1858 : la grande tristesse (cinquième apparition)

La Dame lui a appris une prière personnelle. A la fin de la vision, une grande tristesse envahit Bernadette.

Dimanche 21 février 1858 : « Aquero » (sixième apparition)

La Dame se présente à Bernadette le matin de bonne heure. Une centaine de personnes l’accompagnent. Elle est ensuite interrogée par le commissaire de police Jacomet. Il veut lui faire dire ce qu’elle a vu. Bernadette ne lui parle que d’ « Aquero » (cela).

Mardi 23 février 1858 : le secret (septième apparition)

Entourée de cent cinquante personnes, Bernadette se rend à la Grotte. L’Apparition lui révèle un secret « rien que pour elle « .

Mercredi 24 février 1858 : «Pénitence !» (huitième apparition)

Message de la Dame : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! Priez Dieu pour les pécheurs ! Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs ! « 

Jeudi 25 février 1858 : la source (neuvième apparition)

Trois cents personnes sont présentes. Bernadette raconte : « Elle me dit d’aller boire à la source (…). Je ne trouvai qu’un peu d’eau vaseuse. Au quatrième essai je pus boire. Elle me fit également manger une herbe qui se trouvait près de la fontaine puis la vision disparut et je m’en allai. » Devant la foule qui lui demande: « Sais-tu qu’on te croit folle de faire des choses pareilles ?, elle répond : « C’est pour les pécheurs. »

Samedi 27 février 1858 : silence (dixième apparition)

Huit cents personnes sont présentes. L’Apparition est silencieuse. Bernadette boit l’eau de la source et accomplit les gestes habituels de pénitence.

Dimanche 28 février 1858 : pénitence (onzième apparition)

Plus de mille personnes assistent à l’extase. Bernadette prie, baise la terre et rampe sur les genoux en signe de pénitence. Elle est ensuite emmenée chez le juge Ribes qui la menace de prison.

Lundi 1er mars 1858 : la première miraculée de Lourdes (douzième apparition)

Plus de mille cinq cents personnes sont rassemblées et parmi elles, pour la première fois, un prêtre. Dans la nuit, Catherine Latapie, une amie lourdaise, se rend à la Grotte, elle trempe son bras déboîté dans l’eau de la source : son bras et sa main retrouvent leur souplesse.

Mardi 2 mars 1858 : le message aux prêtres (treizième apparition)

La foule grossit de plus en plus. La Dame lui demande : « Allez dire aux prêtres qu’on vienne ici en procession et qu’on y bâtisse une chapelle ». Bernadette en parle à l’abbé Peyramale, curé de Lourdes. Celui-ci ne veut savoir qu’une chose : le nom de la Dame. Il exige en plus une preuve : voir fleurir en plein hiver le rosier (l’églantier) de la Grotte.

Mercredi 3 mars 1858 : le sourire de la Dame (quatorzième apparition)

Dès 7 heures le matin, en présence de trois mille personnes, Bernadette se rend à la Grotte, mais la vision n’apparaît pas ! Après l’école, elle entend l’invitation intérieure de la Dame. Elle se rend à la Grotte et lui redemande son nom. La réponse est un sourire. Le curé Peyramale lui redit : « Si la Dame désire vraiment une chapelle, qu’elle dise son nom et qu’elle fasse fleurir le rosier de la Grotte ».

Jeudi 4 mars 1858 : huit mille personnes à la Grotte (quinzième apparition)

La foule toujours plus nombreuse (environ huit mille personnes) attend un miracle à la fin de cette quinzaine. La vision est silencieuse. Le curé Peyramale campe sur sa position. Pendant vingt jours, Bernadette ne va plus se rendre à la Grotte : elle n’en ressent plus l’irrésistible attrait.

Jeudi 25 mars 1858 : la Dame révèle enfin son nom (seizième apparition)

La vision révèle enfin son nom, mais le rosier (ou églantier) sur lequel elle pose les pieds au cours de ses Apparitions ne fleurit pas. Bernadette raconte : « Elle leva les yeux au ciel, joignant en signe de prière ses mains qui étaient tendues et ouvertes vers la terre, et me dit: Que soy era immaculada councepciou ». Bernadette part en courant et répète sans cesse, sur le chemin, des mots qu’elle ne comprend pas. Ces mots troublent le brave curé. Bernadette ignorait cette expression théologique qui désigne la Sainte Vierge. Quatre ans plus tôt, en 1854, le pape Pie IX en avait fait une vérité de la foi catholique (dogme).

Mercredi 7 avril 1858 : le miracle du cierge (dix-septième apparition)

Pendant cette Apparition, Bernadette tient son cierge allumé. La flamme entoure longuement sa main sans la brûler. Ce fait est immédiatement constaté par le médecin, le docteur Douzous.

Vendredi 16 juillet 1858 : la toute dernière apparition (dix-huitième apparition)

Bernadette ressent le mystérieux appel de la Grotte, mais l’accès à Massabielle est interdit et fermé par une palissade. Elle se rend donc en face, de l’autre côté du Gave… et voit la Vierge Marie, une ultime fois : « Il me semblait que j’étais devant la grotte, à la même distance que les autres fois, je voyais seulement la vierge, jamais je ne l’ai vue aussi belle ! ».

La vie religieuse de Bernadette à Nevers [iii]

Après avoir fait sa première communion le 3 juin 1858, jour de la fête Dieu, Bernadette Soubirous continue à fréquenter les cours à l’hospice. En 1860, le curé Peyramale l’y fait entrer comme pensionnaire. Elle y fait des travaux ménagers et s’occupe des malades.

En 1862 elle commence à penser à la vie religieuse et les sœurs l’y encouragent. Deux ans plus tard, elle fait sa demande pour entrer comme religieuse à Nevers. Elle a 20 ans. Elle ne supporte plus la curiosité des gens à son égard.

Le 2 juillet 1866 elle part pour Nevers. Au couvent, elle sera traitée comme les autres (et souvent moins bien). Elle n’a raconté qu’une fois son histoire et les autres pensionnaires n’ont pas le droit de la questionner. Bernadette, appelée Sœur Marie Bernard, travaille beaucoup : tâches ménagères, soins aux malades… Elle a gardé sa simplicité mais sa santé est de plus en plus chancelante. Les crises d’asthme l’épuisent. […]. Elle meurt à Nevers le 16 avril 1879, à 35 ans, sans être revenue à Lourdes.

Trente après sa mort, afin de procéder à sa béatification son corps a été exhumé. Ce dernier, retrouvé intact, laissera les médecins perplexes. Quelques années plus tard, le pape Pie XI déclare Bernadette « bienheureuse » : elle est béatifiée. Plus tard encore, ce même pape canonisera Bernadette, la proclamant « Sainte ».