Saints Louis et Zélie Martin

Parent de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, modèle de sainteté en famille,

Canonisés par le Pape François le 18 octobre

louis zélie

 

Saint Louis Martin (1823-1894)

 

« L’histoire de Louis Martin commence à Bordeaux en 1823. Fils de militaire, ses premières années sont sous le signe de la mobilité. Puis la famille s’installe à Alençon où Louis  vit sa scolarité.

Il apprend l’horlogerie à Rennes, Strasbourg et  Paris. Années déterminantes au cours desquelles naît  le désir de se consacrer à Dieu, au monastère du Grand St Bernard. Sa difficulté à maîtriser le latin l’oblige à renoncer à ce projet. Il ouvre alors une horlogerie-bijouterie en 1850 rue du Pont Neuf à Alençon.

 Jusqu’à son mariage en 1858, il partage son temps entre son travail, des loisirs (la pêche en particulier), la méditation  et la  rencontre des autres . Il participe au cercle Vital Romet qui réunit une douzaine de jeunes adultes chrétiens autour de l’abbé Hurel  et  découvre une forme d’engagement social dans le cadre de la conférence de St Vincent de Paul.

Sa mère, qui ne se résout pas à le voir célibataire, lui parle de Zélie Guérin, avec laquelle elle apprend l’art de la dentelle. Leur première rencontre sur le pont de Sarthe sera déterminante. Ils se marient moins d’un an plus tard le 12 juillet 1858 à 22 h à l’hôtel de ville d’Alençon et le 13 à minuit à l’église Notre Dame.

Leur vie conjugale durera 19 ans, entièrement vécue en Alençon.

 Elle sera marquée :

– par un projet  de vivre la continence dans le mariage

– puis par l’accueil de neuf enfants dont cinq survivront.

La correspondance de Madame Martin révèle la profonde affection qui unit ce couple.

 Elle décrit aussi sa vie quotidienne :

-la participation de Louis à l’éducation  des enfants

-son  choix professionnel de renoncer à son activité pour seconder sa femme dans la direction de la Fabrique de dentelle qu’elle a fondée

-la foi profonde qui anime cette famille et la rend attentive à ceux qui les entourent

-les répercussions de la vie sociale et religieuse de l’époque (c’est la fin du Second Empire et la naissance de la III° République…)

-et enfin la longue épreuve du cancer qui emporte Madame Martin à 46 ans, le 28 août 1877.

S’ouvre alors pour Louis le temps du veuvage qu’il décide de vivre à Lisieux auprès des Guérin,  sa belle-famille.

Quelques  lettres de cette époque nous le révèlent père attentif à chacune de ses filles et prêt à consentir à leur projet de vie religieuse.

Après l’entrée de Thérèse au carmel, commence pour lui en 1888  l’épreuve d’une maladie qui le conduit à être interné au Bon Sauveur de Caen.

Pendant les périodes de rémissions, on le voit s’occuper des malades qui l’entourent.

Paralysé, il est rendu à sa famille au sein de laquelle il meurt le 29 juillet 1894, à 71 ans »[i]Père Thierry Hénaul-Morel .

 

Sainte Zélie Martin (1832-1877)

 

« L’histoire de Zélie fait d’elle une fille du XIXème siècle, héritière de son époque.

Second enfant d’Isidore Guérin et de Louise-Jeanne Macé, Azélie-Marie Guérin (on ne la nomma jamais que Zélie) est née le 23 décembre 1831  dans une maison de Gandelain rattaché depuis à la  commune de Saint Denis sur Sarthon dans l’Orne où son père, ancien soldat de l’empire, était enrôlé dans la gendarmerie.

Elle fût  baptisée le lendemain de sa naissance  en l’église de Saint Denis sur Sarthon. Une sœur, Marie Louise la précédait de deux ans. Elle deviendra Sœur Marie-Dosithée à la Visitation du Mans. Un frère, Isidore verra le jour près de dix ans plus tard et sera l’enfant gâté de la famille.

Elle définit elle-même dans une lettre à son frère son enfance, sa jeunesse comme « tristes comme un linceul, car si ma mère te gâtait, pour moi, tu le sais, elle était trop sévère ; elle pourtant si bonne ne savait pas me prendre, aussi j’ai beaucoup souffert du cœur. »

Cette éducation marquera son caractère, sa manière très (trop ?) scrupuleuse de vivre et sa spiritualité.

Zélie, femme active, chef d’entreprise, engagée pour la justice…

Après des études au couvent de l’Adoration Perpétuelle, rue de Lancrel à Alençon, elle se sentit appelée à la vie religieuse mais devant le refus de la supérieure, elle s’orienta vers une formation professionnelle et s’initia avec succès à la fabrication du célèbre point d’Alençon. Vers la fin de 1853, elle s’installa donc comme « fabricante de Point d’Alençon » au 36 rue Saint Blaise et procure du travail  à des ouvrières à domicile.

La qualité de son travail fait la renommée de son atelier. Les relations qu’elle entretient avec son personnel dont elle dit qu’il faut l’aimer comme les membres de sa propre famille, comme avec ses voisins et connaissances nous la montre toujours prête à combattre les injustices, à soutenir ceux qui en ont besoin. L’Évangile mène tous ses actes.

Zélie, épouse amoureuse

Au mois d’avril 1858, Zélie Guérin croise sur le pont de Saint Léonard un jeune homme dont l’allure l’impressionne…C’est Louis Martin, horloger. Trois mois plus tard, le 12 juillet 1858 à 22h00 eut lieu leur mariage civil et deux heures plus tard à minuit le 13 juillet, dans l’intimité, ils échangent leur consentement en l’église Notre-Dame. Il fût reçu par l’abbé Hurel, doyen de Saint Léonard »[i]Diocèse d’Alençon.