Zita de Bourbon-Parme (1892-1982)

Enquête en cours pour reconnaitre l’héroïcité de ses vertus

 

zita belle« La princesse Zita de Bourbon-Parme est née le 9 mai 1892, près de Lucques, en Italie. Le 21 octobre 1911, elle épouse l’archiduc Charles d’Autriche, petit-neveu de François-Joseph, qui devient l’empereur Charles Ier d’Autriche et le roi Charles IV de Hongrie en 1916.

Impératrice d’Autriche et reine de Hongrie, Zita assiste son mari, au cours de leurs deux années de règne, dans ses efforts pour la paix et la justice sociale. Ce couple uni, soudé par une profonde foi chrétienne, a huit enfants.

Exilée en Suisse à la fin de la Première Guerre mondiale, la famille impériale est reléguée à Madère, où Charles meurt le 1er avril 1922. Veuve, sans ressources, se dévouant aux siens et à tous, l’impératrice Zita vit en Espagne, en Belgique, au Québec et aux Etats-Unis, puis revient en Europe après la Seconde Guerre.

Elle rend son âme à Dieu le 14 mars 1989, et est enterrée à Vienne le 1er avril suivant. Charles d’Autriche a été béatifié par Jean-Paul II en 2004. En 2008, la Congrégation des Causes des Saints a autorisé l’ouverture du procès de béatification de la Servante de Dieu Zita de Bourbon-Parme dans le diocèse du Mans »[i]© 2009-2015 Abbé Cyrille Debris – Toute reproduction interdite sans l’autorisation de l’auteur..

Bienheureux Charles d’Autriche (1887-1922)

« Empereur de la paix »,

Commémoré le 21 octobre

Charles_dAutriche_1917« La béatification par le Pape Jean-Paul II de l’Empereur Charles d’Autriche, dimanche 3 octobre 2004 place Saint-Pierre à Rome, soit 82 ans après sa mort survenue en 1922, est un événement exceptionnel à plus d’un titre. L’on sait, en effet, que le propre père du Souverain Pontife, alors qu’il était sous-officier dans l’armée austro-hongroise, donna à son fils né le 18 mai 1920, par admiration pour l’Empereur Charles, le prénom de Karol.

Les Français se souviendront aussi qu’en 1916, lorsque Charles de Habsbourg-Lorraine accéda au trône en sa double qualité d’empereur d’Autriche et roi apostolique de Hongrie, un conflit fratricide avait déjà incendié l’Europe et, depuis deux ans, opposait entre elles des nations chrétiennes telles que la France et l’Autriche-Hongrie.

Très tôt, Charles d’Autriche avait pressenti à quel point ce premier conflit mondial annonçait, en réalité, un suicide politique, démographique et moral du Vieux Continent…

Pourtant, quand, le 17 Août 1887, un fils naît chez l’Archiduc Otto et l’Archiduchesse Maria Josefa, dans la demeure familiale de Persenbeug, en Autriche, personne ne pouvait se douter que cet enfant, petit-neveu de l’Empereur François-Joseph, monterait un jour sur le trône dans de telles conditions.

Le 28 juin 1914, la tragique nouvelle de l’assassinat, à Sarajevo, de l’héritier présomptif, l’Archiduc François-Ferdinand, fit de Charles le nouvel héritier du trône et changea irrémédiablement le cours de sa destinée. Cet assassinat provoqua le déclenchement de la guerre, qui se propagea dans toute l’Europe. Charles fut alors amené à diriger diverses actions militaires dans lesquelles il se comporta avec courage et honneur. Engagé sur le front de l¹Est et du Sud, il mena des actions victorieuses et se distingua par ses convictions morales dans l’élaboration de ses plans de bataille.

En Italie, il donna l’ordre à ses officiers d¹éviter des massacres inutiles :

« S’assurer que l¹aide soit apportée aux blessés aussi rapidement que possible et que les troupes soient approvisionnées aussi bien que possible… J’interdis de ne pas faire des prisonniers … J’interdis formellement le pillage, le vol et la destruction délibérée ».

Guidé par ses principes chrétiens, Charles, quand bien même aurait-il jugé la guerre immorale, insistait pour que l’armée se conduisît avec moralité. Au milieu des opérations militaires, il fut appelé au côté de l’Empereur François-Joseph, lui-même fatigué et diminué par le poids de l’âge. Le 30 novembre 1916, Charles était au chevet de l’Empereur mourant, priant le rosaire avec sa jeune épouse Zita, lorsqu’il entendit les mots « Votre Majesté » qu’on lui adressa pour la première fois.

Au moment du couronnement, il proclama une amnistie, interdit les duels, la flagellation et la ligature des poignets et des chevilles. Il interdit aussi l’usage du gaz moutarde contre l’ennemi et la guerre sous-marine. Il ordonna que les soldats, prisonniers et les blessés soient traités humainement et créa à cette fin un code de conduite pour les soldats. Autant que possible, il gracia les condamnés à la peine capitale, tant dans le domaine civil que militaire.

Pour la population civile, il organisa des cantines populaires. À Vienne, Les chevaux du Palais furent mis à disposition pour la distribution du charbon. L’Empereur combatit farouchement la corruption et l’usure ; il donna ses biens personnels et distribua des aumônes avec ses propres deniers.

Charles fut le premier chef d’Etat et de gouvernement qui créa un Ministère des affaires sociales. Ce dernier était responsable de la jeunesse, des mutilés de guerre, des veuves, des orphelins, des assurances sociales, de la protection et du droit du travail, de l’indemnisation du chômage, de l’émigration et du logement.

Sa priorité d’Empereur fut le retour de la paix et de la sécurité en Europe et dans l’Empire. C’est ainsi qu’il estimait légitime le retour de l’Alsace-Lorraine à la France. De même, il s’engagea à restaurer la neutralité de la Belgique, qui avait été violée au début du conflit. Il entama des négociations secrètes pour la paix avec l’aide de ses deux beaux-frères, les princes Sixte et Xavier de Bourbon-Parme. Ceux-ci se chargèrent d’acheminer secrètement des lettres destinées aux responsables des Alliés en France et en Angleterre. Des négociations débutèrent dès novembre 1916 et continuèrent jusqu’au 20 Février 1917, lorsque le nouveau gouvernement à Paris décida brutalement d’y mettre fin.

De son côté, le Pape Benoît XV proposa également un plan de paix que seul l’Empereur Charles, parmi tous les belligérants, accepta.

Lorsque les Etats-Unis entrèrent en guerre, le Président Wilson proposa un accord en  » Quatorze Points  » indispensables pour arriver à la fin de la guerre. L’Empereur Charles accepta l’ensemble des conditions, bien que les Alliés ne reconnaissent plus sa légitimité. Cruel dilemme que celui de ce jeune Empereur qui, d’une part, fut contraint de mener une guerre qu’il n’avait ni voulue ni déclenchée et, d’autre part, désira ardemment et constamment trouver les chemins de la paix qui eussent permis d’alléger et de soulager les souffrances de ses peuples.

Malgré ses efforts personnels jusqu’à l’épuisement, la guerre rongeait progressivement l’Empire jusqu’à son écroulement le 11 novembre 1918. La guerre était enfin finie mais, avec elle, s’éteignait aussi l’entente entre les peuples qui composaient l’Empire des Habsbourg. Charles fut pressé d’abdiquer. Non sans panache, il refusa de renier les engagements qu’il avait pris devant Dieu et devant ses peuples le jour de son intronisation.

C’est en exil sur l’île de Madère qu’il mourut d’une grippe aggravée d’une pleurésie, le 1er avril 1922, non sans avoir fait appeler à son chevet son fils aîné, l’Archiduc Otto, pour lui dire adieu et lui montrer comment « un Empereur et un Catholique se comporte au moment de sa mort ».

Il reçut les derniers Sacrements et la Communion. L’Eucharistie fut exposée dans sa chambre et Charles essaya de tenir un crucifix dans ses mains. Son épouse Zita l’assista en ses derniers moments. En tout début d’après-midi, il voulut porter le crucifix à ses lèvres et murmura :  » Que Ta volonté soit faite. Jésus, Jésus, viens ! Oui, oui. Mon Jésus, que Ta volonté soit faite Jésus ! « .
Il murmura  » Jésus  » une toute dernière fois et expira.

L’Empereur de la Paix, mari, père et homme de foi, quittait cette vie à l’âge de 34 ans »[i]Diocèse aux armées.